Depuis quelques jours, la notion de « Plagiat musical » est au centre des conversations depuis la sortie d’un bout de la future chanson de la pépite du mbolé Happy d’Effoulan.

En effet, pour sa prochaine œuvre musicale, l’auteur de « tchapeu tchapeu » a choisi cette fois-ci de rendre hommage aux mamans. Pour ce, il a décidé de faire un clin d’œil à la chanteuse chimène Ngoly en s’inspirant des paroles de son célèbre titre « bakala », sorti en 2004 et qui célèbre les mères.

Les internautes dans leur majeure partie composée de « profanes » en matière musicale ont très vite fait de crier au plagiat après un tweet de la chanteuse désormais résidante en Europe dans lequel elle interpelle le chanteur Happy sur la reprise de son titre.

Quand parle t’on réellement de plagiat ? Laura Dave Média est allé à la rencontre du Roi NDEDI EYANGO, chanteur, guitariste, auteur-compositeur, interprète, producteur de disques camerounais et ancien Président du Conseil de Surveillance de la SONACAM ( Société Nationale Camerounaise de l’Art Musical) qui a accepté d’éclairer la lanterne des uns et des autres sur le plagiat musical.

Selon lui, il y a plagiat d’une œuvre musicale :

« Si on arrive à prouver qu’un auteur a copié des éléments caractéristiques et originaux de la musique de l’un de ses confrères sans le citer. Mais autant avouer que pour être poursuivi en justice, le plagiat doit clairement dépasser la vague ressemblance.
On peut citer en exemple le titre « Wanna Be Startin’ somethin » du très célèbre artiste Michael Jackson qui contient un sample (un extrait de musique, un échantillon musical) de « Soul Makossa » du père Manu DIBANGO qui n’avait pas donné son accord pour que ce sample soit repris. Il n’est pas non plus mentionné dans les crédits de l’album ».

Dans le contexte où un artiste se ferait plagié, le King Mouan Nkum révèle que l’unique société de gestion collective des droits d’auteur dans la musique au Cameroun SONACAM ne peut statuer :

« Une société de gestion collective peut accompagner ses membres dans de tels cas mais la Sonacam ne peut pas statuer. Le plagiat, selon son niveau de gravité est une contrefaçon.
La propriété intellectuelle prévoit que toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayant droits ou ayant causes est illicite. La loi sur la contrefaçon sera donc applicable en justice dans ce cas »
, affirme t-il.

Pour tout artiste qui souhaiterait reprendre un autre, l’auteur de  »Soul Botingo » éclaire:

« Pour réinterpréter à sa manière une œuvre existante en conservant l’intégrité de celle-ci, nul besoin d’autorisation si l’on se cantonne à une interprétation respectant l’originale.
Par contre, en cas de réarrangement complet du morceau, en modifiant ses harmonies, mélodies ou sections rythmiques, ou en adaptant le texte original de la chanson, alors l’autorisation de l’éditeur est nécessaire. Sinon, c’est le plagiat »
précise t-il.

Concernant l’actualité du moment sur Happy d’effoulan et chimène Ngoly, Ndedi Eyango confesse son ignorance sur cette affaire:

« Je n’ai pas suivi l’actualité et je ne saurais me prononcer là dessus. J’espère que mes réponses à vos questions pourront également servir de conseils », dit-il.

En définitive, cette affaire de plagiat ou non de l’artiste Happy aura finalement eu un impact positif dans la mesure où, les internautes sont désormais bien situés sur la notion de « plagiat musical ».

Eve-Pérec N. BEHALAL.

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