« Si demain je pars, fais juste deux rakats pour moi et pardonne-moi si je t’ai offensé… » Ces mots, publiés par Halima Gadji quelques heures avant l’annonce de son décès à Dakar, résonnent aujourd’hui comme un ultime message. L’actrice sénégalaise, révélée par son rôle iconique de Marème Dial dans Maîtresse d’un homme marié, s’est éteinte à 36 ans. Et au Cameroun, la vague d’émotions a été immédiate.
Douala, Yaoundé, Bafoussam… le Cameroun sous le choc
Sur Facebook, X et Instagram, les hommages camerounais se sont multipliés. Artistes, journalistes, citoyens anonymes : tous ont pris la parole pour saluer la mémoire d’une femme qu’ils n’avaient pour certains, jamais rencontrée, mais qui les avait touchés. Kareyce Fotso, artiste camerounaise, a dénoncé la cruauté des jugements : « On a trop souvent pris la souffrance pour un spectacle. Les mots tuent. Prenons enfin la dépression au sérieux. »

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L’actrice Élisabeth Cynthia Ngono a simplement écrit : « Après tant de souffrance… Ah. » Gabriel Hervé Gwet, acteur, a posté : « Life goes on… Halima, rest in peace. »
Et la mannequin Judith Belinga a rappelé la fragilité de la vie : « Une lumière s’est éteinte. Que son sourire et ses œuvres demeurent à jamais dans nos mémoires. »


Une onde de conscience sur la santé mentale
Au-delà du deuil, les réactions camerounaises ont pris une tournure engagée. Beaucoup ont vu dans la disparition d’Halima Gadji un signal d’alarme. « La dépression tue. Parlez quand ça ne va pas. Voir un psy, ce n’est pas une affaire de riches ou de fous », a écrit Adrien Eya’a. « On peut aller mal sans que ça se voie. Parler, demander de l’aide, c’est aussi de la force », a ajouté Emy Dany Bassong. Sur plusieurs pages culturelles camerounaises, un même message revient : normaliser la santé mentale en Afrique.


Quand le Cameroun pense aussi à ses propres artistes
La disparition d’Halima Gadji a suscité un électrochoc sur les réseaux, appelant à plus de compassion envers les artistes en difficulté, comme la chanteuse Lydol, souvent victime de harcèlement après l’affaire Mathis. Pour Moustik le Karismatik, ce harcèlement peut déclencher la dépression : « On pleure ceux que la dépression a emportés, mais on oublie que le harcèlement est souvent la rivière qui y conduit. » Blanche Bahoken invite à normaliser le recours à un psychologue, tandis que Muriel Blanche rappelle que prendre soin de sa santé mentale n’est pas une faiblesse, mais un devoir envers soi-même et les autres. La mort d’Halima Gadji devient ainsi un signal d’alerte pour soutenir ceux qui luttent en silence.


Halima Gadji, plus qu’une actrice
Née le 25 août 1989 à Dakar, Halima Gadji, d’origine sénégalo-marocaine, était mannequin, actrice et mère. Révélée au grand public par son rôle marquant de Marème Dial dans la série Maîtresse d’un homme marié, elle s’est imposée comme l’une des figures majeures du cinéma et des séries africaines. Lauréate du prix de la meilleure interprétation féminine aux Sotigui Awards en 2020, elle s’est aussi distinguée par son engagement pour la santé mentale à travers son association « Mon Mental », brisant les tabous par une parole libre et courageuse qui a dépassé les frontières du Sénégal.

Le Cameroun lui dit merci
Dans ses hommages, le Cameroun ne pleure pas seulement une actrice sénégalaise. Il pleure une sœur africaine, une voix qui osait dire la douleur, une femme qui transformait ses blessures en force.
Repose en paix, Halima Gadji.
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Diane Laure MISSEKOU





