Le Prix Théâtre RFI 2025 célèbre cette année des voix audacieuses et engagées, issues de 22 pays, majoritairement africains. Parmi les 143 textes soumis, 12 pièces ont été présélectionnées, dont « Ce pays en moi » du dramaturge camerounais Sylvain Nanad. Cette œuvre bouleversante à la fois poétique et politique s’attaque au système de domination et redonne la parole aux invisibles. Le lauréat sera dévoilé le 28 septembre à Limoges, lors du festival Zébrures d’automne.
« Ce pays en moi » : une odyssée du deuil
Dans cette pièce, Sylvain Nanad explore le périple d’un homme fuyant la guerre en pirogue après la mort tragique de sa femme et de sa fille. Hanté par leurs voix et ses souvenirs, il plonge dans un voyage intérieur où le deuil se mêle à la quête de la paix. Avec une écriture sensible et profonde, l’auteur refuse toute glorification de la violence, préférant une méditation poétique sur l’exil et la mémoire. Une œuvre délicate qui résonne avec l’histoire de milliers de vies brisées.

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Une sélection engagée et diverse
Le comité de lecture du Collectif « À mots découverts » a retenu 12 textes parmi 143 candidatures, dont cinq signés par des autrices, preuve d’une présence féminine croissante dans la dramaturgie francophone. Ces pièces, venues d’Afrique, des Caraïbes et de l’océan Indien, abordent des thématiques brûlantes: marginalisation, patriarcat, corruption, héritage colonial, guerres. Entre verbe cru et poésie vibrante, elles donnent la parole aux opprimés et défient les systèmes de domination.
Des récits qui brisent le silence
Dans « l’orpheline et la bête imaginaire » de (Zeïnam Haïdara, du Mali) : Fily, neuf ans, orpheline, lutte contre le chagrin et une créature cauchemardesque, Koyoro. Soutenue par sa poupée, elle cherche à se reconstruire dans une nouvelle famille. Une pièce tendre pour jeune public, sur la résilience.

« Le Prince de Djika » (de Nathalie Hounvo Yekpe, du Bénin) évoque: Un prince déchu, rongé par la jalousie, assassine son ami devenu président. Hanté par son fantôme, il affronte la colère du peuple. Une réflexion sur le pouvoir et la trahison dans un pays fictif aux échos réels.

« Chambre 13 » (de Divine Mandé Kiss, de la RDC) revient sur : Jeane, alias Lolita, qui raconte son parcours de prostituée dominant les puissants dans sa « Chambre 13 ». Un monologue vibrant qui dénonce le patriarcat et prône la solidarité féminine.

« Furieuses » (de Rolaphton Mercure, d’Haïti) parle de Gerthie et Myriam qui s’aiment en secret, mais Myriam est tuée par son fiancé violent. Ce drame lyrique explore les violences faites aux femmes et la rumeur destructrice.

« La 47ème vague » (de Nono Doniwata Minougou, du Burkina Faso) revient sur l’histoire : d’un vieux soldat, face à un crâne et un arbuste, revit ses souvenirs de guerre. Une œuvre poétique sur l’absurdité des conflits et l’espoir d’un renouveau.

« Ce ciel d’orage sous nos paupières » (d’Alphonse Montcho, du Bénin) lui, met en lumière : Onze poèmes qui retracent le destin tragique d’une athlète brûlée vive, inspiré par Rebecca Cheptegei. Une ode lyrique à la liberté des femmes.

« Traduit du délire » (devJamie Moon Dayiti, d’Haïti) parle de : Ti Paul, membre d’un gang, qui est confronté à son passé de poète et à l’exécution de son ami homosexuel. Un polar en français et créole dénonçant corruption et homophobie.

« On dit, oui » (de Djo Ngeleka, de la RDC) raconte : Une troupe théâtrale célèbre la liberté du Congo, sans chef, dans une ode collective à l’émancipation.

« Clipping » (de Israël Nzila, de la RDC) revient sur l’histoire de: Do, traumatisée par la guerre, reconstruit sa mémoire au marché. Une pièce saisissante sur l’histoire intime et collective.

« Epine » (de Smeralda Jean Philippe Tanis, d’Haïti) relate l’histoire d’une jeune femme qui interroge l’héritage des bourreaux, notamment féminins, sous la dictature des Duvalier. Un texte sensible sur un sujet tabou.

« Mowuta » (de Salva Safi Amisi, de la RDC) met en avant une exploration non détaillée dans les sources, mais intégrée à cette sélection pour sa force dramatique.

Un théâtre qui défie le contrôle
À l’heure où les pouvoirs tentent de museler les voix dissidentes, ces œuvres offrent une liberté rare. Elles exposent des vérités cachées, du patriarcat à l’héritage colonial, avec une langue vivante et imagée. Le Prix RFI Théâtre 2025, par cette sélection, confirme son rôle de tremplin pour une dramaturgie francophone audacieuse, portée par des artistes qui réinventent le monde. Rendez-vous le 28 septembre pour découvrir le lauréat.

La Camerounaise Joyce Babatunde, finaliste du Prix Découvertes RFI 2025.
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William Nlep





