Richard Amougou, de son nom complet Amougou Amougou Richard Séraphin, né le 14 avril 1977 à Yaoundé, est l’un des artistes camerounais qui a façonné, à sa manière, des pages du répertoire populaire camerounais pendant vingt-cinq ans. Balayant le registre du bikutsi autant que des chansons à thèmes urbains, il s’est imposé comme auteur-compositeur-interprète actif sur la scène locale et dans la diaspora.

Des débuts comme danseur
Avant d’être connu comme chanteur, Richard Amougou fait ses premiers pas artistiques en tant que danseur. Ceux qui l’ont côtoyé à cette époque se souviennent d’un jeune homme énergique, habité par le rythme et parfaitement à l’aise sur scène. C’est d’ailleurs la danse qui lui ouvre les portes du monde du spectacle. Elle lui permet de comprendre le bikutsi de l’intérieur, d’en maîtriser la gestuelle, et surtout de développer une relation directe avec le public.

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Sur scène, il observe les artistes, apprend à gérer l’ambiance, capte l’essence du show. Cette expérience lui sert de tremplin pour la suite. Encouragé par des aînés comme Fam Ndzengue, il finit par prendre le micro et se lancer dans le chant, avec ce même sens du rythme et de la scène hérité de sa première vie d’artiste.
La cuisine , un autre métier, une autre passion
Si Richard Amougou a toujours rêvé de musique, il a aussi très tôt compris que la passion seule ne suffit pas pour vivre. Avant de s’imposer comme musicien, il choisit de se former dans la restauration. Il passe ainsi son CAP de serveur, puis se spécialise dans la cuisine. Ceux qui l’ont vu travailler dans ce milieu parlent d’un homme rigoureux, discipliné et extrêmement sérieux.
Lui-même l’a souvent expliqué : apprendre un vrai métier était essentiel, d’autant plus dans un contexte où la musique ne garantit pas une stabilité financière. La cuisine devient pour lui un moyen de subsistance, mais aussi une passion réelle. Cette double vie, entre scène et cuisine, lui permet de garder les pieds sur terre et de financer ses premiers projets musicaux tout en restant totalement indépendant.

Une carrière musicale marquée par la constance
La carrière musicale de Richard Amougou débute véritablement à la fin des années 90 avec son premier album intitulé « Évènement ». Mais c’est avec des titres comme « Essuie-Glace », « L’Argent », « Intercity » ou encore « Bozizi » qu’il s’impose comme une figure incontournable du bikutsi moderne. Sa musique séduit par son authenticité, son sens de l’humour et sa capacité à raconter les réalités quotidiennes des Camerounais.
En 2020, il dévoile l’album « Le Temps », considéré comme l’un de ses projets les plus aboutis. Ce huitième album marque symboliquement deux décennies de carrière et montre un artiste plus mature, plus introspectif et plus ancré dans son époque. Richard Amougou y revisite les thèmes qui ont fait sa force : le travail, l’argent, les relations humaines, la débrouillardise et les illusions de la vie.

Des collaborations et un rôle dans la scène bikutsi
Tout au long de son parcours, Richard Amougou a collaboré avec plusieurs artistes majeurs de la scène bikutsi. Fam Ndzengue, considéré comme un mentor, fait partie des premières figures à l’avoir encouragé à chanter. Au fil des années, il partage la scène avec des artistes établis du bikutsi et du showbiz camerounais, participant à des concerts collectifs, à des spectacles populaires et à des projets qui ont permis au genre de rester vivant et dynamique.

Un homme marqué par les épreuves
Richard Amougou vit en France. Sa vie personnelle a connu des moments difficiles. En 2022, il perd son épouse, une épreuve qui le bouleverse profondément. Malgré la douleur, il continue de se produire, de créer et de partager sa musique avec son public. Ce courage renforce l’image d’un artiste résilient, capable de se relever et de continuer à avancer malgré les obstacles.
Richard Amougou demeure l’un des artistes les plus constants du bikutsi moderne. Son style simple, direct, souvent teinté d’humour, fait de lui un porte-parole du quotidien. Il modernise le bikutsi sans en trahir les racines et continue d’attirer un public fidèle, aussi bien au pays que dans la diaspora.

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Ève-Pérec N.BEHALAL





