La fin d’année s’annonce, période marquée par la tenue des grandes cérémonies d’awards au Cameroun. À quelques mois de ces rendez-vous, le danseur et chorégraphe Moctar El-Salim, appelle à la création d’une catégorie “Meilleure chorégraphie” par les organisateurs. Un plaidoyer qui remet en avant la place essentielle de la danse dans l’industrie musicale et culturelle camerounaise.

Une contribution majeure, une reconnaissance mineure
Ce jeudi 18 septembre 2025, Moctar el Salim, leader de Ébène, groupe de danse à l’origine des chorégraphies de tous les hits de la chanteuse Krys M a adressé une lettre chaude aux comités d’organisation des Canal d’Or, Balafon Music Awards et autres cérémonies de récompenses au Cameroun .
L’objet ? La création d’une catégorie dédiée à la chorégraphie dans les cérémonies de récompenses au Cameroun.
Dans sa correspondance, il écrit:
« Ces dernières années, la danse a joué un rôle prépondérant dans l’évolution de la musique camerounaise, contribuant significativement à son rayonnement et à son exportation à l’échelle internationale« .
En effet, il est aujourd’hui impensable de voir un clip à succès sans une chorégraphie marquante. Les danseurs ne sont plus de simples figurants ; ils sont des créateurs, des artisans de l’identité visuelle d’une chanson.

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Pourtant, malgré cet impact indéniable, aucune catégorie de « Meilleure Chorégraphie » n’existe dans les principales cérémonies de récompenses du pays. Pour le chorégraphe, ce manquement a des conséquences sociales profondes.
Briser les stéréotypes et inspirer la jeunesse
L’un des arguments les plus poignants de Moctar el Salim concerne la perception du métier de danseur.
« Trop souvent, des parents dénient à leurs enfants la légitimité de poursuivre une carrière dans la danse, les qualifiant à tort de ‘voyous’ ou de ‘vauriens’« , déplore-t-il. Cette vision péjorative brise des carrières avant même qu’elles ne commencent.
Le Cameroun à la traîne ?
Pour appuyer sa demande, Moctar el Salim souligne que le Cameroun est en décalage par rapport à d’autres grandes messes de la musique africaine. Il cite en exemple les PRIMUD en Côte d’Ivoire ou encore les AFRIMMA Awards, qui ont déjà intégré des catégories récompensant les danseurs et chorégraphes. Ces plateformes ont compris que la performance scénique et visuelle est une composante essentielle du succès musical contemporain.


L’appel est donc lancé. Il ne s’agit pas seulement de créer une nouvelle statuette à distribuer, mais de reconnaître à sa juste valeur tout un pan de l’industrie créative camerounaise. La balle est désormais dans le camp des organisateurs. Le monde de la danse, lui, attend le premier pas.

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Ève-Pérec N.BEHALAL





