Simon Patrice Minko’o Minko’o, plus connu sous le nom de Koppo, est bien plus qu’un rappeur : c’est un miroir de la société camerounaise. Né le 16 janvier 1976 à Yaoundé, celui qui a célébré son cinquantième anniversaire le 16 janvier 2026 demeure une figure incontournable de la culture urbaine d’Afrique centrale.

Des planches de théâtre au micro
Fils d’enseignant, Koppo s’inscrit en Arts du spectacle à l’Université de Yaoundé I. C’est d’abord comme comédien qu’il se fait un nom, notamment dans l’émission satirique « Just For Fun » et la sitcom culte « Cité Campus » en 2003. Cette formation théâtrale sera la clé de son succès musical : son sens de la mise en scène et son humour percutant transparaissent dans chaque texte.

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L’explosion « Si tu vois ma go »
En 2004, sous l’aile de Blick Bassy, il sort son premier album, « Je Go« . Le titre phare, « Si tu vois ma go« , devient instantanément un hymne national. En utilisant le Camfranglais (mélange de français, anglais et langues locales), Koppo brise les barrières linguistiques et donne une identité propre au rap camerounais.
L’album est un triomphe, raflant les prix de « Révélation musicale » aux Canal d’Or et à la CRTV.
Une carrière entre éclipses et retours gagnants
On ne peut comprendre la profondeur de l’homme sans évoquer le 21 octobre 2016. Ce jour-là, Koppo se trouvait à bord du train Intercity qui a déraillé à Éséka, l’une des pires catastrophes ferroviaires de l’histoire du Cameroun. Rescapé de ce drame qui a fait des dizaines de victimes, l’artiste en est ressorti profondément transformé. Ce « frôlement de la mort » a agi comme un électrochoc, le poussant à rompre un silence musical de treize ans pour revenir avec le titre symbolique « Gromologie » en 2017.

Ce titre moque avec finesse la grandiloquence des intellectuels déconnectés du peuple.
En 2021, il confirme sa longévité avec l’album EBOTAN (qui signifie « Bénédiction »). Collaborant avec la nouvelle génération, comme Magasco sur le titre « Together« , il prouve que son verbe n’a rien perdu de sa superbe. Son style, à la croisée du rap, du slam et du bikutsi, continue d’éduquer tout en faisant danser.
Un artiste ancré dans le monde du travail
Contrairement à beaucoup de stars qui ne vivent que de leurs droits d’auteur, Koppo a toujours cultivé un profil « hybride« . En plus de sa carrière musicale, il est également employé au sein de la CAMTEL (la compagnie nationale de téléphonie du Cameroun). Ce poste lui assure une stabilité professionnelle et illustre sa vision de l’artiste citoyen, pleinement intégré dans la vie active de son pays.

Vie privée, le socle familial
Derrière le « pote » décontracté du micro se cache un homme de valeurs, très attaché à sa famille. Koppo est père de quatre enfants. S’il est resté longtemps discret sur son jardin secret, on sait qu’il a franchi une étape majeure en juillet 2019 en se mariant officiellement. Pour lui, la famille est son ancrage, celui qui lui a permis de garder les pieds sur terre.
Un héritage vivant
Koppo n’est pas seulement un musicien, c’est un « copain » (sens de son pseudonyme) qui a su transformer l’argot des rues en une arme de construction massive de la fierté camerounaise. À 50 ans passés, il reste le sage du « kwatt« , celui qui dit tout haut ce que les autres pensent tout bas avec une élégance linguistique rare.

Ève-Pérec N.BEHALAL





