« Avant de partir, grand-père m’a appris comment dessiner… et moi j’ai dit que quand je vais grandir, je vais faire comme il a fait là. » La voix de Saïd Soro, petit-fils de Koko Komégné, ouvre une journée d’adieux empreinte de tendresse et de gratitude. Ce vendredi 12 décembre 2025, à la garnison militaire de Douala, la levée de corps de l’artiste marque le début d’un hommage populaire et artistique à la hauteur de son aura.

Une ville en deuil, une communauté en gratitude
La Communauté Urbaine rend hommage à l’un de ses bâtisseurs visuels, disparu le 28 octobre 2025. Celui qui a raconté Douala depuis son adolescence et qui a contribué à façonner son identité artistique, a réunit aujourd’hui artistes, familles, institutions, disciples et anonymes.
Son fils unique, Thierry Kouamo, résume l’état d’esprit de la famille : « Nous sommes abattus depuis son départ, mais nous avons choisi de le célébrer, de l’honorer et de tendre vivantes les valeurs qu’il nous a transmises… Maintenant qu’il n’est plus, nous ne pouvons que prier pour le repos de son âme. »

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« Un philosophe, un enseignant éveillé » : les artistes prennent la parole
Au-delà du deuil, les artistes qui ont grandi, créé ou combattu avec lui portent un témoignage chargé d’admiration. « Koko n’a pensé que de l’art », Sumegne Joseph Francis
L’artiste plasticien et sculpteur, compagnon de longue date, rappelle l’engagement total de Koko :
« Il a inspiré beaucoup de jeunes artistes. Koko est un philosophe doublé d’un enseignant éveillé… Il n’a vu que de l’art, n’a pensé que de l’art et n’a fait que de l’art. Ce qu’il a donné est un héritage : en œuvres, en parole, en technique, en démarche et en comportement. »

« Un rebelle nécessaire », Joël MPAH DOOH
Pour l’artiste MPAH DOOH, Koko était un moteur d’avancée par sa posture critique :
« Koko avait une très grande culture et était naturellement rebelle, il n’acceptait jamais les consensus. C’est quelqu’un qui a permis aux choses d’avancer. On perd quelqu’un de très cher. »

« L’art n’était pour lui qu’une conséquence de l’humain », Tally MBOK
Dans un témoignage intime, l’auteur multidimensionnel évoque un penseur exigeant : « Lui et moi pensons que l’homme comme projet de société doit être formé dans nos institutions. Quand l’homme est bien formé, il produit une connaissance utile. Comme Koko, je pense que l’art n’est qu’une conséquence de l’être humain. »

Un géant de l’art contemporain camerounais
Né Gaston Komégné en 1950 à Batoufam, Koko Komégné demeure l’un des pionniers de l’art contemporain au Cameroun. Autodidacte, influencé par Jean Sabatier puis par sa propre liberté esthétique, il laisse une œuvre immense : peintures, sculptures, installations, explorant l’urbain, la musique, l’humain et la mémoire africaine. Père de cinq (5) enfants, fondateur de collectifs (Cercle Maduta, CAPLIT, Kheops), initiateur de Squatt’Art, mentor exigeant et figure rebelle de création, il a marqué Douala comme peu d’artistes avant lui.

« À l’art et à l’artiste » : un adieu, mais un héritage vivant
Les mots de ses proches résonnent comme un appel : Koko Komégné n’a jamais cessé de créer, de transmettre, de bousculer.
Aujourd’hui, Douala et Batoufam lui disent au revoir, mais les couleurs qu’il a semées continuent d’habiter les rues, les ateliers et les imaginaires. Depuis l’annonce de son décès, artistes, disciples et amoureux de l’art se réunissent pour célébrer la vie d’un homme qui n’a jamais cessé d’aimer la sienne.

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Diane Laure MISSEKOU





