L’année 2025 reste comme l’une des plus éprouvantes pour le paysage people et public camerounais. Du cinéma à l’humour, des réseaux sociaux à la sphère politique, plusieurs figures ont quitté la scène, laissant derrière elles des œuvres, des combats et des expressions devenues familières au grand public. Retour, par ordre chronologique, sur ces disparitions qui ont marqué l’opinion.
Monny Eka, une voix qui s’éteint brutalement.
Le 14 février 2025, Monny Eka s’est éteint à Douala, des suites d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Sa disparition a plongé proches, admirateurs et observateurs dans une stupeur. Figure publique, Monny Eka a incarné une génération qui croyait encore à la force de la parole et à l’impact de l’action. Son décès rappelle avec dureté la fragilité de la vie humaine, même pour ceux que l’on croyait encore pleins de projets.
Son nom reste associé à une période, à une voix et à une énergie qui ont marqué bien au-delà de son cercle.

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Palmer Ngalle (Mola Palmer) – Le cinéma comme combat
Décédé le 12 juin 2025, Palmer Ngalle, plus connu sous le nom de Mola Palmer, était une figure centrale du cinéma camerounais. Réalisateur, producteur et promoteur culturel, il est surtout reconnu comme le fondateur du Cameroon International Film Festival (CAMIFF), une plateforme pour la promotion des talents locaux et africains. Tout au long de sa carrière, il a œuvré pour la structuration de l’industrie cinématographique, plaidant pour un cinéma professionnel, respecté et capable de raconter les réalités africaines avec authenticité.
Homme de transmission, Mola Palmer défendait des valeurs fortes : la formation des jeunes créateurs, la fierté culturelle et la discipline professionnelle dans le milieu artistique. Il répétait souvent cette phrase devenue sa signature verbale : « Le cinéma camerounais doit se respecter lui-même. » Palmer Ngalle laisse un vide profond dans le monde culturel.

Narcisse Kouokam (Nar6) – Le rire au service de la vérité sociale.
Le 10 août 2025, le Cameroun perdait l’un de ses humoristes les plus respectés : Narcisse Kouokam, alias Nar6. Monument de l’humour populaire, il a marqué plusieurs générations par ses sketches empreints de satire et d’observation sociale. Nar6 utilisait le rire comme un outil de dénonciation douce, pointant les contradictions, les abus et les petites réalités du quotidien camerounais.
Derrière l’humoriste se cachait un homme attaché aux valeurs d’humilité, de vérité et de proximité avec le peuple. Sa manière de parler, lente et réfléchie, était ponctuée d’expressions devenues cultes, notamment : « Mon frère… laisse ça ! », sa signature verbale, immédiatement reconnaissable.

Ange Ebogo Emerent, le combat silencieux jusqu’au bout.
Le 28 août 2025, c’est à Yaoundé que s’est éteint Ange Ebogo Emerent, après un long combat contre la maladie. Une disparition plus discrète, mais tout aussi douloureuse pour ceux qui l’ont connue et suivie.
Ange Ebogo Emerent était reconnu pour sa résilience et sa dignité. Même affaiblie par la maladie, sa détermination et sa force morale forçaient l’admiration. Son parcours témoigne d’un courage silencieux, celui que l’on mène loin des projecteurs, mais qui inspire profondément.
Son départ laisse un vide et rappelle que certaines batailles se livrent loin du bruit, mais avec une intensité immense.

Critiqueur 2.0 – Une parole brute sur les réseaux sociaux.
Figure montante du paysage numérique, Adolphe Luciano, plus connu sous le pseudonyme de Critiqueur 2.0, est décédé le 27 novembre 2025. Très suivi sur TikTok et d’autres plateformes, il s’était imposé par un style frontal, parfois choquant, mais assumé. Ses vidéos abordaient la société, la foi, les comportements humains et les dérives contemporaines, sans détour ni filtre.
Critiqueur 2.0 défendait avant tout la liberté d’expression, la responsabilité individuelle et la vérité crue, quitte à déranger. Son public le reconnaissait à son interjection devenue emblématique : « Putain ! », répétée dans presque toutes ses prises de parole et devenue sa signature verbale. Son décès, causé par des problèmes de santé, a provoqué une onde de choc sur les réseaux sociaux camerounais.

Anicet Georges Ekane – La constance d’un combat politique.
Le dernier choc de l’année survient le 1er décembre 2025 avec la disparition de Anicet Georges Ekane, figure historique de l’opposition camerounaise et leader du MANIDEM. Homme politique engagé, il a consacré sa vie à la lutte pour la démocratie, le pluralisme politique et les libertés publiques, s’imposant comme une voix constante et sans compromis face au pouvoir.
Reconnu pour son discours « ferme » Anicet Ekane martelait souvent cette phrase devenue sa signature politique : « Le peuple camerounais mérite mieux. » Il est décédé alors qu’il se trouvait en détention, un décès qui a suscité de nombreuses réactions et interrogations, tant au niveau national qu’international.

Quand les voix s’éteignent, les échos demeurent
Ils venaient d’univers différents, parlaient avec des mots qui leur ressemblaient, riaient, dénonçaient, construisaient ou combattaient. En 2025, le Cameroun n’a pas seulement perdu des figures publiques : il a perdu des voix familières, celles qui accompagnaient le quotidien, les écrans, les débats et les consciences.
Mais une voix ne meurt jamais. Elle survit dans une œuvre, une phrase répétée, un rire partagé, une idée transmise. Mony Eka, Ange Ebogo, Palmer Ngalle, Nar6, Critiqueur 2.0, et Anicet Ekane ne sont plus, mais leurs mots continuent de circuler, portés par la mémoire collective. Le silence qu’ils laissent n’est pas un oubli, mais une invitation à se souvenir.
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Muriel YANGA





