La diffusion de vidéos intimes impliquant de très jeunes filles, largement relayées sur les réseaux sociaux ces derniers jours au Cameroun, continue de susciter une vive émotion. Alors que les réactions se multiplient, l’auteure et éditrice camerounaise Armelle Touko estime que le véritable débat dépasse les seules condamnations publiques. Dans une publication partagée sur Facebook le 27 juillet 2026, elle interpelle directement les parents sur leur responsabilité dans l’éducation sexuelle, la construction de l’estime de soi et la protection de leurs enfants.
Un scandale qui relance le débat sur le rôle des parents
Le message d’Armelle Touko intervient alors que les réseaux sociaux sont secoués par des images mettant en cause plusieurs adolescentes. Si de nombreux internautes dénoncent ces dérives, l’écrivaine considère que cette indignation collective masque un problème plus profond. « Le genre de scandale qui se passe actuellement avec nos petites sœurs sur les réseaux, je vous le dis : vous aimez ça ! » Selon elle, les nombreuses publications indignées ne suffisent pas si les parents ne s’interrogent pas sur leur propre implication dans l’éducation de leurs enfants.

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
« L’école ne remplacera jamais les parents »
Pour l’auteure, l’un des principaux manquements est l’absence de véritables discussions sur la sexualité au sein des familles. Elle regrette que beaucoup de parents africains délèguent entièrement cette mission à l’école. « J’espère que vous prenez aussi le temps de faire de l’éducation sexuelle à vos enfants. Parce que je n’ai jamais vu des parents fuir l’éducation sexuelle comme le font beaucoup de parents africains. »
Armelle Touko rejette également l’idée selon laquelle l’école pourrait porter seule cette responsabilité. « « On fait ça à l’école, non ? » Ça, c’est de la déresponsabilisation. » À ses yeux, les premiers repères doivent être transmis à la maison.
Connaître son corps pour mieux se protéger
L’éditrice rappelle que l’éducation sexuelle ne se limite pas aux questions liées à la sexualité. Elle englobe aussi la connaissance du corps, le respect de son intimité, l’identification des comportements inappropriés, la capacité à fixer des limites et à demander de l’aide lorsque cela devient nécessaire. Autant de réflexes qui, selon elle, peuvent protéger les enfants face aux manipulations et aux violences.

L’estime de soi, « le meilleur rempart »
Au-delà de l’éducation sexuelle, Armelle Touko insiste sur un autre pilier qu’elle juge indispensable : l’estime de soi. Elle invite les parents à apprendre à leurs enfants à reconnaître leur valeur, à refuser certaines pressions et à ne pas mesurer leur importance au regard porté par les autres ou par les réseaux sociaux. « Apprenez à vos enfants à s’aimer, à connaître leur valeur, à dire non, à s’estimer plus que l’argent, à ne pas chercher leur validation dans le regard des autres. »
Pour l’écrivaine, une bonne estime de soi constitue une protection essentielle contre la manipulation : « L’estime de soi est primordiale. Mieux encore, elle est capitale. Elle est l’un des meilleurs remparts contre la manipulation, la pression et bien des dérives. »
Un appel à une prise de responsabilité
En terminant son message, Armelle Touko livre une formule qui résume sa pensée. « Il faut un médecin pour traiter la déresponsabilisation dans ce pays. » À travers cette phrase, l’auteure dénonce ce qu’elle considère comme une tendance à reporter sur les autres des responsabilités qui incombent d’abord aux familles.
Avec cette prise de parole, Armelle Touko invite à dépasser l’émotion suscitée par ce scandale pour engager une réflexion de fond sur l’éducation des enfants. Pour l’écrivaine camerounaise, la prévention commence au sein du foyer, où les parents restent les premiers acteurs de la construction, de la protection et de l’épanouissement de leurs enfants.

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Benjamin NOAH










