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Après une longue période loin des projecteurs, la comédienne Diane Mekongo de son vrai nom, Clarisse de son nom d’actrice est passée dans les locaux de Laura Dave Média. L’actrice et ex-danseuse ayant fait ses débuts au côté du scénariste Dieudonné Ebolo a levé le voile sur la polémique autour d’une affaire de contrat liée à la série « foyer Polygamique », et qui l’opposait au réalisateur camerounais Ebenezer Kepombia. Plus encore, elle a soumis quelques doléances à l’endroit des autorités camerounaises ceci dans le but de rehausser d’avantage l’image du cinéma Local.

Laura Dave Média : Bonjour Clarisse
Merci d’avoir accepté notre invitation.
Clarisse : Bonjour, je suis honorée.

Laura Dave Média : Avant d’être la star du cinéma que vous êtes aujourd’hui, à quoi aspireriez vous dès votre plus jeune âge ?
Clarisse : J’avais pour ambitions de faire droit, je souhaitais exercer comme avocat car j’ai à la base un caractère assez fort et du coup je me penchais plus vers ce métier où celui d’agent secret.

Laura Dave Média : Aviez-vous pensé à l’époque à vous lancer dans le cinéma ?
Clarisse : Honnêtement NON.
C’est venu bien après. Mon entrée dans le cinéma s’est faite après la chute de mon père. Je sortais d’une famille aisée et papa a malheureusement fait faillite. C’était tellement difficile pour moi qu’il fallait que je cherche à gagner ma vie. Ça devenait compliqué, un ami m’a entraîné dans les cabarets où j’étais danseuse pour pas mal d’artistes chanteurs. De fil en aiguille je suis partie des cabarets pour être chorégraphe professionnelle chez Beko Sadey, et c’est ainsi qu’un ami me parle de l’art dramatique et je me suis dit bon je verrai ce que ça donne…
j’y suis allée et j’ai été intéressé, je me suis inscrite en cour d’art dramatique où j’ai fait trois ans et j’ai poursuivi avec trois années encore d’études cinématographique Option écriture du scénario et caméra : J’ai 6 années d’études en cinéma.

Laura Dave Média : De la série « Histoire incontrôlée » entre 1999 à « Foyer polygamique », comment se fait la transmission de l’un pour l’autre?
Clarisse : « Histoire Incontrôlée » c’était avec le regretté Dieudonné Ebolo, qui était un passionné de cinéma, un expert, un très bon scénariste. S’il vivait il aurait bien mangé les fruits de son travail.
C’était un passionné qui avait réuni autour de lui à l’époque des jeunes ( Parce que le plus vieux devait avoir 20 ans dans cette troupe), il avait l’œil parce que nombreux sont restés dans le milieu comme Hervé Gabriel Gwet, Ladouce Missodi, Makala Pati
Quand nous étions sur ce projet, il n’y avait pas autre média que la Crtv à l’époque, on venait à peine de légaliser le secteur de l’audiovisuel. On a tourné, cela n’a pas mis long et je suis rentrée dans ma danse. Un jour ma petite sœur me parle d’un casting « Les Déballeurs ». Je ne savais pas de quoi il s’agissait, j’ai dû opté pour des astuces pour contrarier ma sœur parce que je ne voulais pas y participer elle insiste et paie mon transport ainsi que les frais de casting pour toutes les deux qui s’élevaient à 1000 frs chacune. Je participe et je suis retenue.

Laura Dave Média : Quel rôle vous avait été attribué à l’issue du Casting ?
Clarisse : On m’avait demandé d’interpréter le personnage de Laura et c’est celui-ci qui m’avait été assigné jusqu’à quelques semaines avant le début des tournages puis au final c’est celui de Clarisse qu’on m’a donné. celle qui a eu le role de Laura avait ce qu’il fallait, la tétutesse, la voix, la taille et puis j’ai accepté qu’elle prenne ce rôle sans souci.

Laura Dave Média : « Foyer Polygamique » est la série qui vous a le plus propulsée, s’il fallait partager des souvenirs positifs, que diriez-vous ?
Clarisse : Il y’en a énormément !
je me souviens une fois, nous sommes arrivés sur le plateau nous étions sensés démarré à 8h et on avait un défaut de caméra vue que c’est Canal2 qui nous en procurait a coté du lieu de tournage, il y avait une dame qui faisait les beignets, on se gérait entre nous. Donc si tu as 200frs tu achètes les beignets, on mange. On gérait notre petite galère avec de l’espoir. Il y avait une très belle ambiance en tout cas.

Laura Dave Média : Avec du recul, quel est le plus difficile que vous ayez vécu dans la série  »Foyer Polygamique »?
Clarisse : Je ne prenais rien comme difficulté parce que je voulais le faire, j’aimais celà.
Les difficultés, Ça dépend, quand vous faites ce que vous aimez, vous ne voyez pas trop la difficulté comme d’autre.

Laura Dave Média : Après le succès de cette série, les acteurs ont tous disparu de la scène y compris vous. C’est quoi la raison de ce départ ?

Clarisse : C’est normal je pense, parce-que nous avons évolué et chacun a dû prendre son chemin par rapport à ce qui se présentait à lui. Il ne faut pas se leurrer, on fait cela pour de l’argent !
Les attentes n’étaient pas comblées, il fallait créer des voix pour attendre mieux.
Pour ma part mon absence est dû au découragement pendant quelques années mais grâce à ma mère j’ai pu revenir. Elle me faisait comprendre que j’ai pris énormément de risque et fait des sacrifices pour être à ce niveau et que je devrais affronter la réalité.

Laura Dave Média : Mais après n’avez-vous pas pu poursuivre votre carrière ?
Clarisse : Bien-sûr que Oui.
Je suis dans un long métrage « La main qui tue » de Deko Record qui sortira bientôt. Je suis sur un autre plateau à l’ouest. Mais avant ça, j’ai fait un plateau avec Flavienne Tchatat… où encore
« La terreur de Ngombè », « Drole de Dame », « La Piaule ».
Mais honnêtement si quelqu’un ne me suis pas, il croira que je ne travaille pas.

Laura Dave Média : Il y’a peu c’était la grande première du film « RETURN » dans lequel vous avez joué, de quoi parle le film de manière générale ? Et comment s’est fait le choix des acteurs ?
Clarisse : C’est un retour de manivelle.
Nous avons voulu montrer que la bonté humaine existe encore. Qu’il existe encore des personnes insatiables.
Pour le choix des acteurs, Sylvie Sintcheu et moi en écrivant le scénario, on avait déjà un aperçu des personnes qui pourraient y jouer. Jean Claude SUITCHOU, pour lui c’était sa carrure, le fait qu’il soit imposant qui nous a motivé à porter notre choix sur lui. On voulait Serge Belang mais, il était occupé par un autre tournage.

Laura Dave Média : Que pensez-vous des Réseaux sociaux ?
Clarisse : Ce sont des boosters de carrière s’ils sont bien utilisés.

Laura Dave Média : Vous avez fait une publication sur Facebook dans laquelle vous décriez votre insatisfaction par rapport à la liste des nominés de l’édition 13 des Canal2’or.
Que reprochez-vous vraiment au comité d’organisation ?
Clarisse : Je pense qu’après autant d’années, il y’a des choses qui ne doivent plus se répéter.
On parle d’un événement culturel et qui dit culture englobe cinéma, musique…bref l’art abstrait. Je pense qu’au bout de 13 édition, il y’a des choses qu’on peut améliorer et compléter. Ce n’était pas un coup de gueule mais une manière de décrier une situation, on ne peut pas parler de récompense sans faire mention des longs métrages qui ont eu le vent en poupe en 2020. Il y en a eu pas mal et mon objectif n’étais pas de parler de moi vu que mes œuvres n’étaient pas encore disponible, je pensais à ceux qui ont bossé et pensaient être dans la liste des nominés.
Le comité d’organisation est venu avec la catégorie web série ce qui n’est pas mal mais, derrière celà, il y’a des personnes qui portent les projets web, qui anime des pages…
Il faut catégoriser, on ne peut pas mélanger un web comédien et comédien télé c’est pas possible.

Laura Dave Média : Vous avez accordé une interview à Abk Radio dernièrement, après celle-ci est allée dans tout les sens sur la toile, surtout concernant vos propos sur la série « Foyer polygamique ». Qu’en était-il vraiment ?
Clarisse : En fait je pense qu’il y a eu une mauvaise interprétation de mes propos mais, après ils l’ont rectifié.
J’avais dis qu’on avait pas de contrat pour la série « Foyer Polygamique », on travaillait par amour pour le métier et que le jour où ça portera des fruits, tout le monde sera payé. Je ne suis jamais allée vers Ebenezer Kepombia demander des sous après que la série soit diffusée sur A+ parce que je me dis que s’il avait l’intention de nous appeler, il sait où nous trouver, lui et moi on parle au téléphone.
S’il veut le faire, il m’appelle, il a mon numéro. Mais je n’ai rien perçue.

Laura Dave Média : Nous vous listons les noms de trois acteurs vous nous dites ce que vous pensez d’eux.
1- Mamie Ton
Clarisse : C’est une bonne actrice dans un registre qui lui va super bien jusqu’ici.
2- Muriel Blanche
Clarisse : Elle est très populaire mais en terme de jeu d’acteur elle a besoin de s’améliorer.
3- Big Mop
Clarisse : C’est le gars qui avale, il te rend un texte super bien. c’est inné en lui.
4- Sylvie Sintcheu
Clarisse : Elle c’est une bonne actrice

Laura Dave Média : Avant le cinéma vous avez flirté avec la musique en tant que danseuse de cabaret, pourquoi avez-vous fait un break?
Clarisse : Le cinéma nécessite beaucoup d’engagement et de recherche.
Je ne voulais pas me perdre et j’ai dû faire un choix : Le cinéma.

Laura Dave Média : Actuellement Koffi Olomide fait les choux gras de la presse, puisque accusé de viol et séquestration sur ses ex danseuses. Vous en tant que ex-danseuse avez-vous subit un quelconque harcèlement ?
Clarisse : Je ne suis pas surprise de ce qui se passe avec lui mais après, il y’a des choix dans tout ce que l’on fait.
Soit on cède, soit on ne cède pas.
Dans le monde du showbiz c’est ainsi. Bien-sûr que j’ai subi ce type de harcèlement mais comme je dis soit tu ouvres tes jambes soit tu les fermes. Moi je ne joue pas avec ma dignité, c’est la raison pour laquelle vous ne me verrez pas partout. Si tu m’as contacté pour mon talent, utilise ce talent le cas contraire tu vas avec ton projet.

Laura Dave Média : Après la grande première de « RETURN », qu’est ce qui est prévue ?
Clarisse : Le Week-end du 5 Novembre déjà nous serons à Bangangté pour la projection du film et en même temps l’équipe va profiter pour terminer le tournage d’un autre film. Par la suite on va entamer une tournée nationale pour faire découvrir le film  »RETURN » au reste du pays. J’annonce également que Douala aura une seconde projection pour ce film et c’est à la forte demande du public.

Laura Dave Média : Quelles sont tes ambitions dans le cinéma ?
Clarisse : Sincèrement l’actorat j’y pense de moins en moins. Je souhaite être derrière la Camera, être réalisatrice ou productrice.

Laura Dave Média : Avez-vous une suggestion aux autorités ou un conseil pour améliorer le cinéma Camerounais ?
Clarisse : Qu’ils nous donnent les moyens dont ils disposent pour nous. Ils comprendront par là que le cinéma peut rehausser l’économie au même titre que le football. Il n’ya qu’à prendre l’exemple sur l’Inde, les USA où le Nigeria.

Laura Dave Média : Un mot de fin.
Clarisse : Merci à Laura Dave Media et j’espère que les particuliers vont d’avantages s’intéresser au cinéma Camerounais.

Propos recueillis par Serge Bonny

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