Ce vendredi 12 décembre, le Goethe-Institut de Yaoundé a accueilli la cérémonie d’ouverture du tout premier Salon Africain du Livre Féminin (SALIF). Dès l’entrée, une banderole noire ornée des visages des grandes figures littéraires féminines d’Afrique donnait le ton : ici, les femmes prennent la plume pour écrire, affirmer et transmettre l’Afrique.
Dans la grande salle blanche préparée pour la circonstance, écrivaines, éditeurs, libraires, communicantes et Miss Littérature Africaine ont pris place dans un murmure d’attente. Le Salon du Livre Africain a ouvert officiellement ses portes, et dès les premières minutes, l’atmosphère avait déjà quelque chose de solennel, presque sacré.

Rejoignez notre chambre WhatsApp pour ne rien rater sur l’actualité people en cliquant sur je m’abonne
Christelle Noah ouvre le chemin : “Lorsque la femme écrit, c’est toujours merveilleux.”
Marraine de l’édition 2025, Christelle Noah a donné le premier souffle du salon avec un discours
« L’écriture féminine a une particularité. La femme, c’est la mère. La femme, c’est la sensibilité. Elle porte sur le monde un regard différent. Et lorsque la femme écrit, c’est toujours merveilleux », confie-t-elle. Elle évoque ces valeurs féminines : l’amour, l’émotion, le partage, qui se glissent dans chaque page écrite par une femme.
Puis elle lâche une vérité que le public accueille avec un sourire : « Les ouvrages écrits par des femmes sont les best-sellers dans le monde. »
Le message est visible : l’écriture féminine n’est pas un simple segment du marché du livre ; elle en est l’un des cœurs battants.

La voix de la sénatrice Françoise Puene
Vêtue d’un boubou, bracelets en kori aux poignets, la sénatrice Françoise Puene, fidèle à son surnom de Mami Nyanga, prend la parole avec l’énergie de celles qui n’ont plus rien à prouver.
Son discours tranche, secoue, interpelle. « Nous avons célébré la Semaine de la Femme, les douze jours d’activisme, mais la réalité est là : les femmes vivent encore dans la terreur », dit-elle sans détours.
Elle exhorte les femmes à se lever, à occuper leur place, à refuser la peur. « Vous avez les capacités. Ce qui vous manque, c’est la confiance en vous, en votre potentiel, en votre talent. Soyez charismatiques, travailleuses, imposantes. »

La salle applaudit longuement, comme si chaque mot venait d’être posé directement dans la poitrine de celles qui l’écoutent.
Le Gabon mis à l’honneur : hommage aux voix féminines du continent
Représentant le pays à l’honneur, l’ambassadeur du Gabon au Cameroun, M. Anthony Minko Milame, rappelle la portée panafricaine de ce rendez-vous.
Selon lui, ce salon n’est pas seulement un espace d’exposition : c’est une plateforme où la littérature féminine peut dialoguer, s’affirmer et poser ses revendications dans un monde en pleine mutation.
« Nous sommes ici pour célébrer l’auteure gabonaise Vanessa Mpiga Assiessi et toutes les femmes qui donnent une voix au continent. La femme écrivaine a une place essentielle et son mot à dire dans la société contemporaine », affirme-t-il.
Les Prix de l’Excellence Littéraire : célébrer celles qui inspirent
La cérémonie protocolaire laisse ensuite place à un moment d’émotion : la remise du Prix de l’Excellence Littéraire.
L’ambassadeur du Gabon remet d’abord le prix à sa compatriote Vanessa Mpiga Assiessi, puis à la sénatrice Françoise Puene et enfin à Christelle Noah. Dans un geste symbolique, Christelle Noah transmet à son tour le prix à Evelyne Mengue à Koung et à Gaëlle Stella Oyono.
Elle explique ce passage de flambeau avec une sincérité désarmante : « Ces prix récompensent les efforts que nous, les dames, faisons dans la littérature. Les femmes doivent apprendre à se célébrer entre elles. »

Douze stands pour voyager au cœur des voix féminines
La visite officielle des stands ouvre un nouveau chapitre de la journée. Douze espaces, douze univers, douze vitrines où l’on retrouve des maisons d’édition, des autrices en autoédition, des agences littéraires et même des restaurateurs venus ajouter une touche gourmande à la fête.
Conférences, débats et performances : le salon se déploie
La suite du programme déroule une véritable respiration intellectuelle. Conférence inaugurale sur la place de la littérature féminine dans la construction des sociétés inclusives. Dédicaces. Performances artistiques. Table ronde sur le livre comme thérapie. Discussions sur l’édition numérique, les questions d’auteurs.
Cette première journée du Salon du Livre Africain a offert un condensé de ce que représente la littérature : un espace pour questionner, pour créer, pour guérir, pour exister. Et surtout un lieu où les femmes ne sont plus en marge mais en lumière.

Si cet article vous a intéressé n’hésitez pas à cliquer sur celui-ci
Sidoine FEUGUI





