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De son vrai nom Benjamin Mateke Miyenga, appelé Big Benji Mateke est un chanteur Camerounais révélé au public en 1992 après son passage au concours de la chanson Mutzig est en séjour au Cameroun.  »Le sorcier Bantou » comme le surnomme ses fans est de retour avec un maxi single intitulé  »Connexion » après le succès de ses titres  »Rosy muna » sorti en 1997 ou encore  »Boulot c’est boulot » en 2005. De passage dans les locaux de Laura Dave Media, Big Benji Mateke en a profité pour en parler dans Entretien Avec….

Laura Dave Média : Bonjour Big Benji, Merci de répondre à nos questions.
Big Benji Mateke : Bonjour, C’est un plaisir pour moi.

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Laura Dave Média: Vous vous retrouvez dans la musique de manière professionnelle en 1994 sous le nom Benji Mateke et quelques années après vous ajoutez  »Big », pourquoi et comment ça s’explique ?
Big Benji Mateke : Ma carrière commence bien avant 1994 mais, c’est plutôt cette année que je commence à sortir les disques.
Au départ je sors un album qui s’appelle  »Sorcier Bantou » et de suite le public l’adopte comme un petit nom pour moi, j’accepte volontier.
Je me souviens qu’à l’époque j’avais passé 7 ans sans sortir d’albums et mon équipe et moi avons jugé de revenir autrement c’est à dire, créer un mouvement autour de mon titre qui s’appelle  »Emotion » et nous avons choisi d’ajouter Big sur le Benji Mateke qui existait déjà d’où le nom  »Big Benji Mateke ».

Laura Dave Média : 27 années après la sortie de votre premier album, quel est le regard que vous portez sur votre parcours?
Big Benji Mateke : Je suis très heureux !
Je pense que je suis un privilégié, quand je regarde autour de moi beaucoup d’artistes qui ont débuté avec moi ont disparu. J’ai le regard d’un artiste satisfait, ça n’a pas toujours rose mais je suis très positif. Je fais un métier noble et je n’ai pas de regret, ce qui nous arrive nous arrive nécessairement et les difficultés nous permettent de nous remettre en question, de se perfectionner.

Laura Dave Média : Vous êtes plus ancré dans le Makossa depuis vos débuts, est-ce qu’il ne vous arrivera pas de flirter dans un autre registre ?
Big Benji Mateke : (Rire), je suis un artiste qui a eu la chance d’écouter beaucoup de rythmes mais, j’essaie de garder la structure de ma musique. Le Makossa est un rythme qui nous a bercé mais celà n’empêche pas de faire un petit mélange avec du Zouk, d’ailleurs le Zouk est africain. Moi je veux avoir une identité, c’est ça qui fait la particularité d’un artiste; un artiste qui copie tout simplement ne peut pas faire une longue carrière, je peux me laisser influencer parce que je fais la musique pour mon public mais, je garde mon identité.

Laura Dave Média : Vous n’avez pas l’impression aujourd’hui que le Makossa est entrain d’être envahit par d’autres rythmes?
Big Benji Mateke : Non!!! c’est l’impression de beaucoup de journalistes, du public…
L’évolution du Makossa est normale, une chanson de 1960 à celle d’aujourd’hui il y’a une grande différence, on avait pas le même matériel, on n’avait pas les réseaux sociaux… le monde d’aujourd’hui est devenu un village planétaire on ne peut faire le Makossa comme Eboa Lottin. Le Makossa ne peut pas être envahi il faut exploiter positivement les autres influences qu’on a, le Makossa n’est pas statique…

Laura Dave Média : Qu’elles étaient vos références musicale étant plus jeune?
Big Benji Mateke : On est tous influencé ! J’ai été influencé par plusieurs artistes qui ont contribué à forger mon identité.

Laura Dave Média : Quel est le rôle qu’aura joué Lapiro de Mbanga dans le développement de votre personne?
Big Benji Mateke : Tout le monde peut chanter et a un moment de la vie quand on veut bien chanter on a besoin d’un parrain, d’être assister parce que c’est un monde très très difficile, il y’a des requins et tout le monde le sait. Je rencontre Lapiro de Mbanga je crois en 1987 et j’ai la chance d’être à Mbanga la même ville dans laquelle il résidait et, Lapiro m’invite à joindre son groupe  »Tara système » après mes concerts scolaire et autres… il m’a ainsi tenu la main pour me montrer comment exploiter la scène, le côté social, le côté composition.
Lapiro est comme un papa pour moi.

Laura Dave Média : Nous vous donnons trois titres de votre discographie et vous nous parlez de ceux-ci.
1- Rosy Muna sorti en 1997
Big Benji Mateke : C’est une chanson d’amour que j’ai écrite dans mes moments de galère !
c’est une reconnaissance vis-à-vis d’une femme qui m’a tout apporté. Quand on a cette chance là il faut reconnaître et rendre hommage a cette personne. Je dis merci pour son amour, le soutien et toutes les femmes aiment bien ça.

B- Boulot c’est Boulot sorti en 2005
Big Benji Mateke : Oui j’ai écris celle-ci 5 ans après mon arrivée en France, je me rend compte que le chômage qu’on vit au Cameroun est pratiquement le même que de l’autre côté, c’est vrai que là-bas c’est encadré. J’ai donc décidé de conseiller la jeunesse en lui disant que c’est pas parce qu’on a une maîtrise en droit qu’on doit rester chez soit et attendre, il faut toujours se batte et ne pas toujours attendre de l’Etat, il n’ya pas de sous de métier.

C- Immigrer à Paris sorti en 2010
Big Benji Mateke : C’est toujours en France que j’écris cette chanson et bizarrement, j’image que le regard que j’avais de l’occident n’était pas le même. Beaucoup de gens se trompent en se disant que la France où l’Europe c’est l’Eldorado, que tout est claire, les gens souffrant là-bas et je décide d’interpeller les jeunes.
Il faut se battre partout c’est en fait le message !

Laura Dave Média : Comment Big Benji Mateke réussit à transmettre le virus de la musique à sa soeur Claudia Dikosso et à son frère Martino Ngalle?
Big Benji Mateke : Je ne pense pas que j’ai transmis le virus a mes frères!
Nous venons d’une famille ou le papa est Chanteur et moi lorsque je commence à chanter je ne pense pas que c’est pour cela que Claudia se retrouve à chanter. Je suis peut être celui-là qui a ouvert les portes, j’essaie de les encadrés.

Laura Dave Média : Qu’est ce qui d’après vous fait vous très force par rapport aux autres artistes ?
Big Benji Mateke : Je ne peux pas connaître ma force même si on dit  »connais toi toi même » mais, je me donne les moyens de faire de belles chansons et je pense que ça marche.

Laura Dave Média : Depuis le début de cette année 2021 vous êtes de retour avec votre maxi single  »Connexion », parlez nous celui-ci.
Big Benji Mateke :  »Connexion » est le titre du Maxi single dans lequel vous pouvez retrouver les chansons  »Wassa wassa » et  »C’est Mon Dieu » et comme d’habitude je fais des chansons d’amour à l’exemple de wassa wassa, c’est une connexion que j’ai avec le côté romantique. Donc il s’agit ici de l’histoire d’un homme qui a trahit sa femme et qui a le courage de dire pardon. Dans la chanson  »c’est mon Dieu », une autre connexion mais là avec le seigneur pour lui dire merci, merci à cette main invisible qui m’a beaucoup aidé après 27 ans de carrière exceptionnelle, presque sans faute.

Laura Dave Média : Qu’elles sont les personnes qui vont ont accompagné dans ce projet musical ?
Big Benji Mateke : Ils sont très nombreux….
Je pense a Justin Bowen Tchounou, le chef d’orchestre de Manu Dibango qui a assuré l’arrangement de la chanson  »wassa wassa », dans laquelle ont intervenu Guy NSanguè, Olivier Tchimanga. Le jeune guitariste Delmond, un musicien qui m’accompagne depuis 10 ans déjà et aussi Valdes Talla qui monte très fort, j’ai également invité une jeune camerounaise.

Laura Dave Média : Ou est-ce qu’on peut retrouver le Maxi single ?
Big Benji Mateke : Il est disponible sur toutes les plateformes de téléchargement en CD chez flash Music à Douala.

Laura Dave Média : Qu’est ce que vous pensez des droits d’auteur au Cameroun ?
Big Benji Mateke : Rien…
On a tellement parlé de cette histoire que ça frise au ridicule, les artistes essayent de se battrent mais je pense il y’a un problème avec les artistes qui eux mêmes ne s’entendent pas pour avoir une bonne société et l’État n’a pas suffisamment mit les moyens pour encadrer ces artistes là, on a l’impression qu’on tourne en rond et ça devient comme un problème d’État. C’est la raison pour laquelle je ne m’y intéresse plus, a force de parler du droit d’auteur je vais m’éloigner de mes objectifs : Chanter avec passion.

Laura Dave Média : Est-ce a dire que vous n’avez pas perçu de droit au Cameroun ?
Big Benji Mateke : Non pas que je n’ai jamais touché, mais plutôt un artiste avec mon catalogue je devais rester chez moi et tous les trois ou six mois qu’on me fasse un virement ou un chèque mais tous le monde le sait quand un artiste touche et même le montant est affiché sur la place publique autant de chose font qu’on ne respecte pas les artistes.
Quand un artiste touche on ne devrait pas savoir le montant qu’il va toucher, l’état doit donner aux artistes un engagement sérieux.

Laura Dave Média : Qu’est ce que vous pensez de Atebazor?
Big Benji Mateke : Je connais Atebazor depuis 1991 au moment du concours de la chanson, je sais qu’il a des capacités mais est-ce pour autant qu’il pourra bien gérer ?? Je ne pense pas qu’il puisse le faire tout seul, avec toutes les quoique qui s’y trouvent.

Laura Dave Média : C’est quoi la solution d’après vous pour remédier au confli lié au droit d’auteur?
Big Benji Mateke :Notre pays traverse une profonde crise de gouvernance, chacun cherche à gagner sans se préoccuper de l’avenir du peuple. Les droits d’auteur sont une pension retraite, je veux que ça se passe bien mais il faut qu’on s’organise. Les artistes doivent faire preuve d’union et de sérieux.
L’Etat a le rôle de réguler toutes les corporations.

Laura Dave Média : Que pensez-vous de la nouvelle génération de chanteurs?
Big Benji Mateke : C’est une génération qui essaie de faire son chemin, je pense qu’ils augmentent leurs empreintes sur la scène internationale. Je pense qu’on devrait être fière de cette jeunesse, le conseil que leur donne est de ne pas oublier nos cultures. Ne pas faire la musique par suivisme mais d’essayer de vendre notre culture, de ne pas uniquement faire des musiques populaires.

Laura Dave Média : Que pensez vous de :
A- Salatiel
Big Benji Mateke : C’est l’un des leader de cette nouvelle génération, il a apporté une nouvelle influnce dans les arrangements. Il a sa place et c’est grâce à lui que d’une part les choses bougent, il est doué dans son domaine et j’ai de respect pour lui
B- Stanley Enow
Big Benji Mateke : Je l’aime parce que c’est quelqu’un qui a su gérer sa carrière par rapport aux autres jeunes. il se démarque des autres et a une gestion professionnelle de sa carrière.
C- Happy D’Efoulan
Big Benji Mateke : Dans toutes les générations il y’a des gens qui viennent avec des rythmes qui ne mettent pas forcément long mais qui nous égaye.
D- Gaëlle Wondje
Big Benji Mateke : C’est la fille, je l’a connais depuis très longtemps, elle a une autre vision de la musique, on ne l’a pas encore bien cerné avec toutes les capacités qu’elle a, de sa vision pour la musique.

Laura Dave Média : Après le Maxi single  »Connexion » qu’est-ce qui est prévue?
Big Benji Mateke : Je ne prendrais jamais la retraite, je vais continuer à travailler, parce que je me remet toujours en question. J’ai un projet avec Sergeo Polo pour un maxi single et la jeune Alexandra seppo avec qui je travail sur un cover. Mais très bientôt vous aurez toutes les informations.

Laura Dave Média : Mot de fin.
Big Benji Mateke : J’aime le public et je lui dis merci pour le soutien qu’il m’accorde depuis le début de ma carrière, je ne peux que leur promettre de ne pas les décevoir.

Laura Dave Média : Merci d’avoir répondu à nos questions.
Big Benji Mateke : C’est moi qui vous remercie pour cette espace que vous m’accordez afin de parler de moi et de ma carrière.

Propos recueillis par Serge Bonny

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