À 39 ans, PA’AKA JOB Wilson, connu sous le nom LeJobist, s’impose comme l’un des artistes les plus marquants de la nouvelle scène visuelle camerounaise. Installé à Douala, il revendique un univers où la couleur devient récit, vibration et revendication.
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Né dans la chaleur de Mbanga, révélé par les rues de Douala
Né le 28 décembre 1985 à Mbanga, fils de Djeutane Joseph et Noumbo Angelle, LeJobist grandit au rythme de Douala, dont les rues deviendront très tôt son premier terrain d’expression. La ville devient son musée, les murs ses pages blanches, et les couleurs, sa langue maternelle.
Il le résume simplement :
« Je ne serai jamais un artiste silencieux. »

Un académicien devenu explorateur visuel
Titulaire d’un Master 1 en Arts plastiques et Histoire de l’art à l’Université de Yaoundé I, il aurait pu suivre la route rassurante des galeries sages et des expositions codifiées. Mais non. LeJobist choisit la liberté. Il développe une pratique plurielle : arts plastiques, illustration, graffiti, VFX, art numérique, NFT…
Un kaléidoscope créatif qui fait exploser les frontières et révèle sa signature :
un art viscéral, vibrant, hybride.
« L’art n’a pas de frontières. Ce qui m’inspire c’est la nature et bien-sûr les relations qui existent entre les êtres humains. La manière de se comporter. Ce qui en ressort est sources d’inspiration. Je me penche beaucoup plus sur le corps humain et la femme en particulier, qui transmet mieux les émotions. »
Be Tchakala / DOMAF 2025 : l’art en grand, l’art dehors
Durant cette période du 19 au 23 novembre 2025, il est l’un des artistes centraux de Be Tchakala, immense projet mural qui prépare la scène du DOMAF 2025.
Une vingtaine d’artistes, 96 heures de création non-stop, des quartiers populaires transformés en musée vivant. Pour LeJobist, ce n’est pas juste un événement : c’est un retour aux sources.
« BE TCHAKALA c’est déjà un festival. C’est une première et c’est un test. Graffer Douala, c’est dialoguer avec la ville. Chaque mur est une respiration. Je vis ma participation comme quelque chose de précurseur. L’objectif c’est qu’on amène l’art vers les populations, au plus profond des quartiers, pour que toute personne s’y intéresse. »

La fresque : un récit à ciel ouvert
Pour cette édition, LeJobist a préparé une fresque comme une histoire : celle d’une ville qui renaît chaque matin, brûlante d’énergie. « Dans cette fresque, l’objectif est de mettre en avant et valoriser la culture Sawa. C’est une sorte de tenue d’apparat portée par des princes. »
Ses œuvres, intenses et lumineuses, cherchent toujours à toucher le plus intime chez ceux qui les regardent. Et souvent, elles y parviennent. Derrière l’artiste, LeJobist se révèle en confidences : « Je suis un enfant de Banga, façonné par Douala. Peindre était une façon d’exister », dit-il de ses débuts, avant de définir son style comme un croisement permanent, un refus de “la ligne droite”.
Ce qu’il cherche, avant tout, c’est l’émotion : « mon but premier, c’est de faire en sorte que l’art soit valorisé à sa juste valeur. L’art est un métier à part entière. Il faut donc interpeller la société, qu’elle sache que l’art est quelque chose de primordial. ». Engagé dans le projet Be Tchakala, qu’il voit comme « une responsabilité » et une manière de marquer l’histoire du street art camerounais, il conçoit sa fresque comme un hommage aux majestés, une œuvre qui vit avec le quartier.
Ambitieux, il se projette déjà vers l’avenir : pousser plus loin la culture visuelle camerounaise. Car LeJobist, difficile à classer, relie la rue et la galerie, l’analogique et le digital, la tradition et le futur, le Cameroun et le monde.

Une étoile montante, une énergie contagieuse
Sa présence au DOMAF 2025 n’est pas un hasard. Elle est la confirmation d’un talent en pleine expansion, d’une vision claire, d’une écriture visuelle déjà incontournable. Parce que chez LeJobist, l’art n’est pas un métier. C’est une urgence. Une voix. Une manière de respirer. « Mettons Douala en couleur. Ensemble. »
Et lui, plus que jamais, est prêt à tenir le premier pinceau.
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Diane Laure MISSEKOU





