AccueilPeopleÀ Yaoundé et Douala, Samira Libock crée des espaces où les jeunes...
CLIQUEZ ICI POUR PROFITER DE L'OFFREspot_img

À Yaoundé et Douala, Samira Libock crée des espaces où les jeunes apprennent à se libérer par l’art

Dans un monde où tout va vite et où les jeunes cherchent constamment des moyens d’évacuer la pression, Samira Libock a choisi une voie différente : utiliser l’art comme refuge. Fondatrice de Masseh Culture, la jeune Camerounaise organise depuis 2022 des ateliers de peinture pensés non pas comme des compétitions artistiques, mais comme des espaces de respiration et de mieux-être. Derrière ce projet devenu aujourd’hui un rendez-vous apprécié par de nombreux jeunes à Yaoundé et Douala, se cache une histoire personnelle faite de doutes, de remises en question et surtout d’une profonde envie d’aider les autres.

« J’avais l’impression que j’étais un échec. »

Avant de créer son atelier, Samira traversait une période difficile de sa vie. Elle raconte avoir dû reprendre une année académique, une expérience qu’elle a très mal vécue à l’époque. « C’était la première fois que je reprenais une classe. Personnellement, j’avais l’impression que j’étais un échec. » Face à ce sentiment de solitude et de perte de confiance, elle découvre peu à peu le pouvoir apaisant de l’art.

Pour ne rien rater sur l’actualité people, abonnez-vous à notre chaîne WhatsApp.

L’idée des ateliers de peinture naît alors presque instinctivement. « Je pensais que ce qui pouvait m’aider dans l’immédiat, c’était de participer à un atelier de peinture. Donc le premier atelier, je l’ai organisé au départ pour moi-même. »
Ce besoin personnel de guérison va finalement toucher bien plus de personnes qu’elle ne l’imaginait.

La culture de la joie

Le nom même du projet porte un message fort. Samira explique que “Masséh” vient de la langue bassa et signifie “la joie”. « Masséh vient de la langue bassa, ça veut dire la joie, donc la culture de la joie. »
Bien avant ce projet, elle animait déjà une page consacrée à la confiance en soi. Elle décide d’aller encore plus loin en proposant des activités concrètes permettant aux participants de se reconnecter à eux-mêmes. Dans ses ateliers, aucun niveau n’est exigé. Les participants viennent avant tout pour se détendre, créer et se découvrir autrement.
« Ce n’est pas un concours. C’est vraiment une bulle dans laquelle vous venez vous détendre, vous exprimer sans compétition et sans pression. »

« Je voulais être pour eux ce que personne n’avait été pour moi »

Au fil des ateliers, Samira réalise que beaucoup de jeunes vivent des difficultés émotionnelles sans toujours savoir comment les exprimer. Cette prise de conscience renforce sa mission. « Je ressentais l’envie d’être pour ces personnes-là ce que personne n’avait été pour moi à un moment donné de ma vie où je n’allais pas très bien. » Durant les séances, les participants réalisent des croquis, peignent et échangent dans une ambiance détendue. Son rôle, dit-elle, est surtout de mettre les gens à l’aise afin que chacun puisse créer sans peur du jugement. Et les résultats la touchent profondément. « Je suis toujours contente de voir comment des personnes qui doutaient d’elles-mêmes rentrent en étant hyper fières d’elles. »

Changer le regard des Camerounais sur l’expression émotionnelle

L’un des plus grands défis rencontrés par Samira a été de convaincre les jeunes Camerounais qu’ils avaient besoin d’espaces d’expression autres que les excès ou les distractions habituelles. « Le défi majeur a été de faire en sorte que les Camerounais se rendent compte du besoin qu’ils avaient d’avoir une activité qui leur permette de s’exprimer. » Elle observe également une forte influence des réseaux sociaux sur les comportements et les tendances. « Beaucoup ont besoin qu’un créateur ou un influenceur fasse quelque chose avant de se rendre compte qu’ils en ont besoin. » Malgré cela, elle continue de croire à l’impact réel de ses ateliers sur le bien-être des participants.

Une jeunesse qui ose créer autrement

Entre passion, créativité et audace, Samira Libock représente cette nouvelle génération de jeunes Camerounais qui choisissent de transformer leurs blessures en initiatives positives. Même si son domaine reste encore peu connu au Cameroun, elle assume pleinement ses choix et sa vision. « Je pense qu’il y a une magie qui s’opère lors des ateliers de peinture parce que c’est un canal par lequel vous pouvez vraiment exprimer le vrai vous. »

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞

Et si elle ose autant aujourd’hui, c’est aussi parce qu’elle considère la jeunesse comme une force. « Le fait d’être jeune me donne la possibilité d’échouer sans avoir la pression de risquer toute ma vie. » À travers son atelier, Samira Libock rappelle finalement que l’art n’est pas seulement une question de talent ou d’esthétique. Pour beaucoup, il peut devenir un moyen de se reconstruire, de reprendre confiance et parfois simplement… d’aller mieux.

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à cliquer

Diane Laure MISSEKOU

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Nous recrutons
Notre Newsletter
Téléchargez Notre Application

Les plus Populaires

Téléchargez Notre Application

Commentaires recents

CLIQUER ICI POUR PROFITER DE L'OFFREspot_img