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Aboya Aboya Mathieu de son nom de scène Kola sucré était l’invité d’Entretien avec sur Laura Dave Média cette semaine.
Après une enfance difficile dans la ville de Bafia aux côtés de ses frères, le jeune qui aujourd’hui est un acteur confirmé de l’humour au Cameroun a évoqué tour à tour ses débuts assez complexe dans le monde du rire et sa nouvelle casquette d’acteur de cinéma pour un nouveau projet en passant bien évidemment par ses peines.

Laura Dave Média : Aboya Aboya Mathieu est votre nom à l’état civil, dites-nous comment était votre enfance?
Kola sucré : Oui c’est bien mon nom à l’état civil.
J’ai grandi dans un environnement assez difficile, nous étions dans un foyer polygamique et maman n’avait pas vraiment les moyens vu qu’elle était institutrice et je faisais les champs pour pouvoir vivre.

Laura Dave Média : Humour et Comédie sont deux disciplines dans lesquelles vous excellez aujourd’hui. Racontez-nous vos débuts dans ces univers?
Kola sucré : À la maison j’aimais vraiment regarder les films ou dessins animés très populaires à la télévision et ce que je faisais à chaque fois c’était de répéter les scènes qui très souvent me marquaient, voilà comment petit à petit j’ai développé cette passion pour l’actorat bien que tout était embryonnaire à l’époque.

Laura Dave Média : Quelle était la raison de votre départ de Bafia après 2006 pour Douala?
Kola sucré : La vie devenait de plus en plus difficile à Bafia, j’ai été contraint d’aller me chercher ailleurs voilà comment je décide de venir à Douala. J’ai dû faire la rue car c’était très rude pour moi et étant en route j’ai eu cette envie de développer ma passion et mon talent pour la comédie. Étant à Douala, on monte une petite troupe à la rue de la joie à bali avec Trong kanda, Djama Djama…
La rue, c’était bien beau mais il me manquais un petit truc, je ne pouvais plus vivre des petits 500fcfa que je percevais. c’est alors que Trong Kanda et moi décidons de ne plus mettre la craie sur nous, de ne plus imiter les acteurs tels fingon tralala… nous souhaitions nous différencier et trouver notre propre chemin afin de nous faire remarquer et prester devant tout le monde. Quelques temps après on fait la rencontre de Major Asé qui fait appel à nous lorsqu’il organisait sa troupe de comédie club du cote de la maison des jeunes et de la culture de New-bell.

Laura Dave Media : À quel moment décidez-vous de quitter la troupe que vous avez formé à la rue de la joie à Bali avec Trong Kanda pour vous retrouver à l’écran ?
Kola Sucre : Avec la legende mon grand frère, nous faisions déjà des longs métrages mais après 2014, nous avons arrêté car je m’étais déplacé pour la ville de douala et puis en 2017 quand je retourne à yaoundé, j’ai emis des Idées, afin qu’on puisse lancer de mini concept. De cela nait « tu ndem » et ensuite « tu vas supporter les lions ». Notre objectif à cette époque était vraiment de partager des contenus videos sur un court format histoire de toucher tout le monde et curieusement cela a plutôt bien marché pour nous.

Laura Dave Media : Pourquoi le pseudonyme Kola sucré ?
Kola Sucre : Je suis à l’origine de ce petit surnom kola sucré. Lorsqu’on interprétait les personnages Jean Miché Kankan, Tchop Tchop ou en encore Safaria,
je cherchais à avoir ma propre identité, c’est ainsi que je pense à  »IBENE » qui signifie en français kola et sachant que la kola est un symbole d’amour, de partage, d’unité je l’adopte en ajoutant à celà Sucré ce qui donne au final Kola Sucré.

Laura Dave Média : On a la légende, Enock, Larissa et Kola sucré, qui forment la troupe  »Les Baos. Dites-nous comment nait cette troupe qui fait fureur à Yaoundé et particulièrement à l’université de Yaoundé ?
Kola sucré : La troupe les Baos se constitue après le succès des sketchs « tu ndem » et « tu vas supporter les lions ».
Au début, nous étions deux dans le projet c’est à dire la légende et moi mais il fallait d’autres ressources. La Légende ayant étudié à Ngoa-ekele , fait la rencontre de Larissa Manfo qu’il décide d’inclure dans le projet car la trouve talentueuse .Par la suite nous avons accueilli Enock et Ulrich Takam avec qui nous avons commencé à faire des scènes au Campus. L’argent n’était pas vraiment une priorité nous étions conscient du travail qu’il fallait abattre dans ce projet et notre volonté était de nous faire connaître.

Laura Dave Média : Cette troupe des Baos vous a révélé au public qui vous a adopté malgré vos expressions  »Tu Ndem »,  »Je vais te Kakak »,  »Boutman » et votre look.
Cet ensemble de mots et votre apparence scénique n’ont-ils pas eu un impact négatif sur la jeunesse ?
Kola Sucré : Mon look ou ma manière de m’exprimer ne devrait pas être interprété négativement. C’est un message que je veux faire passer au public. Le personnage que j’incarne, dénonce des choses qui se passent très souvent dans nos quartiers et tout le monde peut se retrouver dans chaque thème.
Mon objectif est de résoudre un problème de la société et il faut un language dans lequel chaque camerounais se retrouve.

Laura Dave Média : La comédie ou Humour n’est pas un long fleuve tranquille, quelles sont les difficultés que vous avez rencontré jusqu’ici ?
Kola sucré : Les difficultés étaient nombreuses notamment problèmes de ressources techniques , le manque de financement.

Laura Dave Média : En 2019, votre troupe Baos reçoit le sacre de  »Meilleure web série » au Canal2’or. Après vous il y’a eu une réelle montée en puissance des web séries. Quel regard portez-vous sur celles-ci aujourd’hui?
Kola Sucré : Il y’en a qui prennent le temps de bien travailler, de développer de bonnes idées mais, il y’a d’autres qui le font par suivisme. On doit prendre le temps de bien faire afin que le jeu soit naturel. Parfois le jeu d’acteurs laisse à désirer pire même pour la réalisation du coup il y’a beaucoup de déchets dans l’univers des webs séries mais il y’en qui travaille, qui sont talentueux. Le conseil que je peux donner est de ne pas imiter, de s’inspirer des autres tout en apportant une touche particulière qui va vous différencier. Certaines web séries sont la reprise des concepts des autres. On se retrouve dans du déjà vue, il y’a rien de créatif.
Il faut prendre du temps pour apprendre, la web-série est comique, il faut des moments qui font rire et savoir comment entretenir les followers dans cet exercice qui demande beaucoup de créativité.
Il y’en a qui ont du talent mais les autres prenez du temps pour vous former.

Laura Dave Média : Quelles appréciations faites vous du travail de
1- La Légende

Kola sucré : C’est mon frère, lui c’est moi, moi c’est lui, nous sommes un. Quand l’un est défaillant, l’autre le soutien, on se complète vraiment beaucoup.
Il est très talentueux.

2- Diane Nama
Kola sucré : Elle est forte, on a pas trop travailler ensemble mais, c’est une fille très talentueuse et je pense qu’elle a beaucoup à donner.

2- Ma’a Jacky
Kola sucré : Le petit ma’a Jacky !
J’aime bien ce qu’il fait mais, j’ai pas encore compris le fond de son personnage avec le temps on verra sinon il est courageux pour affronter la caméra, et assumer son personnage.

4- Ulrich Takam
Kola Sucré : C’est un talent, il est polyvalent et bosseur. Gérer une troupe ce n’est pas facile mais lui il tient.

Laura Dave Média : De  »Statut Sérologique » en 2006 à aujourd’hui qu’est-ce qui a changé chez kola sucré ?
Kola sucré : Maintenant je suis dans de grands projets, il y’a toute une communauté qui me soutient et attend impatiemment que je propose quelque chose.

Je suis suivi un peu de partout et je dois encore travailler, ce n’est plus de la blague.

Laura Dave Média : S’il vous était demandé de changer des choses dans le domaine du cinéma, a quoi penseriez-vous ?
Kola sucré : La mise en scène manque de créativité au Cameroun.
Qu’on puisse oser des scènes.
Qu’on apprenne à mieux développer nos histoires. Que nos scénaristes et réalisateurs nous proposons des thèmes qui font honneur ou alors qui vendent nos histoires, nos cultures. L’épineux problème de cachet doit être revu dans ce secteur, l’Etat doit nous aider à réguler ce secteur, en aidant les coopératives.
Aujourd’hui certains gagnent grâce au digital c’est déjà quelque chose mais après…

Laura Dave Média : Ça tombe bien, vous êtes en tête d’affiche du film  »A malin malin et demi » aux côtés de Moustik. Quel est le sentiment qui vous anime ?


Kola sucré : Dans ce projet de Blaise Christian Sitche j’ai été appelé pour le rôle principal, celui du bailleur. Je jouerai avec Laure Moa Minga et Moustik le Karismatik, le film dure 1h30 minutes avec comme particularité le comique.

Laura Dave Média : A quoi pourra-t-on s’attendre dans ce projet? Un kola sucré timide ou vous restez le même ?
Kola sucré : Il sera question dans A malin malin et demi, d’un kola sucré sous une autre forme. Monsieur le bailleur qui ne gifle pas forcément mais qui est malhonnête.
C’est un bon film que je vous invite à découvrir en salle le 18 mars au Cinéma l’Eden dans la ville de Douala. Et c’est un plaisir moi d’être dans ce film avec Moustik.

Laura Dave Média : Où est-ce qu’on peut trouver les tickets de la grande première ?
Kola sucré : Les tickets sont aux prix de 3000, 5000 et 10.000 en vente au Cinéma l’Eden ou via le numéro : 696435309

Laura Dave Média : Kola sucré vit-il essentiellement de son art?
Kola sucré : Oui je vis essentiellement de mon art mais ça ne me satisfait pas comme il se doit.
Du moment ou on a le minimum, c’est l’idéal.
Il y’a beaucoup de sacrifices que nous faisons par amour pour ce métier.

Laura Dave Média : Votre mot de fin.
Kola sucré : Venez nombreux ce Vendredi pour l’avant première, je vous attends, vous serez surpris.
Pour les comédiens qui veulent exceller dans ce milieu, je vous invite à vous détacher du déjà vue et à créer votre propre identité.

Laura Dave Média : Merci d’avoir répondu à nos questions.
Kola sucré : Merci pour l’invitation.

Propos recueillis par Serge Bonny

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