Le paysage culturel camerounais s’enrichit d’un nouveau sanctuaire de la mémoire. Située à Yaoundé, derrière le collège technique Charles Atangana Bastos, la Kamerun Haus « Maison des Cultures » a ouvert ses portes le 10 janvier 2026. Plus qu’un simple musée, cet espace se veut le fer de lance de la reconquête du patrimoine national.

Un sanctuaire pour le dialogue et la restitution
L’inauguration a réuni un parterre de personnalités, dont l’Inspectrice générale du MINAC, l’ambassadeur d’Allemagne S.E. Christian Sedat, et des autorités traditionnelles des quatre aires culturelles. Ces derniers ont béni l’édifice, reconnaissant en ce lieu l’espace légitime pour traiter une question qui touche au droit, à la politique, mais surtout à la spiritualité.

Un pont entre l’Europe et les chefferies traditionnelles
Le promoteur, Legrand Tchachouang (Prince de Bangoua), consultant international en restitution, a conçu ce lieu comme une extension locale de la dynamique déjà engagée en Europe. Pour lui, la question du retour des œuvres n’est pas qu’administrative : « C’est un débat qui se situe au carrefour du droit, de la morale, de la science, de la politique, de la diplomatie et même de la spiritualité », explique-t-il à notre rédaction.
Rejoignez notre chaîne WhatsApp pour ne rien rater sur l’actualité people en cliquant sur je m’abonne
Après avoir visité plus de 50 musées occidentaux, de Londres à New York, le constat du Prince de Bangoua est sans appel :
« Je me suis rendu compte que l’essentiel de ce patrimoine provient de la chefferie traditionnelle. Ce débat doit se faire avec les chefs traditionnels, les détenteurs ou les propriétaires légitimes de ces biens culturels. »

Une interface stratégique pour le rapatriement
La Kamerun Haus joue un rôle crucial en tant que bureau pour les acteurs de la société civile siégeant au comité interministériel chargé du rapatriement des éléments culturels. Elle sert d’interface directe avec les réseaux de musées allemands, suisses et français.
« L’idée est d’accompagner la dynamique créée en Allemagne, en Suisse, en France ou en Belgique pour le retour du patrimoine camerounais », précise Legrand Tchachouang.
En attendant l’inauguration officielle prévue pour mai 2026, le public peut déjà découvrir une exposition riche de trésors royaux, assister au vernissage et récits des voyages des chefs traditionnels.








Au-delà d’une simple exposition, la Kamerun Haus s’impose désormais comme le trait d’union entre les musées occidentaux et les chefferies camerounaises, garantissant un retour au pays des trésors dans la dignité et le respect des traditions. C’est une invitation solennelle lancée à tous les Camerounais pour venir se reconnecter, jusqu’au 28 mars, à l’essence même de leur identité royale.

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à lire celui ci
Ève-Pérec N.BEHALAL





