C’est une nouvelle guerre qui se dessine chez certains artistes camerounais insatisfaits de la somme perçue jusqu’ici en guise de droit d’auteur.

Beko Sadey, Georges Dickson, Louis de Koum et Boubou le leader ont choisi les réseaux sociaux pour monter aux créneaux et exprimer leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de « magouille » dans le monde de la musique. En effet au cours d’un direct effectué sur le compte officiel Facebook de leur confrère Longue Longue , les quatres musiciens déclarent avoir perçu de minables sommes malgré leurs parcours marqué de chansons à succès.

L’on se souvient que le 18 août dernier comme un pain tombé du ciel, la Cameroon Music Corporation (CMC) annonçait qu’elle procédera à l’apurement des arriérés des droits d’auteurs CMC-Socam entre les années 2005 et 2009. Elle évoquait dans un communiqué que la colossale somme de 340. 068. 245 frs devait être réservée à 685 artistes, producteurs et éditeurs de musique.

Par contre les quatre plaignants évoquent un recouvrement d’une valeur d’un milliard deux cent millions de francs CFA qui aurait été perçu par la commission de liquidation dont Sam Mbende est l’un des membres. Beko Sadey, auteure du titre Ventre affamé n’a point d’oreilles choquée par cette nouvelle confie pour sa part avoir reçu exactement 193.000 frs CFA par contre dans le dévoilement de certains noms, figure en bonne place celui de sa consœur Ange Bagnia qui aurait reçu 800.000 frs CFA.

Georges Dickson pour sa part affirme « …Je pense que ce n’est pas une répartition mais plutôt un partage au faciès…c’est regrettable ». De l’autre côté, Boubou le leader ancien membre de la commission corps de la piraterie au côté de Sam Mbede ne s’en remet pas et proclame  »Le milieu artistique a trop de problème ».

Contrairement aux quatre autres, Longue Longue, Petit Pays et Papillon pour ne citer que ces derniers, sont les artistes qui ont perçu leur droit d’auteur sans avoir rempli au préalable leurs feuillets, ni même passer au guichet Express Union comme évoquait la démarche pour entrer en possession du dû de chaque artiste. Le libérateur libéré aujourd’hui ambassadeur des causes sociales, Longue Longue souligne au passage avoir reçu 1.137.000 frs CFA.

Voici la somme qu’aurait perçu certains artistes musiciens camerounais.

Bill Locko Junior : 400.000 frs
Ange Bagnia : 800.000 frs
sam Fan Thomas : 648.300 frs
Annie Anzouer : 572. 325 frs
Roger Etia : 408.000 frs.
Dina Bell : 682. 397 frs
Miseh Ngoh François : 580.000 frs
Dinaly : 552.000 frs
Money Bilè : 608.000 plus 185.000 en tant que Éditeur de musique
Ndedi Eyango : 340.000 frs
Benji Mateke : 433. 660 frs
Roméo Dicka : 458.403 frs
Koppo : 407. 333 frs
Njohreur : 407.333 frs

Pour ne citer que ces noms.

Selon Louis de Koum qui a fait des investigations auprès de la banque allouée pour les remises des fonds aux artistes, 332 sur les 402 artites auraient perçus l’argent au guichet Express Union. Le somme totale perçue par ces artistes est évaluée à près de 60 millions de Francs CFA.

Que dit la CMC sur les critères d’apurement ?

Selon nos confrères de Télé Asu, l’apurement des droits d’auteurs est un manque à gagner destiné aux artistes musiciens, producteurs et éditeurs de musique pour les redevances d’un milliard cent quatre-vingts dix neuf millions collectionnés chez 9 entreprises pour la période 2005 – 2009. Il s’agit entre autres : des brasseries du Cameroun, de l’Union des Brasseries du Cameroun, Tradex, Nestlé, le port autonome de Douala, Bolloré Logistic, Maya, Ascoma et Chococam.

Les 9 entreprises ont versés la somme de 160.000.000 aux artistes ayants des droits généraux et également pour l’exploitation de leurs œuvres musicales lors des concerts, animations et spectacles. C’est la raison qui explique la forte cagnotte de certains artistes qui il faut le dire, étaient à cette époque les mascottes des entreprises citées plus haut.

Contacté, Sam Mbende affirme ne pas être le Président de la Commission de liquidation comme l’on pensé certains artistes. Il explique être un simple membre de la commission de recouvrement mise sur pied par le Ministère des arts et de la culture.

« Je ne suis que le président du conseil d’administration. Pour ce qui concerne les apurement des droits, je ,e suis pas le gestionnaire de la cameroon Music Corporation, je suis le président du conseil d’administration et un président du conseil d’administration ne gère pas la société. Je ne marche pas avec un sac d’argent…C’est une affaire de jalousie, une cabale » a-t-il ajouté en précisant que les 1 milliards 200 millions perçus sont destinés à 5 corporations.

Pour rappel, la seconde vague d’apurement est prévue pour le mois de décembre 2022 et ne concernera que la période 2010 à 2017.

Serge Bonny

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