Une conférence de presse suivie d’une formation gratuite à la langue des signes s’est tenue le 27 décembre 2025 à Douala. Il s’agissait de la deuxième édition de cette initiative portée par la formatrice française Betty Linda, promotrice de l’entreprise Signer pour Dire, après une première édition organisée en juillet dernier.

L’événement s’est ouvert par l’exécution de l’hymne national du Cameroun en langue des signes. Un acte posé par Betty Linda, qui a ensuite présenté les contours du projet.
« Fournir aux participants des bases de la langue des signes, du vocabulaire aux expressions faciales, pour être capables, dès la fin de l’initiation, de commencer à dialoguer », explique-t-elle.

Dans sa présentation, la promotrice insiste sur la vision du projet :
« Rendre les personnes autonomes dans la pratique de cette langue au cours de formations en groupe et contribuer à changer les mentalités au sujet de la surdité. »
Elle précise que les personnes entendantes constituent la principale cible, enfants comme adultes, dans une logique d’inclusion globale.
Betty Linda est revenue sur l’origine du projet, né en 2017.
« Lors d’un événement, j’ai remarqué une personne dans la salle qui regardait le plafond et ses pieds. Plus tard, j’ai appris qu’elle était sourde. À ce moment-là, j’ai compris qu’il fallait agir. »
Depuis, elle s’est engagée à faire de la langue des signes un outil de communication accessible.
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Pourquoi le Cameroun ?
« C’est un pays membre de la Francophonie, avec un fort potentiel d’impact social. »
La conférence a aussi donné la parole à Sieur Wemong Gayi David, parent d’un enfant sourd aujourd’hui membre de l’équipe nationale de football des sourds. Il a partagé son expérience:
« C’est la maîtresse qui a remarqué que mon fils était sourd. Après le primaire, mon fils n’a pas continué l’école parce qu’il n’y a pas de niveau secondaire adapté au Cameroun. Il a dû arrêter l’école. »
Avant de lancer un appel :
« Si vous avez un enfant sourd, ne le traitez pas différemment des autres. »

Après les échanges, une formation d’une heure a permis aux participants d’apprendre l’alphabet français, les couleurs, les jours de la semaine et des mots de base en langue des signes.
Line-Reine Mouaffo, jeune actrice témoigne :
« Dans mon école, des personnes malentendantes viennent demander l’aumône. Comme elles n’arrivent pas à s’exprimer, elles écrivent au tableau. Si tout le monde parlait leur langue, la compréhension serait plus facile. »
Sur ce qu’elle retient de cette formation, elle confie :
« Je peux déjà dire bonjour, bonsoir, ce que j’aime, ce que je n’aime pas. C’est un grand pas. »

Tony Nobody, animateur de renommée et participant, se dit marqué par l’expérience :
« Je suis venu sans trop de détails et j’ai trouvé quelque chose d’inouï. En quelques minutes, j’ai assimilé plusieurs choses. Je peux déjà formuler une phrase en langue des signes. »
Il conclut :
« Il faut multiplier ce genre d’initiatives. De mon côté, je ferai mon possible pour promouvoir ce projet. »

À Douala, cette deuxième édition confirme une ambition claire : créer un pont durable entre sourds et entendants, par la connaissance, l’écoute et le geste.
« En 2026 certainement il y’aura une grande formation » , a promis Betty Linda.
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Ève-Pérec N.BEHALAL





