Le 26 septembre 2025, l’Institut français du Cameroun antenne de Douala a accueilli Sa Majesté Bissam Ndoum Georges, roi des pygmées Baka, et sa délégation. Cette rencontre culturelle a permis au public de découvrir la richesse d’un peuple vivant en symbiose avec la forêt et confronté aux défis de la modernité.
La forêt, pilier de la spiritualité et de la survie des Baka
Pour le roi Bissam Ndoum Georges, la forêt demeure le fondement de l’existence des Baka : « Elle fait partie de notre nature. Dans tout ce que nous faisons, nous lui donnons de la force et la préservons », a-t-il déclaré.
Ce lien indissociable s’exprime dans les activités quotidiennes comme la cueillette, chasse et la pêche, mais aussi dans les rites spirituels. Chaque geste est précédé de chants destinés à invoquer les esprits protecteurs, un héritage transmis de génération en génération.

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Le rôle du « Ndjingui » et la transmission culturelle
Au cœur de la tradition baka, le « Ndjingui » occupe une place centrale. Le roi le définit comme « le prophète, le protecteur, celui qui nous guide et nous bénit ». Cette figure spirituelle incarne l’identité collective et rappelle aux Baka leurs valeurs fondamentales.
La langue maternelle constitue un autre pilier :« Elle est un code spirituel. C’est par elle que nous parlons à nos ancêtres », a souligné le roi. Dans les petites écoles communautaires, les Baka insistent sur l’apprentissage de leur langue, outil de transmission et de cohésion.
Une culture célébrée par les artistes
La chanteuse camerounaise Sally Nyolo, présente lors de cette rencontre, a rappelé l’importance de la forêt dans son parcours artistique : « Elle m’a inspirée, bercée, guidée dans mes chansons. Chanter en langue, c’est transmettre un héritage et valoriser nos cultures », a-t-elle confié à notre rédaction.
Ce témoignage illustre le rôle de la culture baka comme source d’inspiration au-delà des frontières, renforçant sa visibilité dans le patrimoine camerounais et africain.

Place de la femme et organisation sociale
Interrogé par notre rédaction, le roi a tenu à préciser la place centrale de la femme dans la société baka : « Elle est notre demi-Dieu. Elle construit nos maisons, prend soin de nous, veille sur nous ».
Cette reconnaissance témoigne d’une organisation communautaire où la femme occupe un rôle essentiel dans la transmission, la stabilité et la continuité de la vie sociale.
Entre tradition, éducation et médecine
Si la tradition reste le socle, l’ouverture vers l’extérieur est jugée nécessaire. Selon Sa Majesté : « Nous sortons de la forêt pour apprendre les langues étrangères, mais l’école ne saurait changer l’homme Baka ». L’éducation est perçue comme un outil de communication et de dialogue, sans effacer l’identité originelle.
La médecine traditionnelle conserve également sa primauté :« Chaque homme Baka doit connaître la guérison. Nos remèdes viennent des plantes, de ce que nous offre la forêt », a affirmé le roi. Cette approche illustre une conception globale de la santé, fondée sur l’expérience et l’observation.

Un peuple de valeurs face à la modernité
Sa Majesté Bissam Ndoum Georges a rappelé que les Baka ne doivent pas être perçus comme un peuple en marge, mais comme une communauté sage, valeureuse et riche de traditions. Cette rencontre à l’IFC Douala a mis en lumière un héritage culturel unique, porteur de valeurs universelles, et qui mérite d’être mieux connu dans le paysage culturel camerounais et africain.
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Rosy Mireille NANJIP





