Au-delà des millions de vues et des éclats de rire, Papy le Jongleur cache une stratégie de communication. Dans un entretien accordé à Laura Dave Média, l’artiste est revenu sur la genèse de son accoutrement et sa filiation spirituelle avec la légende Jean-Miche Kankan.
Dans le monde du web, l’image est une arme. Pour Papy le Jongleur, elle est une armure. Alors que beaucoup de créateurs misent sur le changement perpétuel et le « bling-bling« , lui a choisi la voie de l’uniforme : une veste et une cravate au port différent de celui des autres.

L’hommage au « Maître » et le poids du talent
Loin d’être un simple choix esthétique, ce style vestimentaire est né d’une volonté de dissocier le chanteur de charme du comédien de caractère. Il fallait briser l’image de l’artiste « propre sur lui » pour laisser place au génie créatif.
« Étant chanteur, je m’habillais un peu bien. Je ne voulais pas entrer dans la comédie avec le même style. J’avais peur que les gens commencent à apprécier mon style vestimentaire et ne pas apprécier mon talent. Je voulais que si les gens n’aiment pas qu’ils me laissent. », confie-t-il.

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L’inspiration de la tenue vient de loin, d’un rôle d’enseignant qu’il devait incarner.
« J’avais une chanson pour les professeurs et je devais également incarner le rôle dans la dite chanson. En incarnant donc maintenant ce rôle, j’ai opté pour la tenue parce que les professeurs ont leur façon de s’habiller.
Soit parfois les chaussures, la veste sont un genre, soit la cravate est toujours mal nouée et tout. Bon, j’ai opté pour ça. Voilà, d’où est partie la veste et la cravate.«
Mais au-delà du rôle, c’est l’admiration pour une figure tutélaire qui a scellé ce choix. Papy le Jongleur ne cache pas que son identité visuelle est un clin d’œil conscient à la simplicité légendaire du plus grand humoriste que le pays ait connu.
« En évoluant, j’ai compris qu’il fallait que j’insiste sur ça vu qu’il y a un monsieur que j’ai tellement aimé. C’est une légende, Jean Miché Kankan. C’est quelqu’un que j’ai eu la chance de saluer dans ma vie. Je ne peux pas dire que c’est le hasard qui m’a fait adopter cette tenue de scène. Mais Jean Miché Kankan était très simple dans sa manière de s’habiller. »

La révolution de l’uniforme
Papy le Jongleur revendique aujourd’hui une innovation majeure dans le milieu digital : la fin de la dictature du paraître. En imposant un vêtement unique, il a libéré toute une génération de créateurs du poids du regard social.
« J’ai fait comprendre aux créateurs de contenus qu’ils peuvent porter un seul habit. C’est moi qui suis venu avec. Parce que je n’ai jamais changé ma veste. Certains de mes petits qui sont très grands aussi dans la création de contenu, sont venus me dire que c’est moi qui les a motivé à porter leur chemise et pantalon.»
Ce choix, qui pourrait paraître anodin, est devenu un cas d’école pour la nouvelle génération de créateurs. Plusieurs de ses pairs, aujourd’hui influents, sont venus le remercier d’avoir brisé ce complexe : on peut réussir sur le digital sans une garde-robe infinie, à condition d’avoir un concept fort et une identité visuelle marquante.

Fidéliser plutôt que de « consommer »
L’autre grand apport de Papy au secteur numérique camerounais concerne l’éthique de travail. Il dénonce une époque où la norme était de changer de partenaires à l’écran de manière abusive, transformant les collaborateurs en simples accessoires jetables.
« Avant, il fallait changer tout le temps, et surtout les dames. Moi, j’ai fidélisé une équipe », martèle-t-il.
Retrouvez l’intégralité de cet entretien riche en enseignements ce vendredi 30 janvier 2026 à 18h sur Laura Dave Média TV.
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Ève-Pérec N.BEHALAL





