Le thème de la 41ème Journée Internationale de la Femme est officiel depuis ce dimanche 25 janvier au Cameroun. Pour en décrypter les enjeux, Laura Dave Media a recueilli les regards de deux femmes camerounaises dont les voix comptent qui livrent leur analyse.
C’est sous le thème « Droits. Justice. Action pour toutes les femmes et les filles » que la Journée Internationale de la Femme va se célébrer le 08 mars 2026 au Cameroun. Un thème qui se veut une réponse aux lacunes persistantes, mais qui se heurte à une exigence de résultats de plus en plus pressante de la part de la société civile.
Le Minproff appelle à un « devoir d’inventaire »
Pour Ngobe Gisèle Caroline, épouse Ekoh, Déléguée régionale du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (Minproff) pour le Littoral, cette édition ne doit pas être une fête de plus. Elle y voit une opportunité de rupture.
« On a déjà parlé de droits et de justice mais il y a toujours des manquements donc il faut passer à l’action », confie-t-elle.

Rejoignez notre chaîne WhatsApp pour ne rien rater sur l’actualité people en cliquant sur je m’abonne
Selon la Déléguée, le but du 8 mars est avant tout analytique : il s’agit de mesurer concrètement si un pas a été fait pour le bien-être des femmes. Pour elle, le temps est venu de délaisser les réjouissances éphémères pour évaluer les stratégies et en élaborer de nouvelles, plus efficaces.
« A chaque édition, les femmes doivent s’arrêter non pas pour seulement festoyer mais s’arrêter un moment pour évaluer le chemin déjà parcouru et ce qui reste à faire. Il faut se demander si on a fait un pas. Si quelque chose a changé autour de nous, de notre environnement par rapport à notre bien-être et pourquoi on n’a pas avancé. C’est ça le but du 8 mars. »
Un constat : le manque de travail de fond
Sur le terrain, l’enthousiasme institutionnel est accueilli avec une froideur. Pour Sandra Nelly Kom, actrice et productrice de cinéma engagée, le renouvellement annuel des thématiques ressemble davantage à un exercice de style qu’à une réelle volonté politique.
« Pour moi, ça ne sert à rien de mettre les thèmes chaque année. Il n’y a pas de travail de fond », tranche-t-elle.
Elle pointe du doigt un décalage entre les slogans et la réalité des femmes qui continuent de subir des violences et des injustices au quotidien, sans voir d’activités concrètes venir à leur secours.
« Ce ne sont que des paroles », déplore Sandra Nelly Kom, regrettant l’absence de suivi réel des engagements pris lors des éditions précédentes.

L’Action, le mot de la dernière chance ?
Le défi pour 2026 est donc de réconcilier ces deux visions.
Si la Déléguée régionale du Littoral insiste sur la nécessité de s’arrêter pour comprendre pourquoi les choses n’avancent pas, les citoyennes comme Sandra Nelly Kom attendent désormais des preuves tangibles. Le 8 mars prochain sera donc scruté de près : restera-t-il une parade de tissus uniformes ou marquera-t-il le début d’une justice « enfin » active pour toutes les femmes du Cameroun ?
Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à lire celui ci
Ève-Pérec N.BEHALAL





