À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes 2026, une question sensible traverse les discussions : faut-il célébrer le 8 mars dans un contexte marqué par les féminicides et plusieurs drames qui secouent l’opinion ?
Pour nourrir la réflexion, Laura Dave Media a tendu le micro à plusieurs figures masculines du paysage culturel et médiatique camerounais. Parmi eux : Le Roy Tsala, Claudel Noubissie et Patrick Ngouana.
Mémoire, conscience et responsabilité collective
Alors que certains perçoivent la Journée Internationale des Droits des Femmes comme un moment de célébration, d’autres rappellent que cette journée est d’abord un temps de réflexion sur les droits et les combats des femmes.
Dans cette perspective, le médecin et créateur de contenu Dr Claudel Noubissie insiste sur la dimension de conscience que devrait porter cette date.
« La Journée internationale des droits des femmes ne devrait jamais être une simple célébration festive.
C’est avant tout une journée de conscience, de mémoire et de mobilisation.
Dans un contexte marqué par les féminicides, elle doit devenir un moment de réflexion profonde, d’engagement collectif et d’exigence de justice.
Célébrer, oui, mais célébrer les combats, les avancées et la résilience, tout en honorant la mémoire de celles qui ont été arrachées à la vie. »

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Lucidité et engagement : le point de Patrick Ngouana
Face aux chiffres alarmants de la violence faite aux femmes dans le monde, certains observateurs invitent à repenser la manière de marquer cette journée.
L’acteur culturel et analyste social Patrick Ngouana souligne ainsi la complexité du débat.
« Peut-on parler de célébration lorsque, dans le monde, des milliers de femmes continuent d’être tuées parce qu’elles sont femmes ?
Peut-on se réjouir sans regarder en face l’ampleur des féminicides qui endeuillent nos sociétés ?
Dans ce contexte, célébrer peut sembler déplacé. Pourtant, cette journée constitue aussi une plateforme officielle de prise de parole…».

Interpellation et questionnement : la réaction de l’artiste Le Roy Tsala
Au-delà des analyses, certains artistes posent la question de manière directe : que célèbre-t-on réellement lorsque la société reste marquée par des drames et des violences ?
L’artiste musicien Le Roy Tsala interpelle ainsi les consciences.
« La vraie question est de savoir… qu’est-ce que les femmes qui comptent arborer leurs pagnes bien cousus ce 8 mars seront en train de célébrer exactement ?
Avec tous les drames récemment vécus, les disparitions multiples et les enlèvements d’enfants qui se sont accentués depuis le début de l’année…
Si elles pensent qu’il y a quelque chose à célébrer, alors qu’elles s’habillent et sortent.
Mais si elles sont conscientes qu’il y a beaucoup plus lieu de dénoncer que de célébrer cette année, alors qu’elles dénoncent. »
Son avis, empreint d’émotion, exprime avec justesse toute la portée de cette réalité.

Le rôle des artistes pour sensibiliser
En donnant la parole à ces figures masculines du monde culturel et médiatique, une idée se dégage : la Journée internationale des droits des femmes ne devrait plus se limiter à une célébration symbolique.
Entre mémoire, sensibilisation et engagement collectif, cette date apparaît pour beaucoup comme un moment crucial pour interroger la place de la femme dans la société et rappeler l’urgence de lutter contre les violences qui continuent de la frapper. Mais au final, la question reste entière : le 8 mars doit-il être célébré, transformé en journée de dénonciation… ou devenir un mélange des deux ?
Le débat, lui, reste ouvert.
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Muriel Yanga




