Dans un témoignage bouleversant livré à Brut Afrique, Bruno Ecuele Manga, ancien capitaine des Panthères du Gabon et ex-défenseur des Girondins de Bordeaux, a ouvert son cœur sur une enfance faite de privations, de rigueur paternelle et de sacrifices. Entre faim, école et passion contrariée pour le football, il raconte les épreuves qui ont forgé l’homme et le joueur qu’il est devenu.

Une enfance au Gabon marquée par la rigueur et la faim
«Parfois, on n’avait rien à manger à la maison, et il ne fallait pas que le riz et l’huile manquent, c’était la base», raconte Bruno Ecuele Manga. Né à Libreville, il a grandi auprès de son père, maçon, qui élevait seul deux garçons après une séparation parentale difficile. «J’avais 8-9-10 ans. Cela forge, surtout quand on voit son père se débrouiller comme il peut. Il pouvait avoir des marchés, mais aussi rester trois ou quatre mois sans rien». Une dure réalité qui l’a même contraint à faire, quand j’étais en seconde, une année blanche, faute d’argent pour payer ma scolarité.»

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Le père strict et l’interdit du ballon rond
«Mon père et ma mère étaient séparés, donc j’ai grandi avec mon père et mon petit frère. J’avais un papa quand même assez strict, qui ne voulait même pas que je joue au foot avec les copains au quartier», explique l’ancien Bordelais.
«Lui, c’était l’école, l’école, l’école… Mais dans l’enfance, on est souvent têtu. On joue au foot, et avant de rentrer on essaie de se nettoyer les pieds pour ne pas que papa sache qu’on a joué.» Aujourd’hui, devenu père à son tour, il relativise : «Je suis papa, donc j’essaye de me mettre à sa place, et ce n’était pas facile car il fallait gérer deux garçons à la maison.»
Solidarité du quartier et premiers sacrifices
Face aux privations, la solidarité de proximité a joué un rôle crucial. «Il n’y avait pas de femme à la maison car mon père a décidé de nous élever tout seul. Il s’est débrouillé comme il pouvait», explique Ecuele Manga. Dans le quartier, «les grands, avec qui on jouait, me donnaient de temps en temps un peu d’argent pour le taxi.»
Mais lui préférait se priver :
«Je préfère me sacrifier et rentrer à pied pour économiser le taxi… Avec cet argent, on voyait avec papa pour acheter un sac de riz, de l’huile, du pain. C’était un peu comme ça.»
Leçon de vie et transmission
Aujourd’hui, l’ancien capitaine des Panthères mesure le chemin parcouru et le poids des leçons héritées. «Il n’y avait pas de facilité, mais cela m’a donné une force que je n’oublierai jamais. Mon père voulait nous protéger et nous offrir un avenir malgré les difficultés.» De cette enfance faite de privations et de discipline, Bruno Ecuele Manga tire une philosophie de résilience et de transmission : un modèle inspirant pour une génération de jeunes Africains en quête d’un destin façonné par le travail et le courage.

Wills Didof Nkingne, de Douala aux pelouses européennes.
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William Nlep





