Dans une vidéo publiée hier sur sa page Facebook, l’artiste camerounais Kocee interpelle les acteurs culturels camerounais sur la dégradation du secteur du divertissement. Face à cette sortie, la rédaction de Laura Dave Média a contacté, le mercredi 12 novembre 2025, Gervais Ngongang, producteur et CEO de Big Dreams Production, pour recueillir son analyse sur l’état du milieu artistique et culturel camerounais.

Émulation brisée : un oui et non nuancé
Interrogé sur la santé de l’industrie du divertissement en général et l’industrie musicale en particulier , Gervais Ngongang adopte une position équilibrée: «Concernant l’industrie musicale camerounaise qui, selon certains, se meurt… est-ce que je confirme ? Je dirais oui et non », déclare-t-il, avant d’expliquer cette dualité. D’un côté, « oui, parce qu’il n’y a plus vraiment d’émulation autour de la musique camerounaise » ; de l’autre, « non, parce qu’il existe encore des artistes qui travaillent, qui sortent des projets, mais qui manquent de visibilité ».

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Politique absente : frein à la professionnalisation
Pensant aux causes structurelles, le producteur pointe un vide institutionnel majeur. « Ce qui bloque la professionnalisation et la rentabilité du secteur du divertissement au Cameroun, c’est avant tout l’absence d’une véritable politique culturelle nationale », a-t-il affirmé. Sans cadre étatique, les artistes peinent à s’épanouir. Il relie cette précarité au contexte socio-économique : « Dans la pyramide des besoins, la musique vient après l’alimentation, la santé et le logement. Si le pays va mal, la culture en souffre aussi. »
Talent isolé : l’industrie au-delà des artistes
Sur la question du potentiel camerounais qui reste inexploité, Gervais Ngongang répond : « Pourquoi, malgré nos talents, nous n’arrivons pas à bâtir une vraie industrie ? La réponse est dans la question. » Le talent seul ne suffit pas ; « une industrie, ce n’est pas que des artistes, c’est aussi des investisseurs, des communicants, des médias, un État qui fixe une politique culturelle claire et un public qui soutient la production nationale ».
Responsabilité partagée : appel à l’équilibre systémique
Refusant les accusations unilatérales, il insiste sur la chaîne complète. « Je ne vais pas accuser une seulement catégorie », dit-il, soulignant que « tout repose sur un écosystème équilibré ». L’État doit agir en priorité : « Définir une politique culturelle forte et reconnaître la culture comme moteur de développement économique ».
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Solutions : renforcement et régulation
Enfin, le producteur propose des pistes précises. « Si j’ai une recommandation, ce serait de renforcer la politique culturelle », conclut-il, listant : quotas de diffusion avec le ministère de la Communication, subventions améliorées, sponsoring privé encouragé et meilleure gestion des fonds publics. Des producteurs indépendants existent, mais « il faut que tout le reste suive : la régulation, le financement, la gestion et le management ».

Gervais Ngongang, un architecte de la musique urbaine camerounaise.
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William Nlep





