La 6ᵉ édition du festival « Bangui Fait Son Cinéma » s’est achevée ce lundi soir à Bangui sur une belle note pour le Cameroun, qui repart avec quatre distinctions. L’actrice Manoella Nguetse a été sacrée Meilleure Interprétation Féminine pour son rôle dans le court-métrage AYO, également récompensé du prix du Meilleur Court-métrage.
Après son sacre, Manoella Nguetse a accepté de se confier à la rédaction de Laura Dave Media. Une distinction qu’elle reçoit avec émotion et humilité. « Ce prix vient confirmer un long cheminement artistique, parfois exigeant et à contre-courant. Il a une valeur particulière parce qu’il émane d’un regard africain sur une histoire africaine, portée par des femmes africaines », confie-t-elle, reconnaissante envers le festival.

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Dans AYO, l’actrice incarne le personnage éponyme, tiraillée entre ses convictions personnelles sur la maternité et les pressions familiales. « Ce n’est pas un rôle que j’ai joué, mais que j’ai habité », explique-t-elle. Aux côtés des réalisatrices, Françoise Ellong-Gomes et Yolande Eckel, avec l’accompagnement du coach Anurin Nwunenbong, Manoella Nguetse a travaillé la justesse et le dépouillement, privilégiant l’émotion. Une approche qui semble avoir touché le public et les jurés.
Le succès du film, couronné par plusieurs prix en une semaine à Conakry, Cotonou et Bangui, repose selon elle sur sa sincérité. AYO aborde sans détour la pression sociale liée à la maternité et le poids du regard extérieur. « Ce sont des réalités universelles. Même sans partager la même culture, le public se reconnaît », analyse l’actrice.
Ce sacre s’inscrit aussi dans une dynamique plus large de reconnaissance des actrices camerounaises sur la scène africaine. Manoella Nguetse cite notamment Thérèse Ngono, Rosine Nguemgaing ou Stéphanie Tum, régulièrement primées à l’international. « Mon prix n’est pas seulement personnel. Il participe à la visibilité de tout un cinéma féminin camerounais », souligne-t-elle.

Actrice, Manoella Nguetse se projette déjà au-delà du jeu. Écriture, développement de projets, réalisation et production figurent parmi ses ambitions. « Mon prochain grand défi est de faire mon film et de me révéler sous une autre casquette », confie-t-elle, déterminée à d’élargir son champ d’expression artistique.
Au-delà du sacre individuel de Manoella Nguetse, le Cameroun repart de Bangui avec un total de quatre distinctions. Le film AYO s’est illustré en remportant le Prix du Meilleur Court-métrage, en plus de la Meilleure Interprétation Féminine décernée à Manoella Nguetse. À ces deux distinctions s’ajoutent celles obtenues par la série Cicatrices, lauréate du TAKAD d’Or de la Meilleure Série Africaine et du Prix du Meilleur Costume. Une reconnaissance du travail collectif des équipes artistiques et techniques camerounaises, avec le réalisateur Anurin Nwunenbong présent à Bangui pour recevoir les trophées, et une moisson qui vient clore l’année sur une note d’excellence pour le cinéma national.

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Sidoine FEUGUI





