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ENTRETIEN AVEC…LILA CARLIER :  » J’ai pris un pédagogue pour m’apprendre à lire, écrire le ghomala « 

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Elle est française, mais son cœur bat au rythme du Cameroun. Danseuse, chanteuse, thérapeute et réalisatrice, Lila Carlier a su s’imposer comme une figure artistique atypique et passionnée. Installée à Douala depuis près de neuf ans, elle revient sur son parcours, sa rencontre déterminante avec Bissi Mag, son apprentissage de la langue locale ghomala et la genèse de son documentaire Elles Inspirent. Confidences intimes et engagement artistique, elle nous ouvre les portes de son univers.

LILA CARLIER : " J’ai pris un pédagogue pour m'apprendre à lire, écrire le ghomala "

Laura Dave Média (LDM): Bonsoir Lila et merci de répondre à nos questions.
Lila Carlier (LC): Bonjour, merci de m’avoir invitée.

LDM : Est-ce que vous pouvez nous raconter vos premiers pas dans l’univers de la danse et de l’art en général ? LC: Ça a commencé pendant mes études de biologie, après le baccalauréat. J’étais partie pour devenir ingénieure agronome. Mais, étant hyperactive de nature, il me manquait quelque chose : le mouvement. La danse est venue parce qu’elle associait pour moi le corps et l’esprit. Être danseuse, c’est aussi réfléchir et comprendre pourquoi on fait les choses.

LDM: Et à quel moment décide-t-on d’en faire son métier ?
LC : Ça s’est fait progressivement. Au départ, je pensais faire juste une année d’école de danse, sans savoir où j’allais. Mais au fil du travail, des rencontres, et du potentiel qui se développait, j’ai compris que j’en ferais mon métier.

Elle est française, mais son cœur bat au rythme du Cameroun. Danseuse, chanteuse, thérapeute et réalisatrice, Lila Carlier a su

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LDM : Parlez-nous de vos origines. Qu’est-ce qui vous a amenée au Cameroun ?
LC : Je suis originaire du sud de la France, de Toulouse. Je suis arrivée le 1er décembre 2016 avec mon compagnon de l’époque, muté au Cameroun. Pour lui, ce choix n’était pas évident, mais pour moi c’était une évidence. Rapidement, nos chemins se sont séparés, car j’avais besoin de vivre le Cameroun en profondeur. Et voilà, cela fait bientôt 9 ans que je suis ici.

LDM : Qu’est-ce qui vous a le plus attirée sur le plan artistique en arrivant au Cameroun ?
LC : Ce n’était pas seulement l’art, mais une énergie, une présence, un rythme qui me manquait dans ma construction personnelle. J’ai côtoyé des artistes qui, même si l’art ne paie pas toujours, se levaient chaque jour avec motivation. Cela m’a fait grandir, m’a appris à arrêter de me plaindre et m’a donné la force de m’engager pleinement dans ce que j’aime.

LDM : Aujourd’hui, quand on parle de Lila, on l’associe à une légende du Cameroun, Bissi Mag. Comment s’est faite la rencontre ?
LC : C’était il y a bientôt 8 ans. J’ai été repérée par feu Wakeu Fogaing, grand dramaturge camerounais, lors d’une représentation à l’Institut français. Il a appelé Bissi Mag, sachant qu’il aimait innover, et lui a proposé de collaborer avec moi sur sa chanson « Chuma« , qui sortait alors. C’est ainsi que la rencontre s’est faite.

LDM : Vous collaborez depuis 8 ans et en 2021 vous passez de la danse au chant, notamment avec le titre « Muto » chanté en langue ghomala. Comment s’est passé l’apprentissage de la langue ?
LC : Bissi Mag a été un excellent pédagogue, et j’ai aussi pris des cours avec un instituteur. J’ai appris à lire, écrire, acquérir du vocabulaire. Mais au-delà de la langue, c’était un apprentissage des intonations et du mimétisme pour transmettre l’intention et tromper l’oreille des auditeurs.

LDM: Un mot pour Bissi Mag ?
LC : Bissi Mag est comme un papa. J’ai une entière confiance en lui. Après plus de 7 ans de collaboration, c’est devenu une relation amicale et professionnelle solide. Lui et sa famille sont là pour moi dans mes joies et mes galères. Je le remercie profondément, car c’est en grande partie grâce à lui que j’en suis là.

LDM : Parlons de votre documentaire Elles Inspirent. Quelle en est la genèse ?
LC: Le projet est né en juin 2023. Je suis aussi thérapeute, éducatrice corporelle et praticienne en shiatsu. Après 7 ans au Cameroun, j’ai voulu créer un projet qui réunisse mes métiers et mon vécu. J’ai mené des ateliers corporels auprès de femmes d’une association de lutte contre les violences à Bafoussam, sans attente, juste pour voir ce qui émergerait. De là est né le film.

LDM : Comment le public a-t-il accueilli le film ?
LC: L’avant-première a eu lieu en décembre 2024. Les retours ont été très positifs, autant au Cameroun qu’en France. Les hommes se sont sentis concernés, comprenant mieux leurs mères et leur rôle aujourd’hui. En France, j’avais peur qu’on résume le film à “pauvres femmes africaines”. Mais non : le public a perçu la force, la résilience et la puissance des femmes camerounaises.

LDM : Vous avez été récompensée au festival Africajarc en France. Qu’avez-vous retenu ?
LC : J’ai reçu le prix Coup de cœur. C’était une fierté, car malgré les contraintes techniques au Cameroun, la qualité du film a été saluée. J’ai tenu à travailler avec une équipe 100% féminine : Christelle Magne Tamo (caméra) et Ingrid Bessong (son). C’était essentiel pour moi.

LDM : Quel message souhaitez-vous transmettre à travers Elles Inspirent ?
LC: C’est un message humaniste. La violence que l’on subit vient souvent d’un manque d’estime de soi. Retrouver l’estime, la confiance et la joie profonde permet de dire stop et d’éviter les situations de violence. Cela concerne autant les femmes que les hommes.

LDM : Quels défis rencontrez-vous comme artiste française évoluant au Cameroun et à l’international ?
LC: Le premier défi est de comprendre l’environnement dans lequel on évolue, d’éviter d’arriver avec des certitudes. Il faut rester ouvert, accepter de se remettre en question. C’est ainsi que je suis passée de danseuse fébrile à artiste pluridisciplinaire.

LDM : Avec quel autre artiste camerounais aimeriez-vous collaborer en tant que chanteuse?
LC: Je collabore déjà avec Jean Winde, qui m’a fait chanter en langue Ngoum. Mais je manque de prétention : je ne me considère pas encore comme une chanteuse. Je reste ouverte aux propositions.

LDM: Quelles chansons camerounaises avez-vous écouté récemment ?

LC : « Maggi » d’Andy Jemea, que j’ai découverte tard. Et je reste attachée aux chansons de Locko, comme « Je serai » là ou « Margot« , qui me rappellent mon arrivée au Cameroun.

LDM : Et côté vie sentimentale ? Votre cœur est-il occupé ?
LC : D’abord, Bissi Mag n’est que mon père artistique, rien d’autre. Je partage ma vie avec quelqu’un qui me soutient. C’est un Camerounais, un Bassa. Donc où que j’aille, j’emporterai toujours une partie du Cameroun avec moi.

LDM : Quels sont vos projets professionnels à venir ?
LC : je compte me concentrer sur Elles Inspirent pour qu’il continue son chemin, développer des ateliers au Cameroun et à l’étranger.

LDM: Un dernier mot ?

LC: Merci à Laura Dave Média. Croyez en vous et soyez heureux.

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Retrouvez l’émission en vidéo ici

Entretien mené par Ève-Pérec N.BEHALAL

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