La 20ᵉ édition des championnats du monde d’athlétisme, clôturée dimanche à Tokyo, laisse un goût amer dans le camp camerounais. Comme à Budapest il y a deux ans, les Lions de l’athlétisme repartent bredouilles.
Des résultats qui ne trompent plus personne
Quatre athlètes composaient la délégation camerounaise aux Mondiaux d’athlétisme à Tokyo. Emmanuel Eseme, l’espoir du sprint camerounais, a calé en séries (10’’24 sur 100 m, 20’’61 sur 200 m). Nora Monie Atim, au disque, n’a pas dépassé les qualifications avec un jet à 55,69 m. Tandis-que La sprinteuse Hervége Kolle Etamé (11’’55 sur 100 m) et la triple sauteuse Anne-Suzanne Fosther-Katta (13,45 m) ont également quitté la scène trop tôt. Tous ont franchi le premier tour, mais aucun n’a accroché une demi-finale.



La fédération camerounaise d’athlétisme sur le banc des accusés
Face à ce constat, Ange Ntsama, ancien président de la Fédération camerounaise d’athlétisme (2004-2008), refuse de se réfugier derrière la difficulté du niveau mondial.
« Ce qui s’est passé à Tokyo était prévisible. Nos athlètes ne pouvaient pas faire grand chose. Les gens qui travaillent à la fédération sont des feignants; ils ont au moins le mérite de faire participer les athlètes « .
Un discours tranchant, qui illustre le malaise structurel d’une discipline livrée à elle-même.

Des promesses venues d’où on ne les attendait pas
Mais la déception générale cache une nuance. Pamela Njoyap, journaliste de sport souligne un paradoxe :
« Ce sont les moins attendus qui ont donné les signaux les plus encourageants. Anne-Suzanne Fosther-Katta, pour son premier mondial, signe 13,45 m au triple saut. Nora Monie Atim dépasse les 55 mètres au disque. Ce ne sont pas des marques de finale, mais elles montrent qu’il existe un potentiel inexploité. »

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L’icône Eseme face à ses propres limites
Dans ce brouillard, la frustration est encore plus grande autour d’Emmanuel Eseme. Recordman du Cameroun sur 100 m (9’’96), capable de briller en Diamond League ; le sprinteur n’a pas confirmé sur la scène planétaire. Régularité fragile, préparation perfectible : à Tokyo, il n’a jamais semblé en mesure de se mêler à la lutte. Symbole d’un talent individuel qui se heurte à des limites collectives.

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Georges Mbimbè





