Makossiste dans l’âme, Joe Mboulè malgré son départ il y’a 7 ans, demeure l’une des figures qui aura hissé au panthéon la musique camerounaise au-delà de ses frontières.

Décédé le 11 octobre 2015 des suites de maladie, Georges Ludovic Njoh Mboulè de son vrai nom fait partie depuis les années 70 des précurseurs du Makossa, un style musical africain issu particulièrement de la partie côtière son pays natal le Cameroun.

Fils d’une famille de chanteurs parmi lesquels son oncle Eboa Lottin et sa cousine Charlotte Mbango, tous décédés. C’est en 1972 alors qu’il a à peine 19 ans qu’il entame sa Carrière musicale. Il livrera un an après soit en 1973, son tout premier titre  »Mpuly Mwa Salamander », une lettre d’amour qu’il adresse à une jeune fille qui fait battre son coeur. A cette époque, il est encore sur les bancs en qualité d’élève au lycée technique de Douala.

Le succès engendré par ce titre, fait grimper sa cote de popularité auprès des melomanes. Il signe quelque temps après avec le Label Français Safari Ambiance de Charles Maniatakis et Colette Lacoste où se trouvaient les chanteurs africains Angélique Kidjo, Jocelyne Labylle, Anne Marie Nzie et Annie Anzouer entre autres.

Joe Mboulè avant sa disparition, c’est 42 années à faire vibrer le public de son art autour de 4 célèbres albums qui ont bercé plus d’une génération :

  • MPULI MWA SALAMANDES sorti en 1973
  • Le Messager
  • Nouvelle Vision.
  • To Bolo

Joe Mboulè dans le souci de rendre pérenne ses acquis créé en 1980 Tempo Records, un label musical qui dévoilera Bebey Black et Ben Decca. Après quelques incompréhensions, Ben Decca quittera l’écurie de son mentor pour embrasser une carrière solo. Ce départ verra apparaître quelques temps après le single  »Vampire ».

De retour au pays après de longues années à l’extérieur, il s’implique alors sur les questions des droits d’auteurs. Il fut entre autre fondateur et Président de la Mutuelle des Artistes Camerounais, de l’Afro FIA, de la Coalition Camerounaise pour la diversité culturelle. La Nation Camerounaise a reconnu son talent et son parcours inspirant et 1997 il a été fait Chevalier de l’Ordre du Mérite Camerounais. En 2005, Chevalier de l’ordre de la valeur.

Joe Mboulè on parle certes de lui au passé mais, ses oeuvres resteront à jamais graver dans les annales de l’histoire de la musique camerounaise.

Serge Bonny

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