À six jours du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 au Maroc, l’infrastructure est au point, l’ambiance monte dans les six villes hôtes, et la logistique semble maîtrisée. Pourtant, un élément essentiel manque à l’appel : l’hymne officiel du tournoi.
Alors que les hymnes fédérateurs comme « Akwaba » (Côte d’Ivoire 2023) ou les classiques d’éditions passées sont le véritable pouls émotionnel de la CAN, l’absence d’une bande-son officielle si proche du lancement soulève des questions sur la place accordée à la dimension culturelle de l’événement.
Au Maroc : Infrastructures 1 – Culture 0
Le Maroc a fait du développement des infrastructures sportives une priorité absolue, investissant massivement dans la rénovation de ses stades pour garantir une CAN à la hauteur de ses ambitions. Cet effort est unanimement salué par les observateurs sur place.
Adil Benmalek, Journaliste marocain/Rédacteur en chef chez Derby (hebdomadaire sportif), nous confirme depuis la ville de Casablanca que l’ambiance est là, mais reste circonscrite aux préparatifs logistiques.
« Nous sommes prêts au niveau des infrastructures. On sent qu’il y a une CAN, que les gens sont prêts à accueillir. Il y a une certaine ambiance, surtout dans les six villes hôtes. Mais, côté culture, c’est encore un peu timide. »

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Ce retard dans la diffusion de l’hymne officiel, un élément traditionnellement crucial pour lancer la promotion médiatique et la vente des produits dérivés est perçu comme un signe que l’accent a été mis sur le « faire-bien » logistique au détriment du « faire-sentir » émotionnel. L’hymne n’est pas qu’une chanson ; il est le signal qu’une nouvelle édition de la fête africaine est officiellement lancée.
Le précédent , quand l’hymne donnait le ton bien en amont
Historiquement, les organisateurs de la CAN s’assurent que l’hymne officiel entre en rotation bien avant le coup de sifflet initial pour permettre à la mélodie de s’ancrer dans les esprits.
Pour la CAN 2023 en Côte d’Ivoire, l’hymne « Akwaba » (interprété notamment par le groupe ivoirien Magic System, l’Égyptien Mohamed Ramadan et la Nigériane Yemi Alade) a été dévoilé le 13 octobre 2023, soit trois mois avant le début de la compétition en janvier 2024.

Pour la CAN 2021 au Cameroun, bien que l’hymne officiel ait connu diverses versions, la chanson la plus médiatisée et utilisée pour la promotion a été lancée et diffusée plusieurs semaines avant le coup d’envoi en janvier 2022.
L’attente se fait d’autant plus longue que, même si l’artiste égyptien Mohamed Ramadan (déjà impliqué dans « Akwaba ») a laissé fuiter son implication pour un tournage à Marrakech, aucune annonce officielle n’a encore été faite, maintenant le continent dans le flou total.
Le cas camerounais : quand le soutien officiel manque
L’absence d’effervescence culturelle marocaine fait aussi écho à la lassitude de certains artistes dans d’autres pays africains dont le Cameroun, où le patriotisme artistique s’épuise faute de soutien.
Le groupe musical Baladji Kwata, connu pour ses chansons à succès en soutien aux Lions Indomptables, a fait le choix de ne pas produire de nouvel hymne pour cette CAN, citant le manque d’accompagnement :
Meknel, Leader du groupe Baladji Kwata nous explique par téléphone :
« Les expériences qu’on a eues avec les sons de la CAN nous ont certes révélés, mais il y a aussi beaucoup d’indifférence de la part des autorités. Pas d’accompagnement. Nous le faisons pour les Lions, les supporters, mais eux-mêmes ne relaient pas nos efforts. Nous préparons un album qui nous prend énormément de temps. »

L’indifférence des autorités sportives face aux efforts culturels décourage la création, et c’est finalement la richesse du patrimoine musical africain qui en pâtit.
À J-6, si le Maroc semble fin prêt pour la bataille sportive, l’Afrique attend toujours le signal sonore, la mélodie qui fera danser tout le continent. Espérons que l’hymne, une fois dévoilé lors de l’ouverture, saura rattraper le temps perdu et enflammer la fête !

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Ève-Pérec N.BEHALAL





