Le Festival Yarha, Semaine Internationale du Premier Film a dévoilé la sélection officielle de sa 12ᵉ édition, et le constat est sans équivoque : le cinéma camerounais s’y affirme. Parmi la quarantaine de films retenus, venus des quatre coins du monde, les œuvres camerounaises brillent par la profondeur de leurs récits, leur ancrage culturel et leur regard résolument contemporain. Du 25 janvier au 1er février 2025, les différents sites du festival accueilleront un public invité à découvrir un cinéma pluriel, audacieux, et enraciné dans les réalités sociales, historiques et symboliques du Cameroun.
Fictions, courts métrages et documentaires : une parole cinématographique assumée
En compétition longs métrages, « Malgré tout » d’Enah Johnscott s’annonce comme l’un des temps forts du festival. À travers une narration, le film explore la résilience humaine face à l’adversité, porté par une mise en scène et une émotion contenue.
Autre proposition, « Nganu » de Kang Quintus, qui puise dans les références culturelles locales pour construire un récit où le mythe dialogue avec le présent.

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Courts métrages : jeunesse, conscience et héritage
Le Cameroun s’illustre dans la catégorie courts métrages, avec des œuvres qui interrogent l’identité, la mémoire et les urgences contemporaines : « Ayo » de Yolande Eckel et Françoise Ellong Gomez, une œuvre sur la transmission et la quête de soi. « Dernier souffle » de Justine Stella Nyandong Mbida, porté par une approche intimiste et une direction d’acteurs rigoureuse. Code Vert de Moifo Takou, film afro-futuriste et engagé, qui croise traditions ancestrales, écologie et intelligence artificielle.

Moifo Takou : “Représenter le Cameroun par sa culture et sa jeunesse”
Avec Code Vert, Moifo Takou signe une œuvre culturelle, nourrie de références. Le réalisateur revendique une inspiration plurielle, ancrée dans les traditions camerounaises et tournée vers le futur. « La première source d’inspiration est la culture du peuple Ekang, affectueusement appelé “peuple de la forêt”. Nous avons exploité les contes, l’Essani, l’histoire de Mebarakono, les costumes et le cosmographisme développé par le Dr Fortuné Bengono. »

À cette base s’ajoute une immersion dans la culture bamiléké, où la Terre est sacrée et liée aux Ancêtres, donnant naissance à un voyage temporel souterrain, métaphore d’un retour aux sources. « Nous avons aussi utilisé l’intelligence artificielle pour simuler différentes hypothèses climatiques de la Terre en 2511. Mais la plus grande inspiration reste Les Saignantes de Jean-Pierre Bekolo. »
Sélectionné à Yarha 12, le film marque un tournant pour son auteur : « Cette nomination est mon meilleur souhait de bonne année 2026. Elle nous rassure : le public africain de la science-fiction et de l’afro-futurisme reste à construire. Yarha est une plateforme essentielle pour échanger avec les cinéastes et le public. »

Documentaires : mémoire, figures et résilience
Le réel comme espace de transmission
En compétition documentaire, deux œuvres camerounaises retiennent particulièrement l’attention : « Sita Bella« , la première d’Eugénie Metala, hommage fort à une pionnière du journalisme camerounais et africain. « Au-delà de mon handicap » d’Alfred Samaki, récit sur la résilience, loin de tout misérabilisme.

Séances spéciales : le Cameroun hors compétition, mais au cœur du festival
Diversité des écritures, maturité des regards, le cinéma camerounais rayonne dans les séances spéciales, avec : « Classe à part » de Ghislain Towa, « Silent Storm » , d’Enah Johnscott,
« Makeba » de Christian Kengne et
« Shopi » d’Aboubakar. Autant d’œuvres qui témoignent de la richesse esthétique et narrative du paysage cinématographique national.




Yarha 12 : une vitrine culturelle et un espace de légitimation
Plus qu’un festival, Yarha 12 s’impose comme une plateforme stratégique pour la visibilité, la structuration et la mémoire du cinéma camerounais. À travers cette sélection officielle, le Cameroun affirme une cinématographie consciente de ses racines, ouverte au monde et résolument tournée vers l’avenir. Ici, le Cameroun ne se raconte plus timidement : il s’affirme, il questionne, il marque l’histoire auprès d’autres nations.
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Diane Laure MISSEKOU





