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Si le terme « Vide Grenier »  est si bien connu au Cameroun c’est grâce à cette serial entrepreneuse. Belange est une femme qui a mis sur pied cette entreprise dans le but 1er de lutter contre la vie chère, car guidée par le besoin profond d’apporter un plus à la culture camerounaise, de construire et de donner une vision à l’économie de son pays. GVG (Le Grand Vide Grenier) existe depuis près de 7 ans au Cameroun et est une entreprise qui regroupe en son sein:

* Agence Evènementielle
* Organisation périodique des vide-greniers (Doul et Ngola) et Dressings (Apéro vide dressing)
* Édition du magazine promotionnel NKOOL EWONGA
* Promotion  et vente en ligne à bas prix.

Laura Dave Média  est allé à la rencontre de cette structure pour en savoir un peu plus…

LDM: Parlez-nous du concept GRAND VIDE GRENIER

GVG: Le Grand Vide Grenier  est un concept de la vie moins chère à la base. À prendre vraiment dans le sens propre du terme c’est à dire un bric à brac de tout ce qui peut avoir d’intéressant autour de la vie moins chère, autour l’économie mais vraiment  de la micro économie pas de la macro économie en terme de foyers, maisons, résidences  de Monsieur tout le monde.

LDM: Comment avez-vous pensé traiter  ce problème de lutte contre la vie chère grâce à votre projet ?

GVG: On le traite sur plusieurs volets notamment par:

  • L’interface Facebook parce que cela nous permet de rester plus proche de Notre cible, des gens, afin de leur permettre  de recycler leurs articles de tout bord, revoir ce qui ne leur parle plus. Cette idée nous est venue du fait que « on est pauvre »! Nous sommes dans un pays où malheureusement on peut pas se permettre un certain confort genre tous les 2 ans le camerounais moyen puisse se dire je vais par exemple  » changer Mon téléviseur   ou même mes Meubles etc… » pourtant on a tous les moyens de vivre bien.
    Nous avons pensés donner cette image aux gens qui veulent de temps en temps changer avec de la qualité mais à très bas prix.
    L’idée est par exemple de se dire je vais acheter un nouveau téléviseur qui coûte 300.000frs cfa, tu trouve quelqu’un à qui tu revends ton ancien téléviseur encore en très bon état et au prix de 100.000frs cfa et puis il te reste juste 200.000frs à compléter pour avoir un nouveau… voilà en quelque sorte notre démarche de Vide grenier.
  • Sortie de cette plateforme, nous avons commencé à organiser des vide-greniers  physiques notamment celui de la Ville Douala (vide grenier de Doul) et celui de la Ville de Yaoundé (vide grenier de ngola) afin de réunir le virtuel à la réalité. Car nous sommes bel et bien en Afrique où tout ce qui doit être acheté devrait en quelque sorte être vu, touché, et aimé. Et c’est de là qu’est né les « vide-dressings ».

LDM: Pourquoi les vide-dressings? Apéro vide dressing proprement dit?

GVG: lorsqu’on organisait les vide-greniers à la base, on allait chez les gens et nous leur posions la question de quoi voulaient-ils se débarrasser?

   

La 1ère chose était les vêtements et comme nous les organisions généralement à la salle des fêtes d’Akwa et la leçon des Vide-greniers n’étaient pas véritablement connue, beaucoup pensaient que c’était une histoire de femmes uniquement, parce que au moins 70% de femmes s’y intéressaient avec des stands remplient de vêtements, d’accessoires etc… et au bout d’un moment on s’est dit qu’il va falloir séparer  le « vide grenier »  des autres choses comme la déco, aménagement de bureaux, électronique et aussi, vu que les Camerounais semblent avoir plus de fringues qu’autre chose (rires…) on a créé le « Vide dressing » c’est marrant mais c’est vrai (rires…)
Et apéro vide dressing c’est une formule personnelle que j’utilise avec mes proches genre: « on organise un café entre filles, et ensemble tranquille chacune avec des fringues à s’échanger ou à vendre… mais si dans le pire des cas je ne vends pas, j’aurai quand même passé un bon moment surtout convivial. On vient avec l’intention de montrer et d’échanger mais pas que… j’ai juste transposé ce que je faisais avec mes proches pour le rendre public. »

LDM: Es ce que les Camerounais sont réceptifs à ce genre d’événements?

GVG: Je réponds tout de suite « Oui »!!! (Rires) car  lorsque nous avons commencé à organiser les évents sur le terrain on était censé organiser un vide grenier et un vide dressing par Ville par an.  Il nous est arrivé d’en faire 6 et aujourd’hui on arrive plus à suivre. Vous même vous voyez nous sommes à la 16 édition, si ça ne tenait qu’au public tous les mois on en organiserait (rires…) mais c’est juste pas possible car pour moi on va perdre l’attrait de ce que sait. On va se retrouver avec une grosse foire ce que je ne voudrais pas. Je veux un vide dressing pas une foire. Ce n’est pas la même chose.

 

LDM: Et qu’elle est la différence?

GVG: – Une foire est ouverte au public, ce sont les professionnels  du commerce. Dans une foire on y retrouve des entreprises, des boutiques, des auto-entrepreneurs etc…qui viennent avec leurs produits et qui vendent pour un bénéfice certain.
– Un vide dressing par contre c’est Monsieur et Madame tout le monde. Par exemple: vous avez un pull que vous avez acheté à 10milles frs lorsque je viens à un vide dressing il va coûter 1000frs  ou 500frs.  Vous convenez avec moi qu’aucune boutique ne peut faire ça parce que dans un vide dressing ou grenier « on vend à perte » juste parce qu’on est censé s’en débarrasser.
En grossomodo c’est de la friperie contrôlée on va dire(rires.) Car le propriétaire de l’article je le Connais, il est en face de moi, il me donné le prix de l’article d’origine et vous demande de donner ce que vous avez juste pour faire de la place dans son dressing.

LDM: Au niveau des stands lors du déroulement de l’événement comment se fait la différence pour le public ?

GVG: Pour gérer cette différence, on a des stands pour le public que nous faisons à 10milles frs et on a des stands pour les boutiques que nous faisons à 50milles frs. Vous voyez que l’écart est déjà assez considérable et élogieux. Et ils sont vraiment limités car on ne veut pas perdre en esprit le cœur de Notre concept.

LDM: 16e édition… certainement des difficultés rencontrées?

GVG: ouf! Les difficultés… on va dire que c’est au niveau des annonceurs.  On a un événement qui marche depuis 4-5 ans, nous sommes à la 16 édition, on le fait en moyenne 2 à 3 fois par an, mais on bagarre à chaque édition  avec les commerciaux, ces professionnels du commerce parce qu’ils veulent toujours venir pour les stands etc… mais ne comprennent pas pourquoi nous les limitons! Non les gars! Vous avez mille foires… ici vous n’êtes pas dans une foire.

Après l’AVD(Apéro vide dressing) est aujourd’hui un peu maîtrisé on sait exactement  ce que nous recherchons.  Généralement c’est trouver les moyens avec les annonceurs pour une organisation plus inintéressante car à édition il faut de nouvelles activités pour que ce ne soit pas juste la vente.  De plus en plus nous accueillons des visiteurs, des familles, les gens viennent se balader… c’est une sortie.

LDM:  l’entrée devient dans ce cas payant ou gratuit?

GVG: ha non non Non! L’entrée est libre et gratuite ainsi que l’apéritif.  Et justement c’est à ce niveau que nous rencontrons pas mal de problèmes en terme de coût. Nous demandons aux annonceurs de supporter cette charge car moi dans ma vision, je n’ai pas envie d’augmenter le prix du stand de dix milles frs à un autre montant, c’est un vide dressing et ce prix est juste pas plus! Peu importe que le particulier fasse 200.000frs ou plus comme cela se fait très souvent, pour moi et Notre équipe c’est la règle du jeu.

LDM: Qu’elle sera la particularité de cette 16e édition AVD?

GVG: À chaque fois nous essayons de rajouter quelque chose de nouveau comme un mini concert, spectacle vivant etc… de petites choses qui feront en sorte que les gens viennent s’amuser. Même si vous n’achetez rien au pire vous passez un super moment. Nous innovons dans tous les cas.

LDM: Un autre pan de GVG est le magazine NKOOL EWONGA.  De quoi s’agit-il? Qu’est ce qui vous a pousser à le mettre sur pied?
Que signifie NKOOL EWONGA?

GVG: (…rires) Alors, je reviens à la base qui est la lutte contre la vie chère sur nos différentes plateformes comme je l’ai dit plus haut  à savoir:
* WEB avec Facebook
* PHYSIQUE (public direct sur le terrain)
Ensuite il y’a le MAGAZINE NKOOL EWONGA. C’est le même esprit en réalité, c’est le  magazine de la vie moins chère, et de l’économie. C’est  le mag qui vous renseigne sur les bonnes affaires, les bons plans, les bons produits ( côté qualité-prix, côté prix et côté qualité). Un magazine qui vous donne des astuces au quotidien sur comment faire des économies en fonction de votre environnement.
D’un  point de vue personnel il est important que les consommateurs devraient savoir ce qu’ils achètent, qu’ils arrêtent d’acheter le « prix ».

     

LDM: On remarque comme illustrations dans ce magazine beaucoup de dessins… pourquoi?

GVG: C’est un délire personnel je suis fan de dessin et je ne voulais pas que « NKOOL » ressemble à un autre magazine.
Je fais partie des personnes qui se disent que si elles ne peuvent rien apporter de nouveau et de different sur le marché, qu’elles laissent tomber quoi!… où à la limite mettez vous avec quelqu’un qui fait déjà dans ce que tu proposes.  Donc je ne vois pas pourquoi j’allais traiter des mêmes sujets que d’autres magazines.

LDM: Comment le magazine est-il reçu par les lecteurs?

GVG: Pas mal…il est bien reçu. Bizarrement, au départ on me disait « non ça ne va pas marcher »; « ha non non ça va pas aller, avec le dessin que tu proposes là… les gens auront du mal à accepter etc… » Et comme il y’a les langues vernaculaires dedans, on me disait ne fait surtout pas ça c’est que me disais tous les responsables marketing de tous le Cameroun (rires…). Eh…euuuh… j’ai tenu bon, et tout ce qu’on me disait ne fait pas c’est ce que j’ai fait et c’est ce qui fait la particularité de NKOOL, dans son identité et sa démarche.

LDM: Maintenant revenons sur la signification de NKOOL  EWONGA?

GVG: C’est toujours un délire personnel, il y’a beaucoup de moi dans magazine.
Je ne conçois pas,même si vous et moi sommes dans un monde mondialisé, certes on ne va pas refaire le monde mais je pense que nous sommes entrain de perdre Notre culture. Je trouvais bizarre que ce mag ait un nom français ou Anglais.  Moi personnellement cela me posais un problème fondamental. Je pense que pour véhiculer Notre culture ce n’est pas en criant mais en la mettant dans chaque petite chose que l’on fait.
Aujourd’hui le monde entier s’identifie à la culture américaine pourquoi? Parce que nous regardons leurs films, et autres choses américaines eux ils véhiculent leur culture nous on l’adopte à fond et on ne s’en rend même pas compte pour moi ça me pose un problème. J’ai voulu donner une appellation qui veut dire quelque chose dans une langue vernaculaire locale et comme NKOOL EWONGA est un magazine de bons plans, bonnes affaires pour repartir dans Notre culture, NKOOL EWONGA signifie LE JOUR DU MARCHÉ.

LDM: Et d’où vous êtes venue cette brillante idée?

GVG: Nous sommes en Afrique. On a Presque oublié mais dans toutes les cultures africaines il existait un jour de la semaine en particulier où il y’avait le grand marché dans le village. Dans la culture bantou, en a encore surtout dans les zones reculées du Cameroun.  Vu qu’il y’avait pas de téléphone et que ces marchés étaient nomades et périodiques, lorsqu’on voulait transmettre une nouvelle ou dire qu’il y’a  marché à tel endroit, on frappait le tam-tam pour dire 《NKŪL EWÔNGA》chez les bulus.  C’est dommage que ça se perde!.

LDM: ah! Vous êtes bulu?

GVG: Du tout… Je suis Camerounaise!(éclat de rire…). Je ne suis pas bulu mais je voulais un nom court et proche des sujets traités dans le magazine et par la suite, un nom qui puisse se prononcer aisément en français, il fallait que tout le monde s’y retrouve et s’y approprie ce nom même si la signification vous est inconnue.  Et dans les choix multiples que nous avons eu, c’est le bulu qui nous a permis de l’adopter.

LDM: appréciez-vous particulièrement un magazine et pourquoi?

GVG: J’aime bien COM.NEWS parce que c’est un magazine qui a évolué dans le temps. Leur 1er numéro était en noir et blanc un peu bizarre à l’époque mais j’aime l’idée derrière, la persévérance de l’éditeur derrière car c’est quelqu’un qui a appris au fil du temps, qui n’a pas lâcher prise. Aujourd’hui je suis abonnée et c’est vraiment plaisant.

LDM: Comment  se procurer  le mag NKOOL EWONGA  et à quelle fréquence?

GVG: NKOOL est un trimestriel (tous les 3 mois), gratuit, disponible dans les entreprises partenaires et sur abonnement.

LDM: interview très enrichissante… un mot de fin pour les lecteurs de lauradavemedia.com

GVG: Venez nombreux  à l’apéro vide dressing le 10 Novembre 2018 de 10h à 21h30 à Carrefour market de bonamoussadi. Faites de la place dans votre placard  tout en arrondissant vos fins de mois.

Merci pour l’intérêt accordé et bonne continuation à Laura Dave Media et à ses lecteurs.

Ordy BITSCHONG

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