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Culture et musique au Cameroun: quand chanter dans une langue devient un acte de résistance artistique

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La récente polémique autour de la reprise de « Ebonga Londo » de Mama Nguea par l’artiste Ulanda a dépassé le cadre d’une simple interprétation musicale. Elle a remis sur la table une question sensible mais essentielle : qui a le droit de chanter quoi au Cameroun ? Et à quel moment la défense de l’identité culturelle bascule-t-elle vers l’exclusion artistique ?

« Je suis avant tout Camerounaise » : la mise au point d’Ulanda

Face aux critiques, Ulanda a choisi de s’exprimer. Dans une déclaration, elle confie :
« J’ai fait face à de vives critiques pour avoir osé reprendre une chanson duala, et je ne peux m’empêcher de penser que cela est lié au fait que je ne sois pas duala et que je sois anglophone. »

Culture et musique au Cameroun: quand chanter dans une langue devient un acte de résistance artistique

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L’artiste rappelle que son parcours musical est ancré dans le makossa, une musique qui a bercé son enfance, indépendamment des frontières linguistiques : « J’ai commencé ma carrière en chantant le makossa et en m’inspirant des grands, car c’est la musique qui a façonné mon enfance. Je suis avant tout Camerounaise. »

Elle insiste également sur l’éducation culturelle reçue au sein de sa famille :
« Mon père m’a appris des chansons duala, me transmettant ainsi l’amour de la richesse et de la diversité du patrimoine musical de notre pays. »

La récente polémique autour de la reprise de « Ebonga Londo » de Mama Nguea par l’artiste Ulanda a dépassé le cadre d’une simple

Prononciation, langue et légitimité : un procès injuste ?

Ulanda reconnaît les limites naturelles liées à son parcours linguistique, sans pour autant accepter la disqualification artistique : « Ma première langue est l’anglais. J’ai grandi entourée de personnes du Sud-Ouest, où l’ejagham et le kényang sont les dialectes les plus courants. Il est donc possible que ma prononciation ne soit jamais parfaite. » Mais pour elle, l’essentiel est ailleurs : « Chaque fois que je chante dans une autre langue, j’y mets tout mon cœur. J’écoute, je fais des recherches, je m’efforce d’avoir la meilleure prononciation possible. » Une démarche de respect, de recherche et d’hommage, loin de toute appropriation opportuniste.

Ulanda n’est pas un cas isolé : quand d’autres artistes ont vécu la même chose

Le débat soulevé par cette affaire n’est pas nouveau dans l’industrie musicale camerounaise.

Charlotte Dipanda

Souvent saluée pour son attachement aux langues locales, elle a pourtant été critiquée à certaines périodes pour chanter dans des langues qui ne correspondaient pas strictement à son origine ethnique. L’artiste avait alors rappelé que la musique traditionnelle camerounaise est un héritage collectif.

Blick Bassy

Chantre de la langue bassa, il a plusieurs fois défendu l’idée que la langue est un instrument artistique, pas une frontière identitaire, appelant à une culture camerounaise « ouverte et consciente de sa diversité ».

Bébé Manga (paix à son âme)
Souvent cité par Ulanda elle-même, l’icône du makossa, originaire de la région bayangui , a marqué une musique pourtant associée historiquement à la communauté duala, preuve que le talent a toujours transcendé l’origine.

Ces exemples rappellent une réalité historique : la musique camerounaise s’est construite dans le brassage, pas dans le cloisonnement.

« Je refuse d’être enfermée dans une case » : un message pour l’avenir

Ulanda l’affirme sans détour : « Je refuse d’être enfermée dans une case ou de me faire dicter les genres que je peux explorer ou les langues que je peux utiliser. »
Mieux encore, elle ouvre la porte à d’autres explorations : « Ne soyez pas surpris si ma prochaine chanson intègre des influences haoussa ou peules. » Un message fort, dans un contexte où l’industrie musicale camerounaise cherche à s’unir pour exister davantage à l’international.

Défendre la culture sans l’enfermer

La polémique autour de « Ebonga Londo » révèle une tension réelle entre préservation culturelle et liberté artistique.
Mais elle pose surtout une question fondamentale pour l’avenir : Peut-on défendre une culture en refusant qu’elle soit partagée ? Urlanda, sans nier les sensibilités, appelle à l’indulgence et à l’ouverture : « Célébrons ensemble la magnifique diversité du Cameroun. »
Un appel qui dépasse son cas personnel et interpelle toute une industrie.

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Diane Laure MISSEKOU

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