Richard Amougou, gardien du Bikutsi, dénonce le manque de reconnaissance nationale malgré plusieurs décennies de carrière. Invité sur le fauteuil de L’INVITÉ de Laura Dave Média TV, l’artiste a livré une plaidoirie passionnée en faveur de la méritocratie.

La dignité contre la décoration
Interrogé sur son vœu le plus cher, Richard Amougou a écarté toute requête personnelle pour solliciter un changement de paradigme : la reconnaissance doit être automatique, et non sollicitée.
« Je souhaite que je sois reconnu au Cameroun à ma juste valeur et que je reçoive tous les honneurs qui vont avec. »
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Puis, il a formulé la phrase qui résume le malaise de nombreux vétérans de la culture :
« J’aimerais qu’on me donne ce qui me revient de droit sans que je n’aie à faire des courbettes. »
Il a rappelé, avec une ironie douloureuse, le moment où, au Ministère de la Culture, on s’était étonné qu’il n’ait reçu aucune médaille après vingt ans de service. Son refus d’entrer dans la bureaucratie des « demandes et des paiements » pour obtenir ce qu’il estime avoir mérité par son œuvre, est une critique adressée aux instances décisionnelles.
« Quand on préparait mes 20 ans de carrière en 2020, il y a eu une réunion au ministère de la culture et on m’a posé la question de savoir combien de médailles j’avais reçu depuis que j’ai commencé. J’ai dit aucune. Tout le monde était sidéré. Pour avoir une médaille, il faut d’abord aller faire une demande, il faut payer. Je ne fonctionne pas comme ça. Je ne fais pas des choses pareilles« , a-t-il déclaré.

Survivre à l’Art, le combat des droits d’auteur
Le combat de Richard Amougou dépasse sa propre personne. Il est le porte-étendard d’une jeunesse artistique en difficulté, confrontée à un environnement économique hostile. Son plus grand souhait est qu’une véritable réforme permette aux artistes de vivre dignement de leur création.
« Le vœu que j’aurais souhaité pour ceux qui viennent après moi, c’est qu’ils puissent vivre de leur art parce qu’au Cameroun, l’artiste ne vit pas de son art. Que l’artiste puisse avoir des droits d’auteur pour pouvoir produire ses œuvres, pouvoir vivre normalement, que l’artiste ne soit plus un laissé pour compte. »
Cet appel à la répartition des droits d’auteur et à la fin de la précarité pour les musiciens est indissociable de sa mission de préserver le Bikutsi.
« Le bikutsi ne doit pas disparaître. »
Richard Amougou s’affirme ainsi non seulement comme un artiste, mais comme un militant culturel, utilisant sa voix pour réclamer un héritage professionnel et financier juste pour la génération montante.
L’intégralité de cet entretien exclusif avec Richard Amougou est à retrouver ce vendredi à 18h00 sur Laura Dave Média Tv.

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Ève-Pérec N.BEHALAL





