À l’approche de la fin d’année, le débat sur la valorisation des artistes camerounais refait surface. L’affaire Cysoul, dont le cachet de 4 millions FCFA pour une prestation de 30 minutes lors d’un mariage à Yaoundé a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, illustre la tension entre talent local et attentes du public. Entre critiques, incompréhension et défense de son travail, cette polémique soulève une question récurrente : les Camerounais savent-ils soutenir leurs artistes avant qu’ils ne soient victimes de la vindicte populaire ?
Quand le talent local choque les internautes
La polémique a enflammé la toile ces derniers jours : Mercedes Adouce, une internaute camerounaise, a vivement critiqué l’artiste Cysoul après avoir appris que ce dernier demandait 4 millions de FCFA, deux chambres d’hôtel et 40 palettes d’eau pour chanter cinq chansons lors d’un mariage à Yaoundé. Dans un post devenu viral, elle s’interrogeait : « Cysoul, je demande ein, pour chanter 30 minutes à un mariage 5 chansons, tu demandes 4 millions, deux chambres d’hôtel avec 40 palettes d’eau… c’est pas un peu exagéré ?»
Ce commentaire a provoqué un déluge de réactions, certains estimant que le cachet était justifié par le talent et le statut de l’artiste, d’autres jugeant la somme déconnectée de la réalité économique des particuliers.

Pour ne rien rater sur l’actualité people abonnez-vous à notre chaîne whatsapp…👇🏿👇🏿
https://whatsapp.com/channel/0029Vax9xnDA89MjE14EYO2Q
Le prix du talent : Cysoul dans la ligne de mire
Pour comprendre le débat, il faut rappeler que Cysoul n’est pas un artiste ordinaire. Avec quatre albums à son actif et une carrière reconnue internationalement, il fait partie des artistes camerounais les plus accomplis et respectés. Ses fans rappellent que ces 4 millions FCFA ne représentent pas seulement une prestation de 30 minutes, mais des années de travail, de sacrifices et de création. Comme le souligne Diane Mekongo : « Nombreux s’essaient, très peu excellent… Le Cysoul d’hier aurait probablement couru pour la dîme de cette somme, parfois pour beaucoup moins. Aujourd’hui il mérite bien une part de ce gâteau.»

Un débat récurrent pour les artistes camerounais
L’affaire Cysoul n’est pas un cas isolé. Au Cameroun, il est courant que les artistes soient jugés « trop chers » ou que leurs cachets soient critiqués, alors que la même somme pour un artiste étranger est souvent acceptée sans sourciller.
Des cas similaires ont été observés récemment : En 2023, Stanley Enow avait été critiqué pour son cachet lors d’un concert privé, alors que ses prestations à l’international étaient beaucoup plus coûteuses.
Locko et Charlotte Dipanda ont eux aussi fait face à des controverses lorsque leurs tarifs pour des mariages ou événements privés ont été jugés « exorbitants » par certains internautes. Ces situations révèlent un problème plus profond : le manque de valorisation du talent local et la tendance à préférer les musiques étrangères, malgré la richesse de la scène camerounaise.


Solutions pour un équilibre
Plusieurs voix s’élèvent pour proposer des solutions afin de réconcilier les artistes et le public : Tarifs modulables : adapter le prix selon le type d’événement (privé ou professionnel). Concerts accessibles : organiser des événements à prix abordables pour les fans. Packages pour particuliers : proposer des prestations plus courtes et adaptées aux budgets limités.
Mercedes Adouce, malgré sa critique, souligne elle-même l’importance de valoriser les artistes tout en respectant la réalité économique des gens. L’objectif : rendre l’art accessible tout en assurant que les créateurs soient justement rémunérés.

Patriotisme culturel et mentalité : le vrai enjeu
Comme le rappelle le post viral :
« Il n’y a qu’au Cameroun qu’un artiste comme Cysoul puisse mourir pauvre parce qu’on préfère jouer les musiques étrangères… quand quelqu’un excelle, on souhaite le voir tomber pour se moquer de lui. » Ce débat de fin d’année met en lumière la nécessité pour le public camerounais de changer de mentalité, soutenir ses artistes et reconnaître la valeur du travail culturel. Plus qu’un simple cachet, c’est une question de respect et de patriotisme culturel.
Le cas Cysoul est emblématique : un artiste reconnu, confronté aux jugements et à l’incompréhension de certains compatriotes. La polémique autour des 4 millions FCFA illustre la tension entre valorisation du talent et réalité économique, mais aussi la question du soutien aux artistes camerounais.
Pour que la scène culturelle camerounaise prospère, il est urgent de repenser notre rapport au talent local, non pas seulement quand il souffre ou fait scandale, mais tous les jours.

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à cliquer ici
Diane Laure MISSEKOU





