Dans les couloirs de la CRTV Littoral, Monique Félicité Tjouen incarne une trajectoire façonnée par la rigueur, la passion et le choix assumé de défendre le sport féminin. Journaliste sportive, elle est chef service Sport à la CRTV Littoral, après un parcours qui mêle études académiques, pratique sportive et engagement professionnel.
Née à l’hôpital de la Caisse de Yaoundé, Monique Félicité Tjouen est originaire du département de la Sanaga Maritime. Elle grandit à Yaoundé, où elle effectue ses études secondaires et obtient un baccalauréat A. À l’heure des choix universitaires, elle emprunte d’abord la voie du droit, conformément au souhait paternel.
« Après mon Bac, j’ai fait le droit comme mon père le voulait. Après ma licence, j’ai viré à l’ESSTIC pour mon diplôme de journalisme comme je le souhaitais. J’ai deux licences : droit et communication (journalisme). ».

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Pourtant, enfant, son rêve se situait ailleurs : devenir hôtesse de l’air. Le journalisme s’impose, sous le regard de son père.
« Ma passion pour le journalisme est détectée par mon père. À chaque fois qu’il y avait un document à lire à la maison, il me le donnait, ayant constaté que je lisais très bien les journaux, la Bible. Ensuite, j’ai dit que j’aimerais devenir journaliste. »
Le sport, lui, s’invite très tôt dans sa vie. Avant-dernière d’une fratrie de six enfants et seule fille, elle grandit au rythme des activités sportives de ses frères.
« Ils jouaient au football, au basket-ball, faisaient du cyclisme. Nous vivions à Essos, non loin du stade Omnisports. J’y allais pratiquer l’athlétisme. À Mimboman, à Don Bosco, je m’entraînais au tennis de table. » À l’université, elle participe aux Jeux universitaires en tennis de table, en athlétisme et en basket-ball, forgeant un lien durable avec le sport de compétition.
Son entrée dans le monde professionnel se fait à la CRTV. Diplômée de l’ESSTIC en 2009, elle refuse l’immobilisme.
« Je ne voulais pas rester à la maison. Je voulais travailler. Je suis allée rencontrer le directeur de l’information de la CRTV de l’époque, Charles Ndongo. Il m’a dit : va au service des sports. » C’est là que débute son histoire avec le sport à la télévision et, avec la promotion du sport féminin.
L’année 2017 marque un tournant. Elle est nommée chef service du sport féminin, après plusieurs années de reportages consacrés à la visibilité des sportives.
« La CRTV a créé le service au lendemain de la CAN féminine, qui avait été très suivie. J’ai été installée, et c’était mon tout premier poste de chef service. » Avant cela, un épisode reste gravé dans sa mémoire : en 2016, elle se retrouve au Brésil avec les Lionnes indomptables de handball, alors qu’elle espérait couvrir la toute première CAN féminine de football organisée au Cameroun.
« Tout mon corps, toute mon âme étaient au Cameroun. À la dernière minute, on me dit non, tu iras au Brésil. »

Parmi les moments marquants de sa carrière figure aussi sa collaboration avec l’attaquante de football Gaëlle Enganamouit.
« En 2015, Gaëlle est au sommet de sa carrière. Elle décide de créer la fondation FER, Fondation Enfants des Rails, et elle me sollicite pour devenir sa communicatrice. » Une expérience qui renforce son engagement auprès des sportives, au-delà des terrains.
Décembre 2025 constitue une autre étape : la concrétisation du premier Festival des sports féminins d’Afrique, le Festival Sport et Elles. À cette occasion, une chanson de célébration des sportives africaines voit le jour.
« La chanson est déjà dans les bacs, le clip est en plein tournage et sera disponible dans les prochains jours. ». Le festival lui, se tient du 21 au 26 décembre 2025 au stade de la réunification de Bepanda-Douala en présence de plusieurs icônes du football féminin camerounais.
En dehors du sport, Monique Félicité Tjouen cultive un goût pour les voyages, le chant, la danse, notamment l’Assiko.
Le journalisme lui ouvre aussi les portes du monde.
« J’ai découvert la CAN féminine de football au Ghana, la Coupe du monde féminine en France en 2019, l’Afrobasket féminin au Mali. En 2017, au Gabon, j’étais à la Coupe CEMAC avec les Lionnes A’. J’ai parcouru pas mal de pays. »
Elle revendique avec fierté son héritage familial. Fille du professeur Alexandre Dieudonné Tjouen, enseignant de droit ayant formé plusieurs générations, et de Marie Yvonne , professeure de français, elle se définit comme une femme portée par un rêve clair.
« Voir les femmes, dans le sport, toutes catégories confondues journalistes, techniciennes, sportives, présidentes de club, coachs considérées à leur juste mesure. » Elle plaide pour l’encouragement des initiatives telles que Misseelionne ou le Festival des sports et Elles, et pour la reconnaissance des performances des championnes.

S’inspirant d’un appel du Président de la République Paul Biya, à l’audace, elle assume ses choix.
« J’ai osé organiser un événement qui n’existait pas, Misseelionne. J’ai osé organiser le premier festival des sports féminins. » Son ambition dépasse l’événementiel : elle souhaite voir le Cameroun s’imposer en Afrique par ses athlètes, ses infrastructures, son management sportif et sa capacité à accueillir des compétitions internationales.
« Le Cameroun a un potentiel incroyable. Il faut de la volonté et des moyens. »
Mariée et mère de deux enfants, une fille et un garçon, Monique Félicité Tjouen poursuit son engagement avec la même constance : faire du sport féminin un espace visible, structuré et respecté, au Cameroun comme sur le continent.

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Ève-Pérec N.BEHALAL





