L’incarcération du journaliste Brand Kamga, rédacteur en chef à Naja TV, à la prison centrale de Yaoundé, Kondengui depuis le lundi 19 janvier 2026, continue de provoquer une vive onde de choc dans le paysage médiatique camerounais. Poursuivi pour tentative d’enlèvement d’enfant dans une affaire aux ramifications complexes mêlant escroquerie sentimentale, falsification d’actes d’état civil et soupçons de réseaux organisés, le journaliste clame son innocence et dénonce une injustice.

Une affaire à multiples visages
À l’origine du dossier : la plainte d’un ressortissant français, Denis Gréard, qui affirme avoir été victime d’une escroquerie sentimentale orchestrée par Annette Josiane Wandji Njikeu, alors secrétaire à la Fédération camerounaise de Bodybuilding et Fitness (FECA-BOF). Il évoque un préjudice estimé à près de 30 000 euros, ainsi que la falsification d’un acte de naissance pour faire reconnaître en France une fillette comme étant sa fille biologique.

Pour ne rien rater sur l’actualité people abonnez-vous à notre chaîne whatsapp…👇🏿👇🏿
https://whatsapp.com/channel/0029Vax9xnDA89MjE14EYO2Q.
Cherchant à médiatiser son histoire, Denis Gréard entre en contact avec Naja TV et rencontre Brand Kamga. Selon l’accusation, le journaliste aurait demandé 800 euros pour traiter l’affaire avant de se rétracter, évoquant un réseau mafieux puissant. Ce revirement est aujourd’hui interprété par les autorités comme un possible élément de complicité.
« Je ne connais ni la fille, ni son école », la parole de Brand Kamga
Mais Brand Kamga, de son côté, rejette toute implication criminelle. Il affirme ne jamais avoir connu la fille concernée, ni son école, ni entretenu de contacts avec la plaignante depuis la confrontation de mai 2025. Dans une note rendue publique depuis sa cellule, il écrit : « Je ne connais ni la fille ni son école. Je n’ai jamais échangé par quelque canal que ce soit avec la dame depuis la confrontation en mai. Je me retrouve prisonnier d’un acte criminel traité au TPI d’Ekounou au lieu du TGI du Mfoundi, pour une accusation dont je ne me reconnais point. »
À l’audience, l’absence même de la plaignante et le flou autour de la partie civile ont alimenté de nombreuses interrogations au sein de la défense et de l’opinion.

Une procédure qui interroge
Me Hippolyte BT Meli, avocat de la défense, dénonce une procédure confuse :
« Nous sommes dans une procédure de flagrant délit sans flagrance réelle. Une accusation grave sans accusatrice présente. Et pourtant, on maintient mon client en prison. » À l’audience du TPI d’Ekounou, malgré l’absence de la plaignante, le ministère public a obtenu un renvoi, et Brand Kamga est retourné à Kondengui en attendant la prochaine date.
La mobilisation des confrères
Dans la presse et sur les réseaux sociaux, les réactions sont nombreuses. Journalistes, animateurs et acteurs de la société civile s’indignent.
Patricia Laure Naoussi, présentatrice TV et radio :« Un journaliste n’est pas un ennemi. Un journaliste est un pilier de la vérité. Rien ne doit justifier l’intimidation de la presse. » Charles Chacot Chime, journaliste de veille : « Kondengui devient une salle d’attente judiciaire. On enferme faute d’arguments, on renvoie faute de preuves.» Pour Abdoulaye Raman : « La place d’un journaliste, ce n’est pas en prison. C’est derrière son micro, plume en main. » et Angie Forbin : « Libérez Brand Kamga. Il est poursuivi pour un crime qu’il n’a pas commis. »



La sortie de Lile Piedjou : un cri du cœur
La journaliste Lile Piedjou et ancienne collègue de Brand est montée au créneau avec une réaction particulièrement virulente : « Libérez l’enfant d’autrui.
C’est quoi cette manière de faire ?
Qui a-t-il tué pour qu’on l’emmène à Kondengui comme un simple colis ?
Libérez-le. C’est un père de famille.
Dans quel pays ne respecte-t-on pas un journaliste ? Même s’il y avait un problème, est-ce à Kondengui qu’on devait le jeter ? Quelle procédure légale justifie un tel traitement ? Libérez-le ! »

Ses propos traduisent le sentiment d’indignation qui traverse une grande partie de la corporation, pour qui l’image d’un journaliste menotté et écroué à Kondengui symbolise une dérive.
Liberté de la presse ou responsabilité pénale ?
Entre soutien massif, doutes, émotions et exigences de vérité, ce dossier dépasse la personne de Brand Kamga. Il met à l’épreuve l’indépendance de la presse, la crédibilité de la justice et la capacité de l’État à garantir à la fois la sécurité juridique et la liberté d’expression. L’audience est prévue le 3 février 2026.
Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à cliquer ici
Diane Laure MISSEKOU





