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Football ou culture : le Cameroun face à un choix de société ?

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La polémique lancée par le réalisateur camerounais Francis Téné K sur l’allocation des ressources publiques entre sport et culture relance un débat au Cameroun. En cause : près de 5 milliards de FCFA mobilisés par l’État pour la participation des Lions Indomptables à la CAN Maroc 2025, alors que le secteur culturel peine à bénéficier d’un financement structurant. Entre indignation citoyenne, analyse économique et enjeux de rayonnement national, Laura Dave Media croise les regards pour interroger une question centrale : faut-il vraiment choisir entre football et culture pour construire une nation ?
Dans une publication relayée sur les réseaux sociaux, Francis Téné K dénonce ce qu’il considère comme une incohérence structurelle.
« Dans un pays où les salles de spectacles sont des restaurants, l’État débloque 5 milliards FCFA pour une compétition sportive ponctuelle », écrit-il, pointant l’absence d’infrastructures culturelles viables et l’impossibilité pour les artistes de tourner ou de diffuser leurs œuvres sur le territoire national.

Pour le réalisateur, la comparaison est éloquente. Le budget annuel du ministère des Arts et de la Culture pour l’exercice 2026 s’élève à 10,418 milliards de FCFA avec une augmentation de 3,16 milliards FCFA, soit plus de 13,94 %, par rapport à l’exercice précédent. Pourtant, le Ministère des Sports et l’Education physique a annoncé le 13 décembre dernier l’allocation de plus de 5 milliards de Francs CFA pour couvrir tous les besoins de l’équipe. Dans ce budget, 1,3 milliard de Francs CFA sera destiné aux primes des joueurs. « Ce que disent ces chiffres, ce sont les priorités de l’État », insiste Francis Téné K appelant à une vision capable de considérer la culture comme un investissement productif, générateur d’emplois et de revenus durables.

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Sport et culture : un déséquilibre structurel assumé ?

Interpellée par certains internautes sur le fait de « ne regarder que les 5 milliards du football », Francis Téné K précise qu’il ne s’agit pas d’attaquer le sport, mais bien d’interroger la cohérence globale des politiques publiques. Selon lui, un ministère chargé du cinéma, de la musique, du patrimoine, du livre et des arts vivants ne peut remplir efficacement ses missions avec des marges budgétaires aussi limitées, une fois les charges administratives couvertes.

Pour le cinéaste, « il ne s’agit pas d’opposer sport et culture », mais de questionner une hiérarchisation implicite qui marginalise la culture dans la construction de l’imaginaire national. « Une nation ne se construit pas uniquement avec des trophées, mais aussi avec la mémoire et la culture », soutient-il.

Frank Ghislain Onguene

Le regard du marketing sportif : le poids symbolique du football

Contacté par la rédaction de Laura Dave Media, Frank Ghislain Onguene, spécialiste en gouvernance internationale du sport, reconnaît la légitimité du malaise exprimé. Il rappelle toutefois que le football joue un rôle stratégique dans le rayonnement international du Cameroun. « Le sport est aujourd’hui notre principal levier de Nation Branding », explique-t-il.

Selon lui, les retombées du sport ne se mesurent pas en chiffres immédiats. L’image du Cameroun à l’international, portée par ses athlètes et ses footballeurs, génère des effets sur le tourisme, l’attractivité économique et la diplomatie. « Beaucoup découvrent le Cameroun parce que c’est le pays de Roger Milla ou de Samuel Eto’o », souligne-t-il, tout en admettant que cette réussite sportive ne devrait pas se faire au détriment de la culture.

Frank Ghislain Onguene

Faut-il vraiment choisir ? Vers une vision

Pour Frank Ghislain Onguene, « le véritable problème n’est pas le football, mais l’absence d’une politique culturelle structurante ». Dans les modèles les plus performants, sport et culture relèvent du même écosystème économique. Il cite l’exemple des États-Unis, où l’« entertainment » constitue l’une des premières industries du pays, associant cinéma, musique et sport.

Le spécialiste plaide pour des mécanismes de financement innovants. À ce titre, il évoque le modèle gabonais, qui finance sport et culture via un fonds alimenté par les taxes sur les paris sportifs, l’alcool et le tabac. « Une approche transposable au Cameroun, où ces secteurs connaissent une forte croissance. »

Culture et sport, un même combat pour l’avenir

Au-delà de la polémique, le débat soulevé par Francis Téné K met en lumière une question centrale : quelle vision de développement le Cameroun souhaite-t-il construire ? Le football reste un puissant vecteur de fierté nationale, mais la culture demeure un pilier essentiel de l’identité, de la transmission et de la créativité collective.

Plutôt que de choisir entre célébrer 90 minutes de football ou bâtir 90 ans de culture, le défi semble résider dans la capacité de l’État à penser une stratégie globale, où sport et industries culturelles deviennent des leviers complémentaires de développement économique, social et symbolique.

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Sidoine FEUGUI

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