Les féminicides continuent de bouleverser la société camerounaise. À chaque nouveau cas, l’indignation grandit et les appels à l’action se multiplient. Dans cet élan, plusieurs figures publiques prennent position. Leur notoriété leur permet d’amplifier le débat, mais leur parole suffit-elle à enrayer le fléau ?
Des porte-voix conscients de leurs limites
Pour le journaliste et communicateur Kelly Empire, l’engagement médiatique reste avant tout un acte de sensibilisation :
« On ne peut être que des porte-voix. Je n’ai pas la prétention de pouvoir changer les choses, mais j’ai au moins le pouvoir, à travers mes écrits, de dire que ce phénomène doit s’arrêter. »
Acteur des industries culturelles et créatives, il affirme mettre en avant des productions qui valorisent la femme et rappellent qu’elle ne doit jamais être réduite à un objet de violences.

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Parler pour prévenir
L’organisateur d’événements culturels et manager d’artistes Willy Mba, estime que l’impact peut être concret :
« La parole des célébrités peut sauver des vies et prévenir les violences. Mais toute la chaîne humaine doit en parler, dénoncer et éduquer. »

Un point de vue rejoint par l’actrice Doly Dorcas, pour qui la dénonciation publique est essentielle :
« En parlant et en dénonçant ces actes odieux, nous pouvons limiter la saignée. »

Cependant, l’acteur H-Marouf ALTAF appelle à la prudence quant à la notion d’influence :
« Chaque célébrité peut être la voix des sans-voix, mais il y a celles qui sont crédibles et celles qui ne le sont pas. Tous peuvent contribuer, à condition de savoir à qui tendre le micro. »

Un engagement qui doit aller au-delà des réseaux sociaux
Pour la reine de beauté et entrepreneure Chancelle MEKENG, la célébrité peut jouer un rôle déclencheur, mais elle ne remplace pas les réformes structurelles :
« La parole des célébrités peut contribuer à diminuer la saignée, mais elle ne suffit pas. Le véritable changement vient d’une action collective : politiques publiques, éducation et implication communautaire. »

L’artiste musicienne Sanzy Viany insiste, quant à elle, sur la prévention au quotidien et l’autonomie des femmes :
« Oui, la parole d’une célébrité peut sauver une vie, mais c’est un combat de tous les jours. Beaucoup d’abus viennent du manque d’autonomie financière. »

Elle affirme sensibiliser régulièrement les jeunes filles à l’indépendance et à la prudence dans les relations, estimant que l’éducation reste un rempart essentiel contre les violences.
Un levier puissant, mais pas suffisant
Au final, la parole des célébrités apparaît comme un levier important : elle attire l’attention, suscite le débat et peut encourager certaines victimes à parler. Mais elle ne peut, à elle seule, éradiquer les féminicides.
La lutte exige un engagement durable de l’État, des familles, des communautés et de chaque citoyen. Car si la voix peut alerter, seules des actions concrètes et coordonnées permettront de sauver durablement des vies.
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Benjamin NOAH





