L’heure des bilans de fin d’année a sonnée, et l’humoriste camerounais Moustik le Karismatik ne s’est pas encombré de faux-semblants. Dans un entretien accordé à Laura Dave Média ce 04 décembre 2025, la figure de l’humour, auréolée de plusieurs Canal 2’Or, a posé son regard sur l’année culturelle 2025 et sur la place de l’artiste au Cameroun.
Une année de mépris et de deuil
Moustik le Karismatik a été sans appel concernant 2025, la qualifiant de « catastrophe« . Il dénonce l’attitude des Camerounais et des institutions envers les créateurs, pointant du doigt une dissonance entre le dénigrement quotidien et les attentes occasionnelles.
« Je ne vais pas faire dans la langue de bois. J’ai retenu que la culture pour la majorité des Camerounais, c’est du n’importe quoi. Ça ne vaut rien.«

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L’artiste met en lumière la contradiction observée lors d’événements majeurs, citant l’exemple des dernières élections présidentielles au Cameroun. Il souligne que les artistes, méprisés toute l’année, sont soudainement sollicités pour prendre position.
« Vous faites savoir aux gens qu’ils ne sont rien et quand il faut prendre des décisions, vous voulez leur voix, vous voulez qu’ils parlent. Pourquoi ? Ils n’ont rien à vous dire. Ils ne vous doivent rien parce que honnêtement vous n’avez rien foutu pour eux.«
L’année 2025 a également été marquée par le deuil. L’humoriste exprime son indignation face à la situation de précarité dans laquelle meurent des figures culturelles. Il a fait référence aux disparitions d‘Ange Ebogo Emérent, de Kouakam Narcisse et de Ntu Finga.
« On est en train de pleurer des artistes qui sont en train de se faire enterrer comme des cons. Pourtant, ils ont donné du plaisir à tout le monde.«
Face à ce constat, il s’interroge sur l’efficacité des instances étatiques : « Est-ce qu’on a un ministère de la culture ? Je me pose des questions. Est-ce que le président de la République prend conscience de ce qu’est la place de l’artiste ? On ne sait pas. » Il insiste sur le rôle essentiel des artistes comme ambassadeurs du pays à l’international, même sans soutien.
Un public fidèle, des projets personnels
Malgré ses critiques envers le système et les pouvoirs publics, Moustik le Karismatik souligne le lien indéfectible qu’il entretient avec son public.
« Je suis sûr et certain que depuis que j’ai commencé, il y a un public qui me suit et ce public continue à me suivre peu importe ce que je pense, peu importe comment je vois les choses.«
Il conclu son bilan en réaffirmant que la motivation des artistes reste la passion et la nécessité de subvenir aux besoins de leurs familles, en dépit du manque de valorisation.

2026 : Le Taro, des collaborations, et un anniversaire
Moustik le Karismatik annonce un agenda chargé pour 2026, année qui marquera ses 16 à 17 ans de carrière.
« Pour 2026, on a le taro qui revient fort, des collaborations qui reviennent fortes« .
L’événement majeur reste un spectacle anniversaire pour marquer « d’une pierre blanche » sa longévité dans le métier.
L’artiste a exprimé son enthousiasme à l’idée de partager la scène avec des talents de la nouvelle génération. Il confie que ceux qui étaient ses « fans hier » sont désormais ses collaborateurs. L’événement sera l’occasion de « souffler ces bougies comme nous on a soufflé celle de oncle Otsama« .
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Ève-Pérec N.BEHALAL





