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CULTURE: « On fait comme si je n’existais pas” : Ebenezer Kepombia dénonce le mépris des chaînes locales envers les producteurs

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Producteur à succès, réalisateur engagé, figure incontournable de la télévision camerounaise, Ebenezer Kepombia, alias “Mitoumba”, pousse un cri du cœur au micro de NAJA TV. Malgré sa notoriété et sa présence constante sur le territoire, il ne reçoit aucune commande de production des chaînes locales. Un constat amer, révélateur d’un système audiovisuel à repenser d’urgence.

Un silence assourdissant dans son propre pays

« Ça me surprend moi-même. Je suis au Cameroun, les gens me voient tous les jours, et pourtant aucune chaîne ne me passe de commande. » C’est par cette déclaration sans détour qu’Ebenezer Kepombia exprime sa frustration. L’homme derrière de nombreuses séries populaires ne comprend pas ce désintérêt local, surtout quand des chaînes étrangères n’hésitent pas à lui commander des productions, parfois avant même le début du tournage.

Dans un marché audiovisuel qui, ailleurs, fonctionne à la commande et à l’exclusivité, le Cameroun semble fonctionner à rebours. « Aujourd’hui, c’est comme si on achetait la poule encore dans le sac : le film n’est même pas tourné qu’il est déjà vendu. » Mais cette logique, encore marginale chez nous, est pourtant la norme dans les industries structurées.

 "On fait comme si je n’existais pas” : Ebenezer Kepombia dénonce le mépris des chaînes locales envers les producteurs

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Le modèle PAD : un système dépassé

Longtemps, les producteurs camerounais ont été contraints de produire à l’avance (PAD : Prêt À Diffuser) sans aucune garantie de diffusion ni de rentabilité. Puis, une fois l’œuvre terminée, ils devaient “mendier” l’intérêt des chaînes. Ebenezer Kepombia rappelle que cette époque est révolue : « On ne produit plus pour aller présenter après. On produit sur commande. » Un tournant nécessaire pour garantir la qualité et la durabilité des contenus.

Le mépris déguisé des diffuseurs locaux

Le véritable problème, selon lui, réside dans la mentalité des décideurs des chaînes locales : « Ils veulent du contenu gratuit. Et quand ils font un petit effort, ils te disent : “Donne-nous le contenu, tu vas chercher les annonceurs, et on partage l’argent.” » Une pratique qu’il qualifie sans détour d’insultante, car elle renverse les rôles : au lieu d’acheter le contenu, les chaînes demandent aux producteurs de financer elles-mêmes leur propre diffusion, alors même qu’elles disposent de services commerciaux et marketing censés attirer les annonceurs.

Producteur à succès, réalisateur engagé, figure incontournable de la télévision camerounaise, Ebenezer Kepombia, alias “Mitoumba”,

La télévision n’est pas un mécénat

Kepombia rappelle un point crucial : une série télé n’est pas une chanson. « On ne peut pas investir lourdement dans une série et venir la donner gratuitement. » Contrairement à la musique, dont la promotion sert à vendre des disques ou générer des écoutes en ligne, une série est elle-même un produit fini, destiné à générer de l’audience, de la publicité, donc des revenus directs pour la chaîne qui la diffuse.

Les talents locaux courtisés… à l’international

Le paradoxe est flagrant : alors que les chaînes camerounaises ignorent leurs propres talents, des diffuseurs étrangers n’hésitent pas à commander des projets localement. Kepombia ne cache pas sa réalité : « C’est normal que mes œuvres soient d’abord diffusées ailleurs, parce que c’est du business. On me passe une commande de production, je produis. » Une logique de marché à laquelle il s’adapte sans regret et sans nostalgie.

Les chaînes locales ont-elles encore conscience de leur rôle ?

Ebenezer Kepombia lance un message clair : les télévisions camerounaises doivent se réveiller. Le contenu est roi, mais il ne peut plus être quémandé, ni bradé. Si les chaînes veulent de l’exclusivité, de la qualité et de la cohérence, elles doivent investir, structurer, commander. Sinon, les meilleurs contenus continueront à fleurir… ailleurs.

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Vanessa BAHO

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