Figure emblématique du panafricanisme, Makini Tchameni s’est confiée au micro de Laura Dave Media. Celle qui a troqué son nom d’état civil pour une identité africaine mène aujourd’hui une révolution : celle de l’éducation afro-centrée. Son objectif ? Faire de l’enfant noir non plus un « objet » de l’histoire, mais le « sujet » de son propre destin.
Désirée Renée Smith aurait pu se contenter d’une carrière paisible aux États-Unis. Mais pour la petite dernière d’une fratrie de huit enfants, née dans une famille où l’on traîne son employeur en justice pour l’égalité salariale, la lutte est une seconde nature. Devenue Makini, elle a choisi de lier son sort au continent africain, portée par une conviction : la liberté commence par le nom que l’on porte et l’histoire que l’on apprend.
L’éducation comme arme de libération
Pour Makini Tchameni, le système éducatif actuel souffre d’un mal profond : l’invisibilisation du génie noir. « L’éducation afro-centrée, c’est quand vous prenez l’enfant africain et vous le mettez au centre… Pas comme un objet, mais comme un sujet », explique-t-elle .

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Elle dénonce avec force une « idéologie suprémaciste » qui enseigne que l’Afrique n’existe que par le regard de l’autre.
« On parle de Brazza qui a « découvert » le fleuve, mais ce sont les Africains ! On vous dit que vous n’existez pas avant qu’on ne vous découvre ».
Rétablir la vérité : De l’Internet aux Pyramides
Au cours de cet entretien exclusif, la fondatrice de l’ACE Leadership School rappelle des faits souvent occultés par les manuels classiques :
Les Mathématiques : « C’est notre héritage. La base des mathématiques a été inventée par les Africains. C’est nous qui avons construit les pyramides en Égypte. »
La Technologie : « Combien d’enfants savent que le père de l’Internet est un Africain, le Dr Philip Emeagwali ? On parle de Bill Gates, mais on ne parle pas de ce que les Africains ont fait et continuent de faire. »
Pour Makini, l’école ne doit pas seulement délivrer des diplômes, elle doit apporter « l’amour de soi ». Car comment entreprendre et diriger si l’on ignore que l’on descend de bâtisseurs et d’inventeurs ?
Former les leaders de demain
Au-delà de l’histoire, sa méthode pédagogique repose sur deux piliers : la compétence et le caractère. À travers sa fondation, présente au Cameroun, en Afrique du Sud et au Burkina Faso, elle prépare les élèves non pas à « chercher du travail », mais à créer la société de demain.

Le combat de Makini Tchameni est aussi un combat d’actualité.
Alors que son époux, le militant Djeukam Tchameni est en détention suite aux échéances électorales d’octobre 2025, elle continue de porter haut le flambeau de la dignité. Pour elle, la résilience est une transmission : reçue de ses parents, elle l’offre aujourd’hui à ses enfants et à ses élèves.
Pour découvrir l’intégralité de ce parcours, de ses débuts en kinésithérapie à son exil politique, jusqu’à ses ambitions pour les 54 États de l’Union Africaine, rendez-vous ce samedi 10 Janvier dès 16h00 sur Laura Dave Média TV.

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Ève-Pérec N.BEHALAL





