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 » Je suis le tout 1er designer camerounais à proposer un catalogue professionnel de photos avec des créations street wear de 40 pages, préfacé par Tony Nobody à la hauteur de 250 milles à l’époque avec de véritable mannequins professionnels. Un ouvrage protégé à la SOCILADRA… »

LDM: Bonjour Ignace TSIMI, vous êtes plus connu sous le nom d’IGNACIO CLOTHING pouvez-vous vous présenter plus explicitement aux lecteurs de LDM ?

Ignace TSIMI : Bonjour, je suis sur les réseaux sociaux sous le nom d’Ignace TSIMI. IGNACIO CLOTHING en général on ne sait pas qui se cache derrière puisque j’ai pour stratégie de ne pas me mettre en avant mais plutôt de mettre mon travail en avant. Mais en réalité je m’appelle NDZEGUE TSIMI IGNACE, 32 ans, Camerounais, propriétaire de la marque IGNACIO CLOTHING.

LDM: Et pourquoi IGNACIO CLOTHING ?

Ignace TSIMI : Lorsque j’étais au collège mes amis m’avaient surnommé IGNACIO, ils se sont inspirés des télénovélas qui renvoyait à ignace en français et cela me plaisait, j’ai donc décidé de l’adopter et CLOTHING parce que c’est vêtement en anglais. Donc ça fait en gros la marque de vêtements d’Ignace (rires)

LDM : Qu’est-ce-qui vous a réellement motivé à la mettre sur pied?

Ignace TSIMI : C’est une vieille passion. Etant déjà au lycée en classe de 6e j’aimais écrire « Ignace » sur toutes mes tenues de sport. À l’époque, j’avais fait un logo là… C’était un grand « I » et j’avais écris quelque chose je ne m’en souviens plus trop (rires). Mais aussi parce que j’ai baigné dans l’art depuis l’âge de 12 ans (musique, instruments etc…)toute ma jeunesse durant bien que je sois toujours jeune (rires), j’ai fait de la sérigraphie aussi… Alors j’ai voulu essayer autre chose voilà comment j’ai commencé par de simples flocages sur les t-shirts et curieusement les gens ont appréciés. Voilà comment j’ai pris de la graine dans la mise sur pied de ma marque de vêtements.

  

LDM: Avez-vous reçu une formation dans ce sens ou simplement un autodidacte?

Ignace TSIMI : Je suis plutôt un autodidacte. Je suis diplômé en comptabilité de gestion des entreprises et finances, j’ai travaillé dans une grande entreprise de la place pendant près de 6 ans puis j’ai démissionné pour me lancer puisque j’ai commencé à travailler lorsque j’étais en cycle BTS (je faisais le bts en cours du soir et j’allais au travail en journée)ce qui fait que j’ai travaillé très très tôt et j’ai pu épargner durant cette période, j’achetais mon matériel au fur et à mesure et quand j’ai vu que j’avais mon matériel complet et les moyens même pour tenir 5 ou 6 mois, j’ai eu cet envie qui bouillonnait de partir même comme cela n’a pas été facile, mais je ne regrette pas.

   

LDM : On voit bien que sur votre logo se sont 2 cases dessinées que symbolisent-elles?

Ignace TSIMI : C’est un retour aux sources. Ça me rappelle mon village et ceux éloignés dans le septentrion, car nous sommes à l’ère de la mondialisation et j’ai voulu que ce soit comme un rappel.

LDM : Quelles sont les créations que la marque développe?

Ignace TSIMI : Comme je le disais tantôt, j’ai commencé avec des t-shirts parce que lorsque j’ai décidé de me lancer j’ai observé ce que les aînés faisaient déjà à l’instar de SUPRÊME FOBOER , DEÏDOBOY , GABUN- GABUN, JASAÏD etc… Quel est le niveau actuel, pour savoir comment je devais me positionner, j’ai vu que la majorité faisait dans les t-shirts et donc, je me suis dit que pour intégrer il faut commencer par les t-shirts comme tout le monde puis après je vais me démarquer en faisant autre chose.
C’est vrai que tout ce que je fais est « urbain »(rires…) car même si je confectionne une veste aujourd’hui elle sera urbaine (rires…). La preuve, la 1ère fois que j’ai fait autre chose c’était un boubou et il était urbain. C’est la 1ère fois que les gens voyaient un boubou en jeans, ils étaient agréablement surpris de voir un boubou au design different. Tout ce que je fais est beaucoup dans cet univers car pourquoi pas fusionner tout ce qui est classique avec le street afin de créer ce qu’on a jamais vu.

LDM : Laisser un métier de comptable qui comme vous le dites nourrissait bien son homme pour vous lancer dans un univers incertain comme le streetwear pensez-vous qu’il vaille la peine de l’exercer surtout au Cameroun?

Ignace TSIMI : Je crois dur comme fer à mon bussiness, je crois tellement en ce que je fais , en mon projet que personne ne peut me l’enlever de ma tête. Je pense que chacun peu trouver son compte et comme dans chaque domaine, il y’a les hauts et les bas. Moi, je m’en sors plutôt bien, de toutes les manières je ne regrette pas, et si c’est même aujourd’hui que je devais refaire ce choix, ce serait exactement pareil. J’allais toujours démissionner car je suis à l’aise dans ce que je fais. Je ne regarde pas maintenant, je me projette dans 2,3,5 ans.

LDM : Qu’est ce qui fait la particularité de tes créations?

Ignace TSIMI : La pertinence de mon travail, mon originalité. Je n’arrive pas encore à l’évaluer. Je ne sais pas si je fais bien mais je sais qu’il y’a un bon retour jusqu’ici. Même si je me dis que je n’ai encore rien fait qui m’impressionne moi même.

LDM : IGNACIO CLOTHING existe depuis combien d’années déjà ?

Ignace TSIMI : Je l’ai officiellement lancé en 2015 mais depuis 2012 j’avais déjà commencé à préparer le concept.

LDM : Des difficultés observées depuis lors?

Ignace TSIMI : Je fais face à trop de pirateries. J’ai des collègues qui ont leurs marques mais qui reproduisent exactement tout ce que je fais et vendent. C’est déplorable! Des gens m’envoient des images de partout et moi même j’ai vu récemment un modèle à Yaoundé vers le stade Omnisport et quand j’ai prêté attention j’ai vu que ce n’était pas de moi mais tout portait à croire que ce l’était. Vraiment dommage!
J’ai remarqué que mes créa inspirent les gens, ce n’est pas mauvais mais après ça craint quand même car je passe mes nuits blanches à réfléchir dessus et lorsque je mets en ligne, on récupère et falscifie. Ce qui fait que je ne publie plus mes collections pourtant j’ai plus de 1000 créa que je vends sans plus publier (robes, vestes etc…)

  

LDM : Dans ton processus de fabrication de quoi t’inspires-tu?

Ignace TSIMI : Je m’inspire de tout hein…(rires) pour la petite anecdote je suis arrivée à douala en 1994 suite à l’affectation de mes parents, et c’est depuis 94 que je vois le « djoudjou du rond point » c’est un monument qui me parle, qui me marque en passant là tout le temps, je me suis dit qu’il existe des t-shirts New York, Paris etc… Pourquoi ne pas avoir un qui nous représenterait. J’ai donc fait un pour Douala, un autre pour le monument du cinquantenaire de Buea qui a été très bien vendu de ce côté, aussi un autre pour le monument de la réunification de Yaoundé.

LDM : Quel message véhicules-tu à travers ton design?

Ignace TSIMI : Je me souviens de mon tout 1er t-shirt « C ma vie g’te gère pas » pour la petite histoire je travaillais à ce moment au port autonome de Douala et j’avais un supérieur hiérarchique qui me mettait les bâtons dans les roues et il m’énervait mais je ne pouvais pas le lui dire, alors, je me suis exprimé sur ce t-shirt par ce message. J’avais ce t-shirt juste pour moi, mais grande fut ma surprise lorsqu’il a été apprécié par mes collègues. Et lorsqu’il me demandait qu’il la fait je disais que c’est moi (rires) ils n’en revenaient pas, ils ont commandé de bouche à oreille j’ai eu pas mal de commandes donc, comme pour dire que j’ai répondu à quelqu’un c’est bizarre à raconter mais voilà! J’en ai fait tellement de concepts comme par exemple: « Au pays des Lions » pour la CAN, un autre avec « Dieu est Grand » que j’ai sorti il y’a 3 ans mais qui jusqu’à présent continu d’être commandé car pour moi Dieu occupe une très grande place et il existe vraiment car j’étais tombé gravement malade et lorsque je suis sorti de cette maladie, j’ai voulu adresser un message à Dieu. Il m’avait été demandé d’arrêter de boire et de fumer (j’en étais dépendant) ce qui pour moi n’a pas du tout été facile mais en fin de compte j’ai réussi à arrêter et ce depuis 3 ans et pour moi si c’est pas Dieu pour faire ça pour un Homme… Je ne vois pas!(rire)

LDM : Y’a t-il une collaboration avec les autres marques de streetwear? Quels sont les rapports que vous avez avec eux?

Ignace TSIMI : Oui. Je respecte beaucoup les aînés, quand on arrive quelque part on cherche les « chefs de terre » (rire) et on leur donne le respect qu’il mérite car ils ont eu en idée de commencer quelque chose peut-être à un moment où j’hésitais à me lancer et pour cela RESPECT!
Il y’a SUPRÊME FOBOER, voilà quelqu’un qui m’a beaucoup inspiré et n’a pas souvent manqué de me critiquer et m’a donné beaucoup de conseils et j’ai énormément de respect pour cela. Il a été pour beaucoup dans mes influences.
Pour DEIDOBOY, quand je me suis lancé ma marque avec ma toute 1ère collection « C ma vie g’ne te gère pas », lui avait déjà sa boutique et j’avais besoin d’espace pour le placement de mes créations, je suis allé le voir et il m’a ouvert ses portes… Ce que beaucoup ne feront peut-être pas aussi facilement par peur de la concurrence mais lui m’a tendu la main. Ils sont nombreux avec qui j’échange, à m’encourager et ça fait plaisir.

 

LDM : Projet futur de la marque?

Ignace TSIMI : Oui oui il y’a une dure collection qui arrive, on va élever le niveau (rire). Avant la fin d’année j’ai envie d’obtenir des espaces de vente dans les grandes surfaces comme Mahima, carrefour etc… Mais ils sont trop exigeants sur la qualité du produit notamment un accent sur les finitions, d’où la création de mon entreprise IH INVEST SARL pour traiter d’entreprise en entreprise, je suis entrain de légaliser mon bussness dans ce sens maintenant on me demande d’obtenir les codes barres ( ça coûte les yeux de la tête pour vendre dans ces grandes surfaces donc lorsque vous voyez les produits exposés là-bas il faut respecter! Ça ne blague pas)
Il y’a aussi mon vernissage en Décembre au Goethe Institut de yaoundé

LDM : Si vous aviez un conseil à donner à quelqu’un qui souhaiterait se lancer ce serait…?

Ignace TSIMI : Ce serait de croire en ses rêves, être très persévérant, garder son originalité, trouver son propre style, et surtout savoir transformer les difficultés en opportunités.

LDM : Très sympathique vous êtes… Merci beaucoup

Ignace TSIMI : C’est moi qui vous remercie, c’est toujours un très grand plaisir. Merci Laura Dave Media

Ordy Bitschong

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