À l’occasion de la deuxième journée du programme Betchakala, consacré à la mise en couleur de plusieurs quartiers de Douala, la rédaction de Laura Dave Média a rencontré ce jeudi 20 novembre 2025 l’un des artistes plasticiens sélectionnés Abdoulaye Sali, alias Abdal Amara. Au pied de sa fresque en cours de réalisation, l’artiste revient longuement sur son inspiration, son message et ses attentes envers les autorités.
Une fresque qui célèbre la force de la femme africaine
Debout face au mur encore en construction artistique, Abdal Amara explique son travail avec passion. « Actuellement, je suis en train de fixer le dessin… on essaye de former la femme en place et ensuite on va les remplir », confie-t-il. Ce qui lui permet d’expliquer pourquoi il a choisi ce thème : « En fait, je dessine la femme qui porte son enfant… une image qui renvoie à la femme africaine, la femme des quartiers précaires, responsable, attachée à ses valeurs. » Selon lui, cette figure représente la dignité, la maturité et la résilience. Ainsi, par cette fresque, il souhaite transmettre un message clair.

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Donner fierté et conscience à la communauté
Pour Abdal Amara, chaque trait n’est pas un simple geste artistique, mais une manière de sensibiliser. Il détaille : « Je voudrais que les parents, en passant, soient fiers… parce que j’essaye de valoriser cette femme-là, responsable, qui incarne les valeurs africaines. » il insiste sur l’importance de la transmission : « C’est un peu pour dire aux enfants : respectez vos parents, spécialement vos mères, car elle est la mère de l’humanité. » Son œuvre devient alors un miroir social, invitant chacun à réfléchir sur sa place, son rôle et son héritage culturel.
Une première participation au Betchakala réussie
Abdal Amara ne cache pas sa satisfaction quant à l’organisation du programme. « Pour ma première participation, tout se passe bien depuis la préparation… Les réunions avec Monsieur Didier et les autres étaient très conviviales, très fructueuses », souligne-t-il. Grâce à une transition naturelle vers le soutien logistique, il reconnaît : « On a mis tout le matériel à notre disposition pour la réalisation des fresques. » Cet accompagnement renforce son engagement et confirme, selon lui, que l’art urbain peut véritablement transformer l’espace et les mentalités.

Un plaidoyer pour la reconnaissance des artistes
Enfin, l’artiste profite de l’initiative pour adresser un message aux autorités. Il plaide ouvertement : « Ils doivent nous valoriser un peu plus, nous donner un statut… Actuellement l’artiste au Cameroun n’a pas de statut. » Grâce à cette transition, il insiste sur la nécessité d’infrastructures culturelles adaptées : « Qu’on nous donne des espaces pour nous exprimer : des bibliothèques, des espaces d’art… L’art n’est pas juste pour le décor, c’est toute une réflexion, une façon de penser. » Pour Abdal Amara, soutenir les artistes, c’est soutenir la conscience collective. « L’art, c’est un peu la conscience de tout ce qui s’est brisé », conclut-il.

Be Tchakala 2025 : quand les artistes décident de transformer Douala.
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William Nlep





