Convaincu que la langue maternelle constitue un pilier essentiel de l’identité, Nkunkuma Man Neuh initie des cours d’ewondo en ligne afin de contribuer à la préservation et à la transmission des langues vernaculaires camerounaises à l’ère du numérique.
Comédien, patriarche et acteur culturel, Nkunkuma Man Neuh explique sa démarche à la rédaction de Laura Dave Media, qui l’a contacté pour en savoir davantage sur cette initiative culturelle portée par une vision profonde de l’héritage linguistique. Pour lui, parler sa langue ne relève ni du folklore ni d’un luxe culturel. Il s’agit d’une nécessité fondamentale. « On ne devient pas un homme complet sans connaître sa langue », affirme-t-il.

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Depuis 2017, Man Neuh mène ce combat avec constance. Il se présente comme un gardien de la tradition et du savoir ancestral. Son engagement s’enracine dans un cheminement spirituel personnel. « Mon parcours avec nos ancêtres m’a permis d’accéder à des clés que je dois transmettre à ceux qui n’ont pas reçu cet enseignement à la source », confie-t-il. Selon lui, la langue maternelle structure la pensée et relie l’individu à son histoire.
Pour Man Neuh, ne pas parler sa langue équivaut à une rupture identitaire. « Ne pas parler sa langue, c’est perdre son code d’accès », explique-t-il. Sans la langue, l’individu devient étranger à sa propre communauté. L’humour, les proverbes, la sagesse et les repères culturels perdent leur sens. « Un homme sans sa langue est comme un arbre sans racines », ajoute-t-il.
Face à une jeunesse de plus en plus connectée et souvent éloignée des réalités du village, Man Neuh choisit le numérique comme outil de transmission. « Le téléphone est devenu notre nouvel arbre à palabres », affirme-t-il. Les cours se déroulent via WhatsApp, appels vidéo et groupes organisés par niveaux, avec l’appui d’une équipe d’enseignants spécialisés.
La formation se décline en trois niveaux progressifs. Le niveau débutant met l’accent sur l’expression orale. Le niveau intermédiaire aborde la lecture et l’écriture. Le niveau avancé approfondit la compréhension des proverbes et de la sagesse ewondo, éléments centraux de la vision du monde beti.

Au-delà de l’apprentissage linguistique, Man Neuh défend une vision globale de la culture camerounaise. Il plaide pour une modernité enracinée dans les valeurs locales. « Parler ewondo aujourd’hui ne signifie pas refuser le progrès. Cela signifie avancer sans se renier », soutient-il. Son ambition est de voir émerger une génération capable de concilier langues locales et exigences contemporaines.
Pour Nkunkuma Man Neuh, préserver l’ewondo revient à préserver une vision africaine du monde. « L’Afrique peut se moderniser sans s’occidentaliser. C’est là que réside le véritable pouvoir », conclut-il.

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Sidoine FEUGUI





