La 24ᵉ édition du Festi-Bikutsi s’est ouverte ce 25 novembre 2025 au Camp artistique Lada, à Yaoundé, marquant un nouveau chapitre dans l’histoire de l’un des plus anciens festivals musicaux du Cameroun. Sous le thème « Zen », « Le Chemin », l’évènement célèbre autant la mémoire du passé que le dynamisme de la scène artistique actuelle. Entre hommages, innovations et transmission, les organisateurs dévoilent les dessous de cette édition anniversaire.
Aux origines : un espace pour faire vivre le rythme du Beti
Créé il y a près de trois décennies, le Festi-Bikutsi est né d’une volonté simple mais essentielle : offrir une scène dédiée au bikutsi, ce rythme identitaire de la culture Beti, et promouvoir les artistes qui en portent les couleurs. À ses débuts, l’objectif était surtout de sauvegarder une esthétique musicale en pleine mutation, menacée par la montée des influences étrangères. « Depuis sa création en 1995, le Festi-Bikutsi est devenu un rendez-vous majeur des musiques bantoues, réunissant près de 1500 artistes confirmés et révélant de nombreux jeunes talents. Le festival a traversé les frontières, de Dakar au Stade de l’Amitié, et continue de promouvoir la paix, l’unité nationale et le patrimoine culturel camerounais. Après 30 ans, il affiche un nouveau visage et s’ouvre aux opportunités digitales et aux échanges entre aires culturelles. », souligne Gregoire Nguema, Directeur de la communication du Festi- Bikutsi.

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Un festival façonné par les grandes figures de la musique camerounaise
En 24 éditions, plusieurs moments ont marqué le tournant du Festi-Bikutsi. Pour Gregoire Nguema, l’ouverture progressive du festival aux musiques bantoues a été décisive. Ce choix a permis d’élargir l’audience tout en renforçant l’identité panafricaine du rendez-vous. « Le festival a évolué avec la montée en puissance d’artistes nationaux et internationaux. Des prestations au Bénin, Sénégal et ailleurs ont permis d’ouvrir le Bikutsi au monde, tout en accueillant des stars comme Petit Pays, Manu Dibango et Ben Decca. »

Préserver l’authenticité, séduire la jeunesse
L’un des grands défis du Festi-Bikutsi reste l’équilibre entre tradition et modernité. Pour maintenir cet ancrage, l’équipe mise sur une programmation mixte : artistes confirmés, jeunes talents, performances modernes, instrumentation traditionnelle.
« Le Festi-Bikutsi est resté focus sur l’authenticité des musiques bantoues, en valorisant la culture camerounaise et en offrant aux jeunes artistes. Une scène pour se faire connaître et promouvoir ces rythmes traditionnels. », explique Gregoire Nguema, Directeur de la communication du Festi- Bikutsi.
L’édition 2025 illustre cette philosophie avec une ouverture à des artistes venus d’autres régions (Littoral, Ouest), une manière de croiser les influences tout en conservant une colonne vertébrale Beti.
Derrière la scène : les critères d’une programmation exigeante
Pour cette 24ᵉ édition, le Comité d’organisation du Festi-Bikutsi a misé sur une programmation bâtie autour de quatre critères essentiels : l’authenticité, pour préserver l’esprit originel du bikutsi ; la diversité, en intégrant des artistes issus de différentes aires culturelles du Cameroun ; l’innovation musicale, en valorisant ceux qui expérimentent de nouvelles sonorités ; et enfin l’intergénérationnel, pour créer un dialogue entre légendes, talents confirmés et jeunes voix. C’est dans cette dynamique que Léa Jin, Joe Rossy, TAO, Queen Eteme, BDA Band, Patou Bass et Atebass se retrouvent sur scène aux côtés d’artistes émergents, offrant un festival riche, ouvert et représentatif de la vitalité actuelle du Bikutsi.

Une édition préparée dans un contexte difficile
Cette édition est présentée comme « très attendue » par les organisateurs. Malgré les défis logistiques, le Comité d’organisation affirme avoir tenu le cap grâce à une équipe soudée et des partenaires mobilisés : « Les défis principaux étaient l’organisation dans le contexte socio-politique et rendre hommage à l’artiste Ange Ebogo. Grâce aux mesures sécuritaires et à l’encadrement du comité, le festival peut se dérouler sereinement. », précise t-il.
Transmettre pour durer : la vision des prochaines années
À l’aube de son 30ᵉ anniversaire, célébré l’année prochaine, le Festi-Bikutsi veut renforcer son rôle de passeur culturel. L’ambition est claire : faire du festival une plateforme durable de formation, de mémoire et d’expression musicale. « L’avenir du Bikutsi est positif : le festival forme désormais les artistes à la professionnalisation et aux opportunités digitales, pour qu’ils puissent générer des revenus et se mettre en vitrine, au-delà de la simple performance musicale.
», conclut Gregoire Nguema
Un rendez-vous fédérateur
Entre soirées thématiques, performances live, gastronomie, expositions et hommages, cette édition 2025 promet cinq jours d’intense effervescence culturelle. Plus qu’un festival, le Festi-Bikutsi demeure une célébration vivante de la création camerounaise et un pont entre passé, présent et avenir.

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Diane Laure MISSEKOU





