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Après six années dans la musique, le rappeur camerounais Nernos le Kamsi, était dans les locaux de Laura Dave Média pour présenter son nouvel EP de plus de cinq titres intitulé « le fils 2 Mahé ». Au-delà de son statut de rappeur et de ses conflits dans le milieu, le jeune homme originaire de l’ouest nous a parlé de son désir de créer en 2022 une entreprise avec pour fil conducteur la communication et plus tard se lancer dans l’écrire d’un ouvrage afin de mettre à nu les peines qu’il endure dans le monde du showbiz.

Laura Dave Média : Bonjour Nernos
Nernos : Bonjour, merci pour l’invitation.

Laura Dave média: De prime abord, pourquoi le pseudo « Nernos le Kamsi » comme nom d’artiste ?
Nernos: A la base je ne me voyais pas faire dans la musique. Je souhaitais faire dans tout sauf dans la musique. Le Kamsi en pays bamiléké est une personne choisie par les ancêtres pour venir en aide aux personnes nécessiteuses. C’est une personne qui fait dans le bénévolat, qui possède naturellement un don de guérison. C’est un choix personnel qui traduit le fait que je me sois retrouvé dans la musique sans véritablement le vouloir ou le souhaiter.

Laura Dave Média : A quel moment décidez vous de faire corps avec le rap ?
Nernos : Je décide de faire corps avec le rap au moment où j’ai compris que je pouvais rapper et avoir de l’argent pas pour gagner ma vie mais, pour me permettre d’avoir mon pain quotidien. Ma première prestation du 18 décembre 2017 avec orange Cameroun à la place du gouvernement où j’ai pu gagner la somme de 50.000 frs m’a fait prendre conscience de ce fait. J’avais pour habitude de payer de la boisson aux gens pour jouer et là on me paye pour que je puisse jouer j’ai trouvé cela vraie et génial.

Laura Dave Média : Avant qu’on ne découvre Nernos, comment est-ce qu’il appréhendait la musique ?
Nernos : J’appréhendais cela comme un truc pas bien qui dégrade la personnalité. Pour moi c’était un métier de faciliter et pour être plus dur je pensais que c’était destiné aux personnes ayant ratées leur vie. A la base j’ai fait des études en banque et finance, ce qui était un peu perplexe pour ma famille j’ai du batailler pour m’imposer. Jusqu’à ce que j’aille vivre chez moi. Ma famille n’a jamais accepté que je fasse du rap. Ma mère trouvait l’idée stupide car elle ne comprenait pas pourquoi on décide de me payer des études et je décide de faire de la musique et pire encore que l’ordinateur que l’on m’avais acheté pour mes études me servais pour mes prises de sons etc. Même le jour où ils m’ont vus pour la première fois sur scène, ils avaient des questionnements du style qui m’a envoyé dans ce milieu qu’est ce que j’y fais etc…

Laura Dave Médias: comment réussissez vous à vous imposer quand on sait que les parents sont très souvent réfractaires face à ce metier ?
Nernos : Ma famille n’a jamais validé le rap et sachez que même si vous êtes têtus, il faut savoir faire la part des choses.

Laura Dave Médias : On vous connaît à vos débuts avec le titre « Je ne suis pas moi boboh ». On a ressenti dans ce titre que vous revendiquez et vous vous plaisez à la limite d’être un gar du ghetto qu’en est il aujourd’hui de ce combat ?

Nernos: oui effectivement. En fait dans ce titre j’essaie de redorer la chose. Si on prend le cas de Samuel Eto’o, il se plait d’être un gar de New bell. Sa provenance n’a rien avoir avec son intelligence, ses convictions, ses combats ou même ses projets. Je me plaît et j’assume le fait que je sois un gar du ghetto notamment billonguè.

Laura Dave Média : Mais après ce titre qui vous a révélé, vous livrez « Allo l’argent », on a l’impression que vous sortez de votre première idéologie…
Nernos : Tu n’es pas bobo, tu vis au ghetto, tout les gars du ghetto ont des problèmes de sous. chacun à des envies, dans ce titre j’appelle l’argent, j’invite les gens à bosser pour avoir cet l’argent.

Laura Dave Média : De 2018 à 2021, quels sont les difficultés de Nernos en tant qu’artiste ?
Nernos : C’est la routine…
On dit toujours que je me prend la tête, il ne respecte pas les aînés. Les gens aiment quand on les lèche, parfois c’est bien parfois non, mais il ne faut pas lécher les gens pour qu’on reconnaisse que tu as fais quelques choses, tu dois être encourager, motiver et là tu exprimes librement ton humilité. Je remercie Dieu et la musique parce que d’autres ont les faveurs que je n’ai pas mais, n’auront jamais le coût de vie que j’ai. Les mains des gens pour me soutenir sont très tenues à la légère parce qu’on attend plus de soumission… J’envisage à la fin de ma carrière écrire un livre avec des screen-shots de messages ou autres révélations sur ce que j’endure.

Laura Dave Média : Quels sont vos rapports avec :
1- Bobzy 13
Nernos : Alors lui, c’est mon totem, c’est mon djudju. C’était mon meilleur ami malheureusement il ne vit plus et c’est derrière lui que j’ai compris que la vie n’est rien. Sa disparition a créé un grand fossé dans ma vie, j’ai beaucoup souffert de cela. C’est quelqu’un avec qui j’ai vraiment charbonné. Le décès de Bobzy 13 a été assimilé à un empoisonnement selon l’autopsie du médecin on a vu de l’acide dans son corps et, lors de ses obsèques c’était compliqué au village. Je dormais dans la maison du deuil pendant les obsèques et je me suis retrouvé en brousse à la suite des rituels qui ont été fait à bandjoun.
2- Maalhox
Nernos : C’est un grand frère en âge et en année de carrière. J’ai pas encore eu le temps de discuter avec lui bien qu’à distance il y’a des échauffourées sur certains sujets.
3- Jovi
Nernos : Alors j’ai rencontré Jovi il y’a un an et demi, il a fait genre il ne me connais pas. Bon cela ne me dérangeait pas, j’ai prévu faire une chanson avec lui.

Laura Dave Média : Vous êtes très à l’aise dans les freestyles et il y’a peu vous avez sorti « BB Star », qui s’adressait à Ténor. Qu’est ce que vous reprochez à ce dernier ?
Nernos : Je ne reproche rien à ténor mais, je me protège des attaques. J’étais dans une soirée et je me suis fait agressé par lui, il faut rappeler que ce jour, ces gens mon froissés. Il faut qu’on sache que le rap c’est pas la chorale, encore moins pour les enfants de cœur. Mon freestyle était dans l’optique de le titillé et là s’il pouvait faire des freestyles pour me répondre, nous devrions poursuivre dans ce sens.

Laura Dave Média : Votre nouvel EP porte le nom de « L’enfant 2 Mahé ». c’est quoi le message autour du choix de ce nom?
Nernos : C’est une façon de gratifier ma mère qui au départ n’a jamais cru en la musique mais, aujourd’hui je vis de cela. l’enfant de Mahé pour moi, je veux partager mon univers, la période avant et aujourd’hui que je me retrouve dans la musique.

Laura Dave Média : Pour la sortie de cet EP, vous avez fait une listening party le 8 février 2021 mais, curieusement les prix n’étaient pas à la portée de tous. 100.000 frs, C’était énorme…
Nernos : D’autres sont dans le business parce qu’ils veulent être les Kings.
Quand je dis je ne suis pas moi bobo, je parle de mon autobiographie musicale parce que j’envisage être un gar lourd et une légende dans la musique urbaine. Quand je met 100.000 frs ou 200.000 frs, c’est parce que en 5 ans de musique, j’ai les gens que j’ai rencontré même s’ils sont 100, c’est à eux que je dois faire écouter ma musique en premier, pour qu’ils débloquent des fonds et fasse porter ma musique.

Laura Dave Média : Est-ce que cette politique liée à la mobilisation des personnes aux portefeuilles lourds marche ? on a l’impression que l’EP passe a côté.
Nernos : Notre pays est trop bizarre, mon EP « Le fils 2 Mahé » fait partie des plus streamé sur le territoire Camerounais. Je suis entré dans les charts de iTunes avec les Drake, au Rwanda j’étais premier en streaming et c’est believe le distributeur qui me fait le mail…
Une chart c’est quand le distributeur se rend compte que sur plusieurs endroits au même moment des personnes sollicitent un produit. J’étais 50eme au Canada sur un top 300, au Rwanda j’étais 1er pareil en Ouganda.
Je cumule plus de 300.000 streaming avec des vrais fans. Je préfère les consommateurs et non les écouteurs.

Laura Dave Média : Le titre qui fait l’actualité aujourd’hui c’est « Mon Niveau » avec Roger du x-maleya ?


Nernos : Je ne faisais Jamais de feat depuis le début de ma carrière et, j’ai voulu un artiste pour un truc de différents, où on ne m’attendais pas. J’ai fais cette chanson avec le cœur il y’a deux ans, elle éveille les consciences sur la convoitise, la quête du succès rapide encore que nous sommes dans un monde rempli de rêve depuis l’expansion des réseaux sociaux.

Laura Dave Média : Parlez-nous de l’équipe technique derrière votre Ep.
Nernos :Je suis l’homme a tout faire, je coordonne les miens comme je peux.
C’est moi qui donne la vie à l’EP, c’est moi l’artiste mais dans la matérialisation de ce projet j’ai Deby bet qui m’a été conseillé par Roger, pour les visuels, on a YA Graphics. Pour la Réalisation des vidéoclip c’est Emmanuel K depuis le tout premier vidéoclip de l’EP jusqu’à présent.

Laura Dave Média : Après la sortie de votre EP, que prévoit la suite de votre carrière ?
Nernos : Ça va toujours resté la musique.
j’ai pour ambition de produire mon premier artiste en 2022 et la mise sur pied de mon entreprise spécialisée dans la communication et Marketing. L’entreprise sera basée dans la ville de Douala.

Laura Dave Média : Votre mot de fin…
Nernos : Chacun doit se battre pour sa vie.

Laura Dave Média : Merci Nernos d’avoir répondu à nos questions.
Nernos : Ce fut un Plaisir.

Propos recueillis par Serge Bonny

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