À 29 ans, Marthe Nyobe incarne une génération de femmes camerounaises qui refusent les parcours imposés. Diplômée d’un Master 2 en biochimie, elle a choisi la cordonnerie artisanale, un univers encore dominé par les hommes et réussi a mettre sur pieds Kimi Shoes sa propre marque de chaussures 100% Camerounaise un choix qui interroge, dérange parfois, mais qui raconte surtout une quête de sens et de liberté.

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De la salle de laboratoire à l’atelier de chaussures, itinéraire d’une rupture
Dès les premiers mots, Marthe Nyobe pose le décor:
« Je suis camerounaise originaire de la région du Littoral, je suis cordonnier. C’est le métier que j’ai choisi. C’est ce que j’ai décidé de faire. »
Un rêve d’enfant nourri par les attentes familiales
Comme beaucoup de parcours brillants, le sien commence par un rêve, encouragé par la famille, avant de se heurter à la réalité personnelle.
« Quand j’étais plus petite ce que je voulais devenir c’était médecin. Puis en grandissant, je ne supportais pas beaucoup le sang, Je me suis dit que peut-être il faudrait un peu me rediriger. C’était aussi vrai que mon papa voulait que je le sois. Il voulait que j’étudie à l’étranger ou que je devienne médecin militaire. »

La science comme compromis raisonné
Ne renonçant pas totalement au domaine de la santé, elle choisit une voie scientifique plus compatible avec ses aspirations personnelles.
« Après je suis arrivée à l’université j’ai changé, j’ai voulu faire biochimie parce que après je voulais me rediriger dans l’industrie alimentaire. Je voulais comprendre pourquoi les gens sont malades, pourquoi il y a des cancers, les habitudes alimentaires, le métabolisme et tout. »
Elle ajoute : « J’ai obtenu mon master 2 à l’université de Douala en chimie qualiticienne, J’ai aussi fait un autre master en diététique et nutrition parce que je voulais aider des gens qui se battent contre le surpoids, l’obésité. »
Marthe Nyobe dit non à l’exil et au parcours attendu
À la fin de ses études, la pression devient plus forte. L’étranger apparaît comme une évidence pour l’entourage, mais pas pour elle. « Mon père n’était pas d’accord. Il voulait que je parte à l’étranger. Il se disait qu’il a investi dans mes études et qu’il fallait voir des résultats positifs. Moi j’ai dit non, je veux rester au pays, au moins essayer d’apporter ma contribution pour mon cher pays. »

L’échec professionnel comme révélateur
« Une fois j’ai voulu travailler quelque part, j’ai fait mon dossier, je suis allée, je n’ai pas été acceptée. J’étais vraiment déçu. J’ai commencé à acheter des petits gadgets en Chine parce que depuis le lycée je faisais le commerce. J’ai toujours vendu jusqu’à l’université. »
Le déclic vers la cordonnerie et la naissance de Kimi Shoes
« Je discutais avec ma marraine. Elle m’a dit pourquoi pas faire dans ce qui te plaît la mode. Pourquoi tu ne te lances pas dans les chaussures ? » et là je me suis dis pourquoi pas ma propre marque et Kimi shoes m’est venu comme ça car j’ai beaucoup aimé c’ est un symbole de force et de souveraineté
Les Débuts de Marthe Nyobe, apprendre seule et affronter les regards
» J’ai commencé ce métier sans formation en 2022 j’ai regardé les vidéos sur YouTube, acheté les cartons, couper. Au début, c’était horrible mais je n’abandonnais pas. Il y a des gens qui disaient que c’est parce que je m’ennuie. Mon papa aussi était très déçu par moi. Aujourd’hui ses réflexions sont en train de changer un peu parce qu’il voit le résultat.«
Le parcours de Marthe Nyobe illustre une jeunesse camerounaise en quête de sens, prête à défier l’idée que les diplômes suffisent à réussir. Son audace réside dans sa capacité à assumer ses choix et à persévérer malgré les regards, traçant ainsi sa propre voie. Une leçon de courage inspirante.

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Muriel Yanga





