C’est dans la quiétude de son domicile, au quartier Deido, à Bonamoudourou (Douala), que Doumbè Léa François nous a reçus le vendredi 30 janvier 2026. Figure emblématique du football camerounais, celui que l’on surnomme « le Maréchal » a été honoré par la mairie de Douala 1er du titre de « Trésor Humain Vivant ». L’ancien international livre ses impressions.

Un titre de « Trésor » au goût d’inachevé
Lundi 19 janvier 2026, l’initiative « UNESCO Heritage for Sustainable Cities » a propulsé Doumbè Léa au panthéon du patrimoine immatériel de la ville de Douala. Si l’émotion était présente, l’ancien capitaine des Lions Indomptables garde un bémol :
« Je dis merci parce que j’ai été réjoui par cette distinction. Mais je pensais que ce qui allait se passer allait être un livre pour moi, pour que demain je puisse avoir ça comme souvenir », confie-t-il. Pour lui, les trois minutes de passage sur scène semblent bien courtes pour résumer une vie de service à la nation.
« Mais je pense bien qu’ils ont pris suffisamment de photos et feront des bouquins avec ça. »

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Portrait d’un monument : Le « Général » de Deido
Né le 15 janvier 1952 et orphelin de père à l’âge de 02 ans, le jeune François s’est imposé par son élégance. International à 18 ans, il a marqué l’histoire des plus grands clubs : champion avec le Léopard de Douala de Roger Milla, puis légende de l’Union Sportive de Douala.
« Si vous voyez l’Union avec deux étoiles dans le maillot, effectivement c’était notre belle époque », rappelle-t-il avec fierté, évoquant les sacres africains de 1979 et 1981 qui ont, selon lui, permis le « vrai départ du football » au Cameroun.
Milieu de terrain de formation, il est devenu le plus grand libéro du pays « par ordre militaire », une reconversion forcée qui lui a valu le surnom de « Maréchal » pour sa maîtrise absolue de la défense.
Le gardien du temple et de la discipline
Interrogé sur son identité, il répond avec la modestie des grands :
« Je pense bien qu’on ne me présente plus, mais pour les jeunes je suis quelqu’un qui a rendu beaucoup de services en ce qui concerne le football dans ce pays. J’ai été capitaine de l’équipe nationale qui a qualifié le Cameroun à la Coupe du monde en 1982. On est parti en Coupe du Monde où tout s’est bien passé, parce que le Cameroun n’a pas perdu, le Cameroun n’a pas gagné.
Et on est rentré ici et été très bien accueillis par tout le monde.»

Son plus beau souvenir ?
« La qualification du Cameroun en Coupe du Monde. La première fois en Espagne, c’est un bon souvenir pour moi. »
Face à la nouvelle génération, le Trésor Humain Vivant se fait pédagogue et rigoureux. Pour lui, le succès ne réside pas seulement dans le talent, mais dans une hygiène de vie de fer :
« Le football n’est pas facile comme les gens pensent. Ça demande de la discipline, de la volonté. Ça demande d’obéir à ton entraîneur, de dormir tôt. Si vous ne dormez pas tôt… que vous soyez une femme ou un homme, vous n’allez pas faire une longue carrière. »
Aujourd’hui « Trésor Humain Vivant », Doumbè Léa François demeure une boussole pour le sport camerounais. Entre ses mains, le ballon n’était pas qu’un objet de jeu, mais un instrument de dignité nationale.

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Ève-Pérec N.BEHALAL





