La Camerounaise Marie-Claire Kofi vient de recevoir une reconnaissance au Royaume-Uni. Le 29 juillet 2026, l’Université de Wolverhampton lui a décerné une Honorary Fellowship. Une distinction qui récompense son engagement en faveur des personnes vivant avec la drépanocytose et son action pour améliorer les résultats de santé dans les communautés locales.
Une distinction qui récompense un combat
Le 29 juillet restera une date particulière pour Marie-Claire Kofi. Lors de la cérémonie de remise des diplômes de l’Université de Wolverhampton, la professionnelle de santé et fondatrice de Plasma of Hope a été élevée au rang de Fellow honoraire.
Cette distinction vient saluer plusieurs années d’engagement dans la lutte contre la drépanocytose. Son travail porte notamment sur la sensibilisation, l’accompagnement des patients et des familles, le soutien psychologique et l’amélioration des connaissances des professionnels de santé.
Mais derrière cet engagement se trouve une histoire personnelle.
La maladie au cœur de son parcours
Marie-Claire Kofi est radiographe de profession. Elle vit également avec la drépanocytose. Cette réalité a profondément marqué son parcours et sa manière d’aborder la maladie. Son expérience de patiente lui a notamment permis de mesurer les difficultés auxquelles peuvent être confrontées les personnes atteintes de drépanocytose dans les structures de santé.
Une grave crise a également bouleversé sa vie. Marie-Claire Kofi a été victime d’un accident vasculaire cérébral lié à la maladie. Cette épreuve a renforcé sa volonté de faire entendre la voix des patients. Plutôt que de laisser cette expérience définir son histoire, elle en a fait un moteur d’engagement.

Plasma of Hope, son combat devenu collectif
En 2020, Marie-Claire Kofi fonde Plasma of Hope au Royaume-Uni. L’organisation accompagne les personnes vivant avec la drépanocytose et la thalassémie, particulièrement dans les West Midlands.
« Plasma of Hope a été créée pour soutenir les personnes vivant avec la drépanocytose et la thalassémie, mais aussi pour donner une voix à celles et ceux dont les expériences ne sont pas toujours entendues », explique-t-elle dans la présentation de son organisation.
L’association développe des actions de sensibilisation et d’éducation. Elle accompagne également les familles et travaille auprès des professionnels de santé.
Son objectif est aussi de faire évoluer les regards sur la drépanocytose.
« Nous voulons contribuer à améliorer la compréhension de la drépanocytose et faire en sorte que les personnes vivant avec cette maladie soient mieux comprises, mieux soutenues et mieux prises en charge », défend la fondatrice.
Faire entendre la voix des patients
Son engagement ne se limite pas au soutien direct des malades. Marie-Claire Kofi intervient également dans le milieu universitaire et auprès de futurs professionnels de santé. À l’Université de Wolverhampton, elle partage notamment son expérience auprès d’étudiants en soins infirmiers. Cette démarche répond à une conviction : la parole du patient doit également avoir sa place dans la formation des soignants.
Son expérience personnelle lui permet de parler de la drépanocytose autrement. Elle ne l’aborde pas uniquement comme une professionnelle de santé. Elle la connaît aussi comme patiente.
« Je veux que les professionnels de santé comprennent ce que vit une personne lorsqu’elle arrive à l’hôpital pendant une crise », a-t-elle expliqué dans le cadre de ses actions de sensibilisation.
Pour Marie-Claire Kofi, une meilleure connaissance de la maladie peut contribuer à réduire les incompréhensions et améliorer la prise en charge.

De Wolverhampton au Cameroun
Son engagement ne s’arrête pas au Royaume-Uni. Originaire de Buea, au Cameroun, Marie-Claire Kofi souhaite également contribuer à la lutte contre la drépanocytose dans son pays d’origine.
Elle a ainsi créé la Bravelife Foundation, une organisation engagée dans la sensibilisation et l’accompagnement des personnes vivant avec la drépanocytose au Cameroun.
Cette double implication traduit une volonté de porter son combat au-delà des frontières.
« Je suis Camerounaise et je n’oublie pas d’où je viens. Je veux utiliser mon expérience pour contribuer à améliorer la vie des personnes vivant avec la drépanocytose au Cameroun », affirme-t-elle dans le cadre de son engagement associatif.
Une reconnaissance qui dépasse sa personne
L’Honorary Fellowship de l’Université de Wolverhampton représente donc bien plus qu’une distinction personnelle pour Marie-Claire Kofi. Elle intervient après plusieurs années de travail auprès des patients, des familles, des étudiants et des professionnels de santé.
Par cette reconnaissance, c’est également le combat contre la drépanocytose qui gagne en visibilité.
« Cette reconnaissance est pour moi un immense honneur. Mais elle est aussi pour toutes les personnes qui vivent avec la drépanocytose et pour toutes les familles qui se battent chaque jour », a déclaré Marie-Claire Kofi après cette distinction.
Son parcours raconte ainsi une trajectoire singulière. Celui d’une professionnelle de santé devenue militante. Celui d’une patiente qui a transformé ses propres épreuves en engagement. Celui d’une Camerounaise qui poursuit son combat au Royaume-Uni tout en gardant un lien fort avec son pays d’origine.
Le 29 juillet 2026, l’Université de Wolverhampton a consacré cette trajectoire en lui attribuant une Honorary Fellowship.
Cette Honorary Fellowship vient ainsi saluer plusieurs années de travail au service des personnes vivant avec la drépanocytose. Pour Marie-Claire Kofi, le combat se poursuit désormais avec une visibilité renforcée. Au Royaume-Uni comme au Cameroun, elle entend continuer à sensibiliser, accompagner les familles et faire entendre la voix des patients.

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Eve-Pérec N.BEHALAL










